Tout commence le vendredi 19 octobre, jour ensoleillé et chaud, parfait pour se rendre au festival de l’eau ! J’y vais avec 2 promoteurs et pas mal de membres de l’ONG. Ce festival traite des avancées faites en matière de protection de la qualité de l’eau etc… Et puisque l’ONG a installé et amélioré des milliers de km de canaux d’irrigation ainsi que des biofiltres, elle a toute sa place à ce genre d’événements !

Journée méga intéressante, on sent qu’il y a de l’idée et que les changements climatiques sont pris au sérieux… La soirée se colore de costumes du pays entier et de musiques des plus variées, place aux groupes de danses traditionnelles ! Je me régale ! Nous terminerons la soirée sur des rythmes effrénés de salsa, rumbia, regeton, etc. jusqu’à 3.30 du mat’ et avec toute la pression de ces tonnes d’yeux qui me regardent se demandant comment va s’en sortir la griga sur ces rythmes exotiques, elle qui n’est pas née avec le rythme dans le sang… Sans plus sentir mes jambes, je vais me coucher, juste 2 petites h… puisque j’ai rendez-vous avec Nestor direction la côte… la douche froide ne m’a jamais fait autant plaisir !

Et donc aux petites heures nous embarquons Nestor et moi, accompagnés de 6autres passagers dans une voiture style break jusqu’à un endroit appelé « le cruz » (=croisement). Inutile de dire que nous sommes serrés et que le frein à main sur lequel je suis assise et le changement de vitesse qui me rentre dans la cuisse ne me font pas le plus grand bien… En effet, Nestor et moi héritons du siège avant pour nous 2… ! 1.30 ainsi, à travers les montagnes et lacs héritiers du Rio Jequetepeque. Ce qui me permet d’oublier le mal de crane et la fatigue qui me gagnent… Enfin nous arrivons au cruz et chopons une autre carro direction Chiclayo cette fois, avec tout autant de personnes dans cette voiture prévue pour 5. Paysage sec et aride, totalement désertique, sable à perte de vue… quel choc de voir à quel point le paysage passe d’un extrême à l’autre en l’espace de 2h… et ceci s’étend sur 200 km… Nous empruntons la panaméricana, l’unique autoroute péruvienne qui le relie au Chili et à l’Equateur. Celle-ci n’a qu’une bande dans chaque sens…

Enfin arrivée à Chiclayo ou nous montons dans un bus qui nous emmène vers Piura. 3 petites h de voyage au son d’un film des plus violents et américains et nous voila à la costa !!! Et puis Ombeline me rejoint à la station de Linea et commence l’aventure en sa compagnie.

Wow que se ve bonito Piura !!! Totalement différent de Cajamarca! Déjà il y fait méga chaud et puis tout parait si grand !!! Ombeline m’emmene chez elle, dans un quartier bien tranquille et j’y rencontre son adorable famille. L’accueil se veut des plus chaleureux, wow ca fait un bien fou ! Aprem en compagnie d’une des amies de ma belge de pote à Catacaos, village d’artisanat. Au soir, j’ai mangé un de ces pastels de choclo et un crumble aux pommes, incroyable !!! Servi par un serveur sosie d’un de nos amis communs  ! (a ver celui qui se reconnaitra, tout en pensant bien sur qu’il se doit d’avoir des origines à tout le moins hispaniques !). Et puis 23h vient et en route pour la frontière et l’Ecuador !!! Youhou on est méga excitées tout en n’ayant aucune idée de ce qui nous attend à la frontière… et puis 2h plus tard on nous demande de descendre du bus et de nous rendre la où il y a un petit monsieur en uniforme militaire. Le temps de quelques questions, d’avoir le droit de sortir du Pérou, d’une traversée du pont no man’s land, on nous donne le droit de rentrer en Equateur et nous y voila... Ce ne fut pas difficile en soit, le plus drole c’est la différence de gestion administrative péruvienne et équatorienne. Au Pérou on en est toujours aux 3 piles énormes de carnets verts, chacun pour un pays. En Equateur, vivent les ordinateurs, c’est pas pour autant que ca va plus vite et notre homme manque sérieusement de sympathie.

Arrivée au petit matin à Loja qui nous donne froid dans le dos vu la pluie et le jour pas encore lever. Nous filons donc vers Vilcabamba, à une heure de là, perché dans la Sierra fort semblable à Cajamarca. Ombeline nous a dégoté une petite auberge aux odeurs de pin et aux petits déj à la francaise… pain complet, fruit et confiture de guayabanana (o algo asi…) Nous passons 2 journées avec la Ombeline à se balader dans les environs, découvrons les paysages, revenons trempées jusqu’aux os, sauvons une vache tombée de plus de 4m, nous goinfrons d’ananas, de patisseries, de pizzas, de crèpes et autres milkshakes… que ricco !

Et puis à 2h du mat’, voila que la Camille (la troisième belge) nous rejoint enfin après un long périple depuis Jaen. La voila qui débarque tout juste pour nous accompagner pour 2jours dans le parc national de Podocarpus, à cheval ! Ascension vertigineuse sur le dos de nos fiers caballos! Moi qui avant ce cours à los Baños avec Camille n’était jamais montée sur le dos d’un cheval et bien maintenant j’adore ca et du coup j’avoue que je me débrouille pas mal !!!

Nous montons à travers les pierres, mon cheval choisi de traverser directos la rivière plutot que de monter sur le pont prévu à cet effet , et tout cela entourée de paysages maravillosos !!! Arrivées au refuge ou nous passerons la nuit, dépaysement total !!! On sent que ca va nous plaire !!! Et tout ceci au milieu d’une flore des plus surprenantes ! Très dense et à la fois douce, couverte d’un tapis de mousse… ca nous donne des envies de découvrir la selva…

Nous cuisinons un repas pour la première fois depuis que nous sommes parties, ca fait du bien… et puis nous émerveillons face au coucher de soleil rougeoyant…

Le lendemain, le temps d’aller me laver à la cascade et je sens une odeur des plus tentante me titiller les narines… vatipa que la Ombeline aidée de la Camilla nous accueille avec un petit dèj de pain perdu !!! wow le bonheur !!! Et le guide semble tout aussi content que moi !

Le temps d’une petite ballade dans les environs et nous redescendons… le guide semble inquiet de la couleur que prend le ciel… la pluie se fait sentir… et pour descendre avec les chevaux ca semble plutot corsé… et effectivement la pluie ne se fait pas attendre très longtemps. Nous continuons de chevaucher nos quadripèdes et les laissons faire leur ski seuls lorsque le chemin se voit vraiment trop abimé. Le chemin se corse de quelques petits évenements plutot étranges… tel que cette impression de fuite des montagnes lorsque Ombeline et moi les regardons… nous descendons aussi un moment à l’avant des chevaux afin de pouvoir les arrêter une fois leur descente glissante terminée… et tranquillement Ombeline et moi descendons, Camille étant un peu plus à l’avant… soudain nous entendons les 4 chevaux arrivés droit sur nous glissant de tout leur flanc et nous jetons sur le coté… le temps de réaliser que ceux-ci ont justement l’intention de passer la ou exactement je me trouve afin d’éviter la partie trop glissante… je me relève et cours me jeter sur un peu plus loin évitant de justesse le passage des chevaux… ca donne plutot froid dans le dos surtout quand je les vois marteler de leur sabots l’endroit ou je me trouvais 10 secondes plutot… Nous remontons sur nos caballos et arrivons au galop à Vilcabamba 3 petites h plus tard. Mal de partout bien sur… mais tant contentes et conscientes de toute la chance qui a animé ces 2journées.

Le plus curieux dans tout cela fut quand le guide nous raconta au soir la manière dont la population nous épille… Plus de 5 personnes lui ont téléphoné en l’espace de 2h afin de savoir ce qui nous avions mangé la haut, si nous nous étions baignées dans la cascade, comment montions nous à cheval, bref tout sur nos habitudes de vie, notre manière d’être… et lui conter à notre guide ou nous avions mangé au soir, de quoi étaient garnies nos assiettes et ce qui nous avions acheté à la bodega (sorte de superette) lorsque nous retraversions plus tard la place centrale du village inutile de dire que nous nous sentions plutot épillées… J’oublie de dire que nous sommes tombé sur le plus improbable dans ce petit village tout perdu qu’il soit : un chocolatier belge !!! Wow délice total ! Chocolat chaud et gâteau à la banane (me rappelle plus du nom…) !

Camille nous quitte le lendemain matin à l’aube et Ombeline et moi partons à la conquête de Loja, la ville tant détestée à l’arrivée. He bien on peu dire que les premières impressions sont souvent fausses car Loja nous a vraiment séduites ! Nous n’y passerons pourtant qu’une journée et reprendrons le bus le soir même pour le Pérou. Rebelotte on nous réveille de nuit pour passer la frontière, et ouf nous obtenons nos 90jours de plus au Pérou ! Ah oui parce que j’ai pas expliqué ca en fait… le truc c’est qu’il ne faut pas de visa pour aller au Pérou, la seule condition est qu’il nous faut sortir du pays, au minimum 24h tous les 3mois, décorer notre passeport d’un joli cachet et de nouveau nous voici dans la légalité pour 90jours au maximum. Ceci était la première motivation de ce voyage…

Ce qui m’a le plus marqué en Equateur est le niveau de vie des gens. L’impression qu’ils vivent beaucoup mieux qu’au Pérou, et ceci est sans doute dû à la dollarisation… la majorité des choses nous semblaient plus chères… et puis ensuite ce qui m’a bien entendu choqué sont les récits de services militaires de notre guide, que barbaros ! Mais ce que je garderai en tête pour un certain bout de temps c’est sur, c’est non seulement la lumière de ce coucher de soleil tel que je n’en avais jamais vu, l’adrenaline levée par cette descente à cheval, mais aussi le bonheur de pouvoir se retrouver ainsi entre amies et se raconter notre expériences des 2 mois écoulés… ca fait du bien de pouvoir partager ainsi ce qui nous touche, nous frappe, nous choque, nous perturbe, nous émotionne, nous anime…

De retour à Piura, Ombeline me fait découvrir son mode de vie de ses 2 derniers mois. Bien différent de celui que je vis la bas à Cajamarca et à la fois très semblable. Nous rencontrons les mêmes difficultés pour nos enquêtes, nous étonnons des mêmes différences culturelles et à la fois vivons dans un environnement totalement différent.

Nous nous rendons, après une traversée désertique en voiture, à la mer de Yacia ou je goute mon tout premier ceviche (poisson cuit par les seules goutes de citron qui le recouvre) face à la mer… je m’en souviendrai ! Et puis après une halte à Paita, nous reprenons le bus, après avoir attendu pendant une h, (et il paraitrait que c’est une record de rapidité…) dans une file sans fin… composée de personnes habituées à cette situation quotidienne mais tout de même attristées de la qualité des services de transport…

Le lendemain, visite de la boulangerie familiale et découverte de Piura accompagnée de mon amie Ombeline. Pour la soirée nous nous rendons la maison d’une amie d’Ombeline, après avoir fait les courses au marché. Au menu : … de cebollo. Nous nous chargeons du désert : crêpes bananes chocolat puis pomme banane, wow mes papilles en tremblent encore ! Nous terminons la soirée dans le centre de Piura au son de rythmes efrenés, à danser sans penser…

Le lendemain matin à 6.30, il est temps de repartir vers ma sierra de cœur… Ombeline me fait gràce d’un petit déj des meilleurs : paneton, roscitas et banane, c’est dire si elle connaît mes goûts ;) !

De retour à Cajamarca, tous m’acceuillent les bras ouverts, je me sens comme de retour chez moi… et avec un turron arrivé tout droit de la famille d’accueil d’Ombeline, ce qui ravit les cœurs et les estomacs !

Voyage génial, prète à remettre ca avec vous au plus vite!!!