Petite question comme ça en passant…le fait que je sois quelque peu distraite ne fait aucun doute, mais jusqu’à quel point ?

• Oublier mes notes le jour J d’une présentation orale sur le concept ultra clair qu’est « MiFID » (euh…c’est l’abréviation de quoi déjà ?)

• Déposer mes lunettes de soleil sur le coin d’une table et m’en aller en pensant toujours les avoir sur le bout du nez…

• Revenir de Cusco avec une impression d’avoir loupé qqch, mais quoi ?

Et le plus drôle c’est ce que je suis capable de faire lorsque je m’en rends compte :

• Record du sprint de la fac au kot et retour en vélo emprunté au premier cokoteur venu et ce pendant l’intercours…

• Revenir en courant sur mes pas au péril de tomber dans le ravin lorsque je croise un âne qui s’entête à ne pas me céder le passage ! Tout ça pour constater avec amertume que mes jolies lunettes se sont fait la male !

• Aaaah, Machin picchu !

Et oui, honte à moi dirons certains car je reviens bel et bien du nombril du monde (puputi en Quechua) sans avoir eu le temps d’admirer une des merveilles du monde… et pourtant, plus émerveillée je ne pourrais l’être ! Tant de couleurs, de paysages, de saveurs et de rires se bousculent au moment de vous relater ces quelques jours sensationnels ! Tout a commencé par un de ces mots d’ordre peu -voire pas du tout- soupesé : « Ombeline, il faut sauter sur chaque occasion »…et ben merci, j’accepte donc l’invitation de Carlos pour participer à la fête de la « Virgen de la Natividad » se déroulant à Huayallabamba, petit village dans la vallée sacrée. C’est bien évidemment par après, alors que je cherchais en vain sur la carte du Pérou ce lieu imprononçable, que je commençai à réaliser l’ampleur du bazar… 14 + 22h de bus dans chaque sens, arrivée à plus de 3000m d’altitude, l’approbation tacite de devenir Hurk’as (c’est-à-dire de contribuer à la fête en offrant une vache, un cochon ou un mouton…), et bien d’autres surprises…

Débarquée à 7h du mat et d’une forme athlétique après tant d’h de bus (j’ai d’ailleurs traversé plusieurs villes et villages complètement ravagées par le tremblement de terre ce qui m’a beaucoup impressionnée), je rejoins Carlos père et fils sur la plaza de armas de Cuzco et nous voilà déjà embarqués sur les routes serpentantes jusqu’au cœur de la vallée des incas, bijou que je ne me lasse d’admirer…

Notre première mission est de cuire du pain de maïs qui sera offert à chaque invité, nous dénichons donc un four traditionnel, faisons patienter les cochons d’indes (met hautement apprécié dans la région, serait-ce dû à son sourire irrésistible lorsqu’il est servi avec toutes ses dents dans votre assiette ?) et remplissons 3 mannes de pains pats ! OK, j’en déduis ne pas être la seule invitée…

Cette après-midi là, j’ai eu la chance d’accompagner 2 volontaires pour animer une 40aine d’enfants débordants d’énergie mais devenus muets lorsqu’on a distribué le goûter…

Le lendemain, on a rempli un minibus pour aller visiter « el parque de la papa », je vous interdis ce petit sourire en coin, c’était formidable ! Accueillis par des gens de 6 communautés en habits traditionnels dans un cadre époustouflant, j’apprends avec étonnement qu’il existe plus de 1200 variétés de patates de formes et goûts différents. C’est bien sûr la rencontre avec ces personnes isolées qui fût inoubliable…

Le soir, j’accompagne le majordome sur le lieu des festivités, je réalise un peu plus…marche à la belle étoile pour amener la vierge jusqu’à l’église située à flanc de colline. 4 jours de festivités suivirent : procession, danses, festins, rencontres et humour interrompus d’escapades et de marches menant au hasard des directions indiquées par les bergers rencontrés aux ruines incas ou à des marchés typiques…

Ma gourmandise m’a d’ailleurs permis une rencontre particulière : j’avais porté un ananas dans mon sac pendant toute la montée et arrivée en haut, n’avais plus qu’une idée fixe : savourer mon butin…quelle ne fut pas ma frustration en découvrant que j’avais égaré mon canif et que, manque de bol et à moins d’être très ingénieuse, les quelques brindilles alentours ne seraient pas de grande utilité ! C’est donc ruminant que je poursuivai mon chemin jusqu’à croiser quelques maisons surplombant les ruines de Tambo Machaï. Deux longues tresses bien sympathiques de dos et le tour était joué, me voilà en compagnie de Philomena dans une petite mansarde discutant, mon ananas à la main!

La descente à travers les salinas (mines de sel) étincelantes, quel contraste avec la terre ocre des montagnes alentours !

Le dernier jour nous avons surpris les gardes de Tipon à l’aube, nous étions les seuls hormis l’archéologue et son équipe dans cette zone d’anciens marécages de la civilisation Wari!

Enfin, le dernier soir de la fête, ce fut le rite d’initiation des nouveaux K’apaq Negro (représentent les anciens esclaves), ils ont du boire un breuvage infâme en jurant de danser toute leur vie en l’honneur de la Virgen…

Sinon, je fus vite replongée dans les contradictions de mon mémoire, baladée dans tout Lima telle une balle de ping-pong d’un bureau à l’autre en vain…mais ne dit-on pas qu’à cœur vaillant rien n’est impossible ?

Je pense bien à vous et espère que tout se passe pour le mieux dans vos quotidiens respectifs !

Ombeline