Odyssées vers le Sud

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Transandine › Transandine 2020

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vendredi 13 mars 2020

Transandina 2020: Arrivée à Quito

Au petit matin, vue sur le lac de San Pablo près de la ville d’Otavalo en Equateur

Bien arrivé à Quito, terme de la transandina 2020

En quittant Otavalo, la ville aux marchés colorés et parfois fortement odorants (celui des animaux) le samedi 29 février 2020, en route vers Quito, j’ai du affronter un orage. Je m’étais réfugié au bon moment dans un garage attenant à une maison, où il y avait un « gentil » chien qui, pour une fois n’aboyait et ne mordait pas !

Heureusement un peu plus loin, j’avais repéré une cabane de paysan pour me réfugier et y passer la nuit. Problème : la porte était fermée mais sans serrure et bloquée de l’intérieur, il y avait donc une autre entrée, que j’ai trouvée (avec mon flair habituel) à l’arrière. J’ai donc pu y entrer avant la pluie qui reprenait de l’intensité. Malheureusement le toit fuitait de partout et j’installais la tente à l’endroit le moins exposé.

La nuit, m’endormir fut difficile à cause des camions qui peinaient à monter la côte et des bus qui freinaient bruyamment de l’autre côté, la panaméricaine n’étant pas loin. Par ailleurs, une fête proche diffusa de la musique (pas très intéressante mais avec des basses qui auraient réveillé un sourd à des kilomètres de là) jusque 4 heures du matin.

Le lendemain, levé dès 6 heures, je serais bien aller réveiller les fêtards mais je me calmai en m’émerveillant devant le paysage donnant sur le lac San Pablo et le volcan Imbabura à l’est d’Otavalo, tout cela sous un soleil radieux. Une longue montée de 6 km pour arriver au sommet avec une indication annonçant Quito à 55 km, et une longue descente de 30 km, de quoi me réjouir vous comprenez !

Lorsque je croisai deux (plus tout jeunes) cyclo-randonneurs allemands partis il y a plus d’un an d’Ushuaïa, vers l’Alaska, je leur annonçais la mauvaise nouvelle (pour eux) qu’une très longue montée les attendait. Eux de me rétorquer que pour arriver à Quito, c’était aussi très « montant ».

Je continuai la descente avec une pointe à 60 km/heure, confiant dans mon unique frein arrière encore bien efficace, c’était pour moi la dernière descente vertigineuse et « grisante » de la transandine 2020 ! Un peu plus loin, une cyclo-randonneuse dans l’autre sens (celui de la montée). Ayant traversé la route pour « bater un papo » avec elle, celle-ci, une chilienne, partie de Santiago vers le nord de l’Equateur, me remercia d’avoir traversé la route (la « Panam ») pour la saluer.

Elle me donna un renseignement important : si je voulais camper, c’était dans les 5 km suivants car après cela, c’était déjà la région urbanisée de Quito, longue de 50 km. Aussi je ne tardai pas à trouver un bel endroit (à l’abri des regards) surplombant une rivière pour le dernier bivouac avant Quito.

Etonnante cette dernière nuit, pas de pluie... Heureusement car vers midi, j’avais tout sorti des sacs et au soleil tapant équatorial, tout (tente, matelas, sac de couchage, vêtements) fut séché en un quart d’heure. Je ne devrai donc pas recommencer le lendemain.

Refuge un peu délabré, sinistre diront certain.e.s mais bienvenu en cas de pluie !

Séchage complet et rapide au soleil équatorial !

Le lendemain, après une longue côte interminable, l’entrée de Quito me confronta comme à Medellin (message 4) à une circulation intense. Le plus dur ce fut de devoir avaler les gaz polluants de nombreux véhicules au moteur d’un autre âge ou mal réglé. Sans GPS mais ayant noté les noms des différentes avenues se succédant, j’arrivai sans encombre au CEAFAX.

Là, Victoria et David (parlant tous deux le français, ou plutôt le canadien car ayant étudié à Montréal) et les autres employé.e.s dont Paulina, Hector et Jacinto m’attendaient comme prévu. J’arrivai juste un peu avant le repas de midi.

Je suis hébergé pendant une semaine, partageant le repas de midi avec le personnel et me débrouillant pour le déjeuner et le repas du soir en ayant accès à la cuisine.

Le CEAFAX est un centre fondé il y a 35 ans par les jésuites pour favoriser l’éducation audio-visuelle en ville et dans les communautés villageoises dans une perspective de développement intégral « de tout l’Homme et de tous les hommes » (référence à l’encyclique « Populorum Progressio » de Paul VI de 1967). Une priorité du travail cible surtout les écoles et collèges.

Bienvenue à Quito, terme de la Transandina 2020

Une empanada bienvenue à l’heure de midi !

Alors que je consultais mes notes pour vérifier l’itinéraire à suivre dans Quito, un vendeur dans une petite échoppe m’interpelle pour m’offrir une empanada bien venue à l’heure de midi. Il s’agit d’un réfugié vénézuélien qui est à Quito depuis trois ans se débrouillant ainsi avec sa famille ! Muchas grazias amigo !

« Il n’y a pas de problèmes, rien que des solutions » 
Oui mais parfois ce n’est pas si simple !

Dans le message précédent, je vous avais parlé de la situation inextricable d’un passeport sans visa d’entrée à cause d’un ordinateur se souvenant trop bien de mon voyage en Equateur en 2009 ! Ce mardi 3 mars, avec l'aide d'Hector du CEAFAX où je suis hébergé, je suis allé ce matin au Ministère des Migrations.

Cette fois, nous avons bien compris et la personne qui nous recevait nous l’a dit sèchement : je suis "un illégal" car je n'ai pas de visa d'entrée dans le pays (qu’ils n’ont pas voulu me donner). Dès lors en quittant le pays à l'aéroport, je "devrais" (et pas "devrai") payer 800 $ d'amende, mais ce que l'employé ne disait pas et il a fallu lui tirer les vers du nez : "si je refuse de payer, je peux quand même sortir du pays sauf que, puisque je refuse l'amende, je ne pourrai pas rentrer en Equateur durant 2 ans."

OK alors, je suis d'accord puisque de toute façon je ne comptais pas revenir en Equateur dans les années à venir ! Après tout, c’est si simple, pourquoi compliquer quand on peut faire simple ?

Un grand merci à l’équipe du CEAFAX de Quito qui m’a soutenu et conseillé dans ces démarches. En revanche, je me permets d’attribuer une mauvaise note au consulat de Belgique à Quito qui m’avait envoyé un courriel, disant qu’ils ne pouvaient rien faire même pour les Belges en cas de problème de migration. Ils auraient pu simplement me donner l’information concernant l’amende que l’on n’est pas obligé de payer !

Aussi je me demande à quoi ils servent ? Il est vrai qu’ils ont beaucoup de travail pour préparer les voyages éventuels (mais peu probables) de Philippe et Mathilde et des délégations économiques (une par région) de notre petit pays !

Un autre (petit) problème avec Outlook

Outlook dit vouloir limiter le nombre de messages indésirables en mettant une limite au nombre de messages envoyés dans une liste d’adresses. Mais – stupidité vous en conclurez – sans dire quelle est cette limite. Donc de ma liste d’adresses qui ne fonctionnait plus, j’ai passé mon temps à en recréer plusieurs petites de 50 adresses maximum, comme si 1 x 250 ou 5 fois 50, ce n’était pas la même chose, dirait un enfant de six ans !

En fait, j’ai compris, Outlook veut que je passe à la solution « premium », qui est... payante ! Ceci dit, suite à cette modification, soit je vous ai perdu.e, vous ne recevez plus mes messages et vous ne pourrez pas me le faire savoir, soit vous recevez le message deux fois, mais cela, vous me le direz et je recevrai un message de vous. Merci !


Visite de Quito, une des premières villes sacrée patrimoine mondial par l’Unesco

La meilleure façon de visualiser l’entièreté de cette ville très étendue qu’est Quito c’est de grimper au Panecillo (de l'espagnol : « petit pain »), une des nombreuses collines. De son sommet, on peut voir le champ de bataille historique où le maréchal Sucre a vaincu les Espagnols dans la bataille décisive de l'indépendance en 1822 sur les flancs du volcan Pichincha à l'ouest. Pour y arriver, il faut grimper les quelque 800 marches et comme l’on arrive à 3.000 mètres d’altitude, le cœur trinque « un peu » et il faut s’arrêter à de nombreuses reprises.

À son sommet se trouve une statue de la Vierge, un peu particulière. Il s’agit d’une réplique en aluminium, de 38 mètres de haut d’une statue de bois polychrome taillée en 1734 par Bernardo de Legarda. Une vierge avec des ailes faisant plutôt penser à un ange, écrasant à ses pieds un serpent évoquant les versets de l’Apocalypse. En montant à l’intérieur du support de la statue, l’on découvre la plupart des quartiers de la ville de Quito.

En cette fin d’après-midi de ce mercredi 4 mars, j’ai de la chance : pas de pluie mais un soleil couchant, chatoyant éclairant les innombrables habitations de tout gabarit, allant des petites maisons aux couleurs vives, les édifices de l’époque coloniale, jusqu’aux gratte-ciel et immeubles modernes nettement moins beaux.

La vierge de Quito au sommet du Panecillo

Il y a aussi bien sûr les nombreuses églises et couvents qui ont été construits dès le 16ème siècle dans la foulée de la conquête espagnole. Dans le centre historique, l’on découvre successivement et dans un espace restreint les constructions des Franciscains, Dominicains, Carmélites, Augustins, des religieux de l’ordre de la Merced, sans oublier l’œuvre exceptionnelle des Jésuites, l’église « de la compagnie » :

A ce propos, lorsque l’on entre dans cet édifice, l’on est de suite marqué par cette opulence et je dirais même cette « débauche » d’or. En revenant à l’histoire des conquistadors, l’on ne peut oublier que ce métal précieux a fait l’objet d’une des plus dramatiques confrontations entre les envahisseurs européens et les civilisations (Incas, Mayas, Mapuches et autres) qui peuplaient ce continent finalement « latinisé et christianisé ».

Avec toutefois, à chaque coin de rue, des traces humaines vivantes de ces civilisations pré-européennes dans les visages, les coloris des vêtements de ces hommes et de ces femmes des différentes communautés « indiennes », qui pour survivre, vous proposent de calmer votre faim ou des gadgets, allant des jouets pour votre enfant jusqu’au dentifrice et des rouleaux de papier toilette, ce qui peut être utile dans certains cas !

Il y a aussi les édifices publics, monuments rappelant les batailles pour l’indépendance, et bien sûr banques, hôtels, etc. De nombreux musées également et leur riche patrimoine religieux et autre. Sans oublier le parc de la « Plaza grande » où l’on peut se reposer si l’on ne se trouve pas à proximité d’un messager de la « bonne nouvelle » qui débite son texte inlassablement sans s’égosiller, pendant des heures, et ce, ce qui m’étonne, sans perturber nullement celles et ceux qui sont assis près de vous !

Cloître fleuri du couvent des Dominicains

Tout ce qui fait de Quito, une des villes les plus belles du continent. Avec son million et demi d’habitants, Quito a la taille de Bruxelles (un peu plus) et est loin de Cali (4 millions) et de Bogota (7,5 millions) en Colombie voisine.

Quito de nuit, la "plaza grande"

Echanges de souvenirs, de rêves futurs et de droits humains

Excellente soirée hier jeudi 5 mars, dans un bon restaurant italien, invité par David M. au nom de l’équipe du CEAFAX. Depuis 17 ans qu’il travaille au sein de cet organisme à Quito, David, parlant Français (plutôt canadien car il a passé trois ans d’études à Montreal) a eu l’occasion de voyager à plusieurs reprises en Amérique (Sud et Nord), Europe, Moyen-Orient et Afrique (Egypte, Ethiopie, Kenya).

Avec dans la tête d’autres rêves de voyage comme celui de traverser (pas à vélo bien sûr) sur la ligne de l’équateur, l’immense région de l’Amazonie qui couvre 6 pays (Venezuela, Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie, et bien sûr le Brésil).

Nous avons également parlé de la composition multiraciale des pays que j’ai visités ainsi que de la présidence de Rafael Correa (15 janvier 2007 – 24 mai 2017). A propos de celui-ci, rappelons que son épouse est jamboise (fille de Paul Malherbe, ancien colonel para-commando, récemment décédé, homonyme de notre regretté curé de St-Jean, Pol Malherbe), que Rafael a connue lors de ses études à Louvain-la-Neuve.

David précise que Anne, l’épouse de l’ex-président équatorien, a toujours voulu rester discrète en refusant d’endosser le statut protocolaire de première dame de l’Equateur. En revanche, en 2007, elle eut le courage de prendre position contre l’enfermement de deux Équatoriennes (Ana Cajamarca et sa fille de onze ans, Angelica) au centre de Steenokkerzeel.

Ses déclarations furent jugées « offensantes » et « infondées » par le ministre belge des Affaires étrangères de l’époque Karel De Gucht. Déclarations étonnantes puisque l’on sait que la Belgique n’est pas un exemple en ce qui concerne l’enfermement jugé inhumain par les organismes de défense des Droits de l’Homme surtout lorsqu’il s’agit d’enfants, innocents de surcroit. « Proclamer la vérité vous rendra libres », dit bien une maxime, envers et contre tout !

Les enfants (de tous les pays) ont les mêmes Droits !

Famille présidentielle belgo-équatorienne Rafael Correa - Anne Malherbe

Un saut en Amazonie Equatorienne

Vendredi 6 mars, 9h du matin, je prends un bus de la compagnie « Corredor-Sul-Occidental » pour rejoindre le terminal de bus « Quitumbe ». « Pars à l’avance », me dit Paulina ; en effet le trajet dure une heure pour 16 points d’arrêt.

Le bus pour Tena et Misahualli démarre à 11h30 pour un trajet de 7 heures via Ambato au lieu de 2 heures suite à des travaux sur la route que j’avais parcourue à vélo il y a 11 ans, via le col de Papallacta, lors des premiers jours de la « Transandina 2009 ».

Le voyage en bus de Quito à Misahualli d’une durée de 7 heures fut assez pénible de par le fait que j’ai dû « subir » 4 films d’affilée dont les trois premiers comportaient des scènes de violence à raison de 95% du temps. Dieu sait combien de balles ont été tirées et autant de morts.

N’en pouvant plus, je suis allé demander au chauffeur de ne pas lancer le troisième film mais il a fait semblant de ne pas comprendre. Les autres passagers restant amorphes, habitués qu’ils sont de devoir subir les choses mêmes les plus injustes et les plus absurdes. L’on s’étonnera que la violence gagne de plus en plus de terrain dans les relations entre les humains !

A Shiripuno ou Amélie travaillait auparavant, l’on constate une augmentation terrible de la violence, due à l’alcool, aux manques d’emploi et d’éducation, non seulement chez les hommes mais aussi maintenant chez les femmes ! Mais quel moyen avons-nous pour empêcher la production de telles inepties profitant quelque part à quelques personnes sans scrupule ?

Entre Banos et Puyo, j’ai refait en sens inverse le chemin que j’avais parcouru à vélo en 2009. Longeant une rivière, il y a beaucoup de tunnels que je n’avais pas empruntés mais via la corniche m’offrant des paysages époustouflants avec notamment un passage au pied du volcan Tungurahua dont je vous ai parlé dans un précédent message.

Arrivé au Rio Napo, après avoir traversé la rivière, le chauffeur m’a dit de prendre un autre bus en correspondance pour rejoindre Misahualli à 18 km. Comme celui-ci tardait à venir, un homme parlant italien me proposa de monter à l’arrière d’une camionnette avec un gamin, fils de boulanger.

Me voilà juché sur des sacs de carottes et autres légumes - vous connaissez mon caractère intrépide - lorsque nous sommes arrêtés par un contrôle de police. « Ouaille mon passeport sans visa ! »

En moins de deux, nous sautons en dehors du véhicule en « stoemelings » lorsque le bus arrive qui nous emmène sans problème à destination alors que la nuit est presque déjà tombée ! « L’aventure commence au crépuscule de chaque soir » dirait le Grand Jacques !

Ceci dit, c’est avec un très grand bonheur que j’ai retrouvé ma petite-cousine Amélie que je n’avais plus vue depuis plus de 10 ans, lors de la traversée des Andes en 2009.

En attendant la cuisson d’excellentes « pizze », nous avons regardé ensemble le film réalisé sur le voyage de 2009, en compagnie d’Amélie, Huaira le garçon qui n’avait que quelques mois, de Yaku, sa petite sœur qui n’était pas née à l’époque et du compagnon d’Amélie, Miguel de nationalité argentine.

La famille d’accueil à Misahualli : Huaira, Amélie, Miguel et Yaku

Amélie enseigne dans une école privée financée par une fondation étatsunienne, Antioquia ; elle est responsable de la classe de remédiation tandis que Miguel est le vice-directeur de l’école. La pédagogie utilisée dans cette école promeut une éducation basée sur le respect mutuel des élèves, un apprentissage participatif et progressif ainsi que la collaboration des parents au projet.

L’école est ouverte aux degrés maternel, « fondamental » et aux premières années du secondaire pour utiliser des vocables « belges ». Les parents contribuent au coût de l’école en fonction de leurs revenus ; les parents démunis du fait d’être sans emploi, contribuent au projet en travaillant à l’entretien des classes ou à l’extension de l’école.

En visitant les locaux propres et colorés, l’on remarque la nette différence avec ceux des écoles financées par le ministère équatorien de l’éducation, qui bien sûr investit dans ce domaine y compris dans les villages les plus reculés, mais dont les bâtiments, après quelques années, se retrouvent dans un piteux état, faute d’entretien, de moyens et de prise de conscience des personnes responsables.

Ce samedi 7 mars, après avoir mangé au restaurant un plat typique, appelé « maito » avec du poulet ou du tilapia présenté dans une feuille de « bijao », nous avons fait un tour en pirogue sur la lagune « Isla Paicawe ».

Nous avons vu d’énormes poissons « paiche » (l’équivalent en brésilien du Pirarucu), pouvant mesurer jusqu’à 3 mètres de long, des singes petits et grands (« singes-araignées), des iguanes et un oiseau appelé « hoatzin » (voir photo).

Avec Amélie et Yaku sur la lagune,

L'oiseau hoatzin

Huaira montre l'emplacement de l'Equateur sur le globe

Dimanche matin consacré en partie au culte : le pasteur d’origine cubaine essaye de conscientiser les gens aux problèmes de drogues, alcoolisme et en cette journée mondiale de « la mujer », il appelle au respect des femmes dans tous les domaines de la vie.

Pour le repas de midi ; Miguel en bon Argentin nous prépare une bonne viande cuite selon le mode "a la parilla" de son pays. L’après-midi, nous sommes allés au bord de la rivière « Misahualli » pour nager. Des jeunes du coin descendent les rapides sur des chambres à air de camion, ne pouvant se payer les tarifs des kayaks des agences de voyage !

Lundi matin, avant de reprendre le bus de Quito, j’ai salué les nombreux élèves de l’école arrivant très tôt pour la journée ou pour la semaine pour celles qui résident à l’internat. Ce fut ensuite l’embrassade avec cette sympathique famille franco-argentine (Amélie, Miguel, Huaira et Yaku) nous promettant de nous revoir dans un avenir pas trop lointain, en France ou en Belgique.

Quant au trajet de retour avec le bus de la compagnie « Amazonas », égal à celui de l’aller, à oublier. Mais il y a tant d’autres belles choses, de beaux paysages et surtout de belles personnes au cours de rencontres à garder en mémoire pour cette Transandine 2020, la dernière du nom.

Les mots « Transandine 2020 » écrits sur le sable du Rio Misahualli en Amazonie équatorienne, que l’eau emportera comme nos rêves s’envolent au fil de nos vies. Restent dans nos cœurs le souvenir et la fierté de les avoir réalisés et vécus.

Préparation du retour en Belgique

Depuis l’aventure du départ à Zaventem (9 janvier 2020), où un surplus de poids du vélo et du bagage à embarquer dans l’avion de la KLM risquait de me coûter 2 x 100 € pour quelques kilos excédentaires (du chocolat !), à Quito, j’ai veillé à ce que la limite de 23 kilos ne soit pas dépassée ni pour mon destrier, ni pour le bagage rentrant également au pays. D’où utilisation d’une balance bien précise :

Non la caisse contenant le vélo ne dépassera pas 23 kilos !

Autres photos, avec leur commentaire





Photos diverses et souriantes des marchés d’Otavalo

Mais oui, maman, avec l’âge, tu es un peu dure d’oreille !

Tailleur, atelier ouvert sur la rue !

A Quito : deux Colombiens en route – biens chargés – vers l’Argentine.


 

 

Un message sympa !

Parmi les nombreux messages de sympathie et d’encouragement de votre part, j’en retiens un que je retranscris ci-après, et qui vient d’un couple très sympathique et jeune d’esprit, tout en ayant dépassé les 4x20 ans :

« Hello Léon et merci pour ces comptes-rendus qui nous font découvrir d’autres horizons. Ils nous projettent hors de notre petit “chez soi”. Heureusement grâce à vous, nous pouvons continuer à voyager avec nos yeux, même si nos jambes deviennent de plus en plus récalcitrantes, Notre souhait : puissiez-vous continuer longtemps sur votre lancée. Très amical souvenir. »

Marie-Thérèse et Jean-François Lopépé du Grand Namur

Mercredi 11 mars 2020 17h30 - atterrissage à Zaventem

Au grand plaisir de vous revoir en Belgique.

Léon

Remise des compteurs à zéro pour le prochain voyage !

Destination encore inconnue à ce jour !

jeudi 5 mars 2020

Transandina 2020 : de Pasto à Quito

Lac de Cuicocha en Equateur, cratère volcanique

Fin de la traversée de la Colombie

En quittant Alvaro qui m’a hébergé durant 3 nuits, j’ai ressenti combien l’accueil est une qualité des Colombiens, du moins chez ceux chez qui j’ai été hébergé. Quand je suis arrivé à Ipiales, la dernière ville au sud de la Colombie, j’avais deux adresses de « Warmshowers ». Pour la première, j’étais arrivé à la bonne rue ; un garde privé du quartier, prénommé Lasso a téléphoné à David ; comme celui-ci ne répondait pas, il a essayé au deuxième et cela a marché.

Ozkar, a bien voulu que je passe la nuit chez lui. Il s’agit d’une ancienne station d’essence et les cyclistes peuvent passer la nuit dans un local un peu fourre-tout. Pas d’électricité mais la fille d’Ozkar m’a donné une bougie. Pas de cuisine mais Ozkar m’a chauffé de l’eau pour une bonne soupe « Royco ». Cela faisait longtemps que je n’avais plus eu l’occasion de m’en préparer une !

En quittant Alvaro, avec qui nous avons eu de beaux échanges sur la Colombie

Visite du sanctuaire Notre-Dame de « Las Lajas »

En chemin, j’ai recroisé le cyclo-pèlerin qui venait du nord de la Colombie et qui n’avait pas beaucoup de bagages ; il était tout heureux de revenir de l’endroit où il était allé prier. Je m’y suis rendu également et j’ai découvert une basilique d’une construction impressionnante, dans une vallée étroite et dominant tout le paysage. Vous en jugerez vous-mêmes en voyant la photo.

Quant aux nombres d’ex-votos apposés aux murs et aux rochers attenants, l’on peut en conclure que des centaines de personnes ont été satisfait.e.s car exaucé.e.s de leurs demandes. Dans l’église, je vois des sacs à dos « européens » et j’entends parler français. Ce sont trois jeunes dont un belge d’Anvers voyageant en « backpakers ». Ils viennent de l’Equateur ; comme j’y serai le lendemain, nous échangeons des pesos contre des dollars étatsuniens… puisque l’Equateur a adopté cette devise comme monnaie nationale.

Il est près de 17h ; les jeunes comptent prendre un bus pour Pasto : 85 kms. Ils pensent qu’il leur faudra 2h de route ; que nenni, après renseignements chez les locaux, il faut prévoir 4h, car il y a des travaux. J’ai eu moi-même pas mal de difficultés pour traverser ces tronçons à vélo après avoir mangé pas mal de poussière et respiré à de nombreuses reprises les gaz d’échappement. Mais comme vous me lisez, je suis toujours vivant !

Je ressens cependant déjà les difficultés dues à l’altitude. Ce sera encore plus dur en Equateur : Quito se perche à 3.000 mètres !

Le sanctuaire de « Las Lajas » est une église néogothique construite en 1916 dans une gorge où une fillette muette aurait par miracle retrouvé la parole.

Entrée en Equateur : un ordinateur qui se souvient trop bien de mon passage en 2009

En mai 2009, j’arrivais à Quito (dans la nuit du 1er au 2 mai exactement) pour le départ de la Transandina en direction de Salta en Argentine en traversant l’Equateur, le Pérou et la Bolivie. Ce samedi 22 février 2020, tout confiant j’arrive à la frontière entre la Colombie et l’Equateur après une dernière nuit en Colombie chez Ozkar.

Pour sortir de Colombie, pas de problème. Pour entrer en Equateur, je pensais que cela aller comme sur des roulettes. Et bien non l’ordinateur du douanier lui dit que je suis bien entré en mai 2009 en Equateur mais que je n’en suis jamais sorti… !

En fait, dans le sud de l’Equateur, j’avais choisi une petite route qui passait par Zuma et un dimanche après-midi, je suis entré au Pérou via un poste de douane dans un petit village. Allez voir la vidéo du film de 2009 et vous verrez qu’un douanier lève une barrière douanière « jaune et noir » constituée d’une branche d’arbre plus ou moins tordue, pour me laisser passer ; c’était le dimanche 14 juin 2009, jour de la fête des pères.

Le problème c’est qu’il n’y avait pas d’ordinateur pour enregistrer ma sortie et ce samedi, je n’ai pas avec moi en 2020, le passeport (périmé depuis) que j’avais en 2009 et que me réclame le douanier. Dès lors, celui-ci m’envoie chez un autre douanier qui me dit que « cela va durer car il y a un grave problème ». Je me voyais déjà retourner en Colombie et aller chercher mon avion de retour à Quito, je ne sais comment ?

Une demi-heure s’écoula et une dame, une cheffe vraisemblablement mais néanmoins en tant que « médiatrice », vient annoncer que je peux entrer en Equateur et aller chercher mon avion à Quito le 10 mars prochain, mais sans me donner de cachet d’entrée sur mon passeport « puisque officiellement, je n’en suis jamais sorti depuis 2009. » dit-elle !

Pourtant, il me semble que j’ai vu pas mal d’autres pays entretemps (vous pouvez confirmer !) Inextricable avec en plus – dit la cheffe – si je reviens en Equateur durant les deux prochaines années, je devrai(s) payer une amende de 800 dollars. Ouf d’abord que je ne paie pas d’amende le 10 mars 2020… pour une erreur ou un manque dont je ne suis nullement responsable ! C’est comme cela avec la Justice, c’est souvent la « victime » qui paie. Ne venez plus me dire qu’un ordinateur n’a pas assez de mémoire ; ici c’est pire qu’un éléphant !

Visite d’Ibarra en bus à l’occasion du carnaval

J’ai souvent rêvé de vivre un carnaval sud-américain ; cette année, l’opportunité se présente : Ibarra célèbre le carnaval le lundi 24 février. Une occasion de visiter la ville la veille et de filmer un des événements annuels majeurs pour une population qui n’a pas souvent l’occasion de se réjouir.

Le lundi de carnaval, je me suis rendu en bus dans un village qui s’appelle Chota. Les gens, surtout les enfants et les jeunes s’amusent à s’asperger d’eau et de mousse. A Binche, ce sont des oranges, à Andenne, des oursons ; ici, on risque de rentrer plus mouillé qu’à l’arrivée ! Pas très génial en fait.

Par contre ce fut l’occasion de retrouver Alexandra d’Erpent que j’avais rencontrée - à vélo elle aussi – à plusieurs reprises sur la « carretera austral » au Chili en mars 2019. A Ibarra, nous avons échangé les souvenirs de nos voyages 2020 actuels en Colombie et en Equateur. Et même de la mousse au chocolat délicieuse comme en Belgique !

Quelques jours après ce bon moment, le jeudi 27 février, alors que je peinais dans une longue montée pour sortir de la ville d’Ibarra, j’entends quelqu’un qui crie « Léon, Léon » depuis une voiture … c’était Alexandra qui avait délaissé le vélo pour quelques jours et qui se rendait à Quito en voiture avec une amie.

Retrouvailles avec Alexandra d'Erpent (Carretera austral 2019 au Chili)

Une route impossible pour monter à 3.800 mètres d’altitude.

Ce mardi « gras », j’ai eu la bonne idée de prendre une petite route alternative entre Tulcan et El Angel. Etant donné que les gens à qui je demandais le chemin m’envoyaient par la Panaméricaine, j’ai fait un détour de 14 km et une montée inutile de 7 km ! Après avoir retrouvé le bon chemin, j’ai appris que j’étais devancé par un couple de cyclistes néerlandais.

Traversant le « paramo » aux splendides paysages (typiques de certaines régions du Venezuela et de la Colombie mais aussi d’Equateur) où l’on peut compter d’innombrables frailejones (dont le nom latin est « Espeletia pycnophyllia » et qui jouent un rôle essentiel en retenant l’eau dans une zone dépassant les 3.000 mètres où les arbres ne poussent plus), j’ai mis près de 9 heures pour arriver dans la nuit au sommet : 3.800 mètres, je ne m’attendais pas à un tel dénivelé si bien que le mal des montagnes m’a gagné en fin de parcours !

Alexandra était passée par là avec Valentine (Chili « carretera austral » 2019 également) et un ami ; elle m’avait dit que je pouvais passer la nuit dans un chalet où se retrouvent les gardes du parc naturel de « El Angel ». Les Néerlandais y étaient arrivés dans l’après-midi ; avec leur jeunesse et des pneus d’une section double des miens, ils avaient bouclé le trajet en moins de 4 heures !

Une bonne partie du trajet, j’ai poussé le vélo. J’ai eu cependant de la chance, j’ai évité l’orage qui avait arrosé mes amis. La route empierrée et très « cabossée » était détrempée et ce fut une longue journée très difficile.

Le lendemain et les jours qui suivent, une descente vers Ibarra d’un dénivelé de 2000 mètres : je dois resserrer mon (unique) frein arrière !

Le Paramo et ses milliers de "frailejones"

Un frailejone fleuri

Ce mercredi, je suis bien descendu, d’abord par une route dingue et pire que les tronçons pavés de Paris-Roubaix (vous en jugerez en voyant les photos) et ensuite une belle route asphaltée : 36 km de descente. Néanmoins, les routes en Equateur ne sont pas aussi belles qu’en Colombie, c’est un peu comme en Belgique : l’on doit parfois slalomer entre les trous !

Des pavés pires que sur le Paris-Roubaix

Question : comment se fait-il que tant de jeunes voyagent à vélo pour découvrir le monde et ce pendant de longues périodes ? Les Néerlandais de « El Angel » voyageaient depuis deux ans. Ils avaient travaillé auparavant et économisé pour un long voyage. En fait, maintenant et pas dans 40 ou 50 ans !

Qui sait, avec des gouvernements du style Michel et Bacquelaine (ou Macron), les enfants d’aujourd’hui ou qui vont naître dans les décennies qui viennent, devront peut-être travailler jusqu’à 69 ans puis 71, 73 (en fait pour faire comme dans les pays voisins), 77 ans pour avoir une pension? 77 c’est un peu exagéré… il ne serait même plus permis de lire les aventures de Tintin, une fois en retraite !

Revenons aux jeunes qui voyagent et qui se disent : autant faire une pause quand on n’a pas encore 30 ans et que l’on peut encore pédaler ! Evidemment, il faut avoir une profession qui permette de retrouver facilement du travail au retour. Mais avec une ouverture d’esprit et d’ouverture sur le monde à l’issue d’une telle expérience de vie, qui peut avoir son poids dans un curriculum vitae !

Otavalo, ville indigène, marchés, artisanat, lacs et volcan.

Perchée à 2.530 mètres au dessus du niveau de la mer, Otavalo, ville coloniale porte le nom d’un des peuples indigènes de l’Equateur. L’artisanat occupe une place importante dans l’économie de la région. La ville est surtout connue pour son marché du samedi.

Dans les environs, la lagune de Cuicocha qui se trouve au pied d’un volcan éteint, le Cotocachi est en fait un cratère volcanique de 4 km sur 3 avec une profondeur approximative de 200 mètres.

Ce vendredi 28 février, le temps couvert et la pluie font place au soleil. En bus et taxi partagé avec une famille française à l’aller et deux suissesses au retour, j’arrive à une altitude dépassant les 3.000 mètres. Un peu plus de 4 heures pour boucler le tour du lac avec des vues merveilleuses d’une nature protégée.

L'artisanat d'Otavalo

Couleurs vives du marché d'Otavalo

Un peu d’histoire : Rumiñahui (« œil de pierre » en quechua) était un grand général inca. Il lutta contre les Espagnols et résista 1 an et 5 mois après la mort d'Atahualpa, le dernier empereur de l’empire inca indépendant, lâchement assassiné par les conquistadores, plus précisément par le sinistre Francisco Pizzaro.

Rumiñahui était sur le point de battre les espagnols, qui possédaient arquebuses, fusils et chevaux (inconnus auparavant pour les Incas) quand le volcan Tungurahua se réveilla et les indigènes crurent que c’était une punition des dieux. Rumiñahui et les siens furent vaincus. Au centre de la ville d’Otavalo, il y a une statue rappelant sa vie. Notons que le dit volcan se réveille de temps en temps comme en 1999 et 2006, lorsque cela entraina la mort de 6 personnes.

Ce samedi 29 février 2020 (année bissextile, je bénéficie d'un jour de plus), je prends la route de Quito. Il me reste 90 km à parcourir. Ce lundi 2 mars, je suis bien arrivé à Quito, accueilli par les amis de Théo Mertens au CEAFAX, après une longue côte interminable (Quito se perche à 3.000 mètres d'altitude).

Bilan de la Transandine 2020 : 38 jours cyclés pour 2.360 km

Autres photos (commentées)

Pour les fresques murales, les équatoriens sont doués

Cette dame pousse son étal vers le marché d'Otavalo

Que de fils, comment l'électricien s'y retrouve-t-il ?

En Sicile, l'on appelle ces fruits des "figues d'Inde"

Une briqueterie, qui me rappelle mon travail au Brésil (1974-1977)

Couleurs équatoriennes

samedi 22 février 2020

Transandina 2020 : de Popayan à Pasto

 

Les Andes en fleurs (suite)

Rappel historique d’un long conflit interne à la Colombie (Wikipedia)

Le conflit armé colombien est un conflit interne en Colombie. On date son origine au milieu des années 1960 avec la création de différentes guérillas. À partir des années 1980, des groupes paramilitaires se constituent, se présentant comme une force de contre-insurrection opposée aux guérillas que l'État ne parvient pas à vaincre. Au cours des années 2000, les Autodéfenses unies de Colombie, principal groupe paramilitaire, sont officiellement désarmées après un accord de paix avec le gouvernement (remplacées par des « groupes émergents » moins puissants).

Le conflit se poursuit à la fin des années 2000 entre les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et l'Armée de Libération Nationale (ELN marxiste), les cartels paramilitaires (BACRIM) et les forces gouvernementales. Le tout dans un contexte de lutte contre un système dominant et d’autre part impliquant un vaste trafic de narcotrafiquants à la dimension internationale (plus proche de nous, le port d’Anvers en est une des plaques tournantes). La drogue, si cela pousse en Colombie et ailleurs, c’est parce que « l’on » en consomme chez nous, et cela rapporte grandement à plus d’un intermédiaire !

Entre 1964 et 2016, le conflit a fait 260.000 morts, 45.000 disparus et 6 millions de déplacés et constitue, selon le sous-secrétaire des Nations unies pour les questions humanitaires, « la plus grande catastrophe humanitaire de l’hémisphère occidental ».

Un accord de cessez-le-feu définitif (les FARC observaient déjà auparavant un cessez-le-feu unilatéral) est annoncé le 23 juin 2016 qui est déclaré comme étant « le dernier jour de guerre » entre les FARC et le gouvernement. L'accord de paix est finalement signé le 24 août avec les FARC et l’ELN. Toutefois cet accord n’est pas validé par le référendum du 2 octobre 2016, comme déjà dit dans mon message précédent.

L’ELN rompt les accords de paix et lance une action de blocage, ce mois de février 2020

Fin 2019, une partie de l’ELN (Armée de Libération Nationale) rompt les accords de paix. Il y a quelques jours, ils annoncent une action d’envergure de blocage des routes pour les 4 jours du 14 au 17 février. Les spécialistes confirment cependant que l'impact du couvre feu décrété par les autorités est et sera limité.

Selon les experts, l'ELN n'est pas suffisamment puissante pour impacter le pays dans son ensemble, au contraire ils estiment leur capacité de nuisance à un nombre très limité de zones et de villages situés dans des régions pour la plupart reculées et non touristiques.

Concrètement : dans les régions les plus touristiques du pays (Bogota, Medellin, Pereira, Armenia, Santa Marta, Cartagena) aucun problème n'est à signaler et tous les services de transports fonctionnent.

De manière plus générale les tensions sont limitées aux régions frontalières avec le Venezuela et en particulier le Catatumbo, l'Arauca et le Vichada, et au sud du pays dont certaines parties du Cauca, Choco et Nariño, c’est justement là (Nariño et Cauca) que nous (les deux amies belges Alexandra et Valentine et moi-même) nous nous trouvons en ces 14, 15, 16 et 17 février !

L’ELN (Ejercito de Liberacion Nacional) rompt la trêve

Mais pas de panique, nous sommes vigilants !

Comme je me trouve dans la région entre Popayan et Pasto, je suis très vigilant. Ce samedi 15 février, en quittant le village de Rosas, j’entame une très longue descente, environ 75 km, mis-à part une côte de 2 km et quelques petites de temps en temps. C’est bien mais je me dis que pour arriver à Pasto, je vais devoir remonter tout cela.

Au début, il n’y a presque personne qui circule, il fait subitement plus facile respirer ! Au premier péage, les deux dames employées attendent les véhicules, nous avons le temps de causer, « bater un papo » comme l’on dit en brésilien.

Un peu plus loin, quelques militaires sont de garde. Quelques mots échangés avec eux, la situation est sous contrôle. Je puis continuer ! Le premier militaire me répond gentiment. Le second, fait le salut en claquant des talons quand je passe, comme si j’étais un officier ! Quel honneur, « moi qui ne fut même pas soldat », dirait Jacques Brel !

Militaire en mission de surveillance (photo prise en « stoemelings»)

Au terme de la journée, je traverse un pont qui « danse » à chaque passage de véhicule lourd. De l’autre côté, des militaires sont retranchés, cachés dans les arbres avec armes et jumelles. Pas de danger ! Merci à Anne Dollet de France pour les infos actualisées reçues par courriel le 14 février.

Une rivière dans une vallée magnifique

Le matin, en échangeant avec Tania et son frère, deux jeunes qui marchent le long de la route, munis d’une machette (pour couper un peu d’herbe pour les moutons), ceux-ci me disent qu’ils ne craignent pas trop les « guerilleros ». D’abord, ceux-ci ne s’en prennent pas aux paysans mais bien aux voyageurs des voitures et des bus qui, étant donnés qu’ils voyagent, ont toujours sur eux quelques (cela varie) réserves de pesos, ou des dollars, des euros lorsqu’il s’agit de voyageurs étrangers à vélo par exemple... Mais comme déjà dit, j’avance « à vue » !

Tania et son frère sont rassurants

Commentaire : en fait les membres de l’ELN, entendent par cette action, rappeler qu’ils existent encore, montrer qu’ils sont toujours actifs et qu’il faudra tenir compte de leur organisation à l’avenir. Ils prétendent ainsi, qu’en bloquant les routes, au moins on parlera d’eux.

Rencontre d’un globe-trotter marchant de Ushuaïa jusqu’en Alaska.

Dimanche 16 février, alors que peu de véhicules circulent, je vois arriver devant moi un marcheur poussant un tricycle, plutôt une remorque dans laquelle prennent place d’habitude un ou deux enfants derrière l’un de leurs parents à vélo. Il s’agit de Oliwer, un jeune slovène, parti d’Ushuaïa à pied avec l’intention de rejoindre l’Alaska, un voyage demandant environ trois ans pour plus de 26.000 km.

L’an passé, en Argentine, j’avais croisé un Japonais qui terminait le même chemin mais en sens inverse et qui marchait pour la paix ! Oliwer n’est pas seul, il a recueilli un chien abandonné au Pérou, qu’il a baptisé Carlito, qui se laisse conduire car il a trouvé une place privilégiée dans le « véhicule ».

Depuis le départ (plus de 13.000 km parcourus), Oliwer a usé trois paires de pneus et cinq paires de chaussures. Il est passé également par le fameux tronçon de la « carretera austral » au nord du lac du désert en Argentine (vous vous souvenez du reportage de la Transandina 2019) Il a du porter son tricycle après en avoir vidé le contenu. Bonne chance et courage à ce globe-trotter exceptionnel qu’il est rare de rencontrer.

La longue montée vers Pasto

Dimanche 16 et lundi 17 février : deux jours très durs. Chaque jour une belle descente mais en compensation une montée équivalente de l’autre côté de la rivière traversée. Ce lundi, la remontée fut particulièrement longue : j’ai du pousser le vélo pratiquement tout le temps, soit 4 heures pour parcourir 12 km !

J’accompagne de temps en temps un cycliste colombien venant de Cucuta, à la frontière avec le Venezuela. Il va en pèlerinage à Ipiales, à la frontière équatorienne, vers le sanctuaire de « les lajas » où affluent des pèlerins là où la Vierge est apparue en 1754 à Maria, une femme indigène et à sa fille Rosa.

Il a très peu de bagages ; vous pourrez comparer les photos des deux vélos. Il me dépasse plusieurs fois et je le rejoins. Malgré le fait qu’il a peu de bagages, il ne va pas plus vite, il fume !

Ce lundi soir, très fatigué, après un bon repas au restaurant situé au sommet de la côte de 12 km, j’ai eu beaucoup de chance. Un monsieur refuse dans un premier temps que je plante la tente chez lui, m’envoie chez « une voisine » et puis se ravise en se rappelant qu’il était passé aux Pays-Bas et en Belgique il y a 35 ans.

Finalement, je puis dormir à l’abri et bénéficier de la toilette alors qu’il ne compte pas passer la nuit ici. Merci pour la confiance Alvaro !

Une longue journée vers Pasto où il fait froid

La journée de ce mardi 18 février me parut bien longue. Peu de descentes si ce n’est à la fin du parcours, peu de possibilité pour moi de rester sur la selle. Dès lors une moyenne très basse : 6,29 km/h.

Au long de la route, toujours des réfugiés qui marchent inlassablement, avec à un certain moment un chassé-croisé : ceux et celles qui continuent vers l’Equateur et le Pérou et de l’autre côté de la route, ceux qui en reviennent. Certains ont dans leur sac quelques outils ; ils trouvent parfois du travail dans la construction, la pêche me disent-ils

Des jeunes se plaignent qu’ils ont faim, je partage le maigre surplus de nourriture de la veille mais ce n’est pas une solution durable. En ce qui me concerne, je suis ravitaillé en « carburant » énergétisant (sporade tropical) par une famille qui s’est arrêtée pour le pique-nique. Un peu plus loin, ils me dépassent et la dame me tend un billet de 10.000 pesos (3 Euros), surprenant !

En arrivant à Pasto (plus de 2.500 m d’altitude), il fait froid et certains des réfugiés sont enroulés dans une couverture. Sur une place, une petite échoppe où un homme prépare des beignets ; un réfugié s’approche et en reçoit quelques-uns. De même dans les restaurants, il y a toujours une part pour eux.

Echanges sur la situation politique, économique et sociale de la Colombie

Pour deux nuits, je loge chez Alvaro qui vit avec son frère Théo et qui m’a accueilli la veille dans sa seconde résidence, sa « Datcha » comme on dirait au pays de Poutine. Alvaro a le même âge que moi et est toujours impliqué dans la commercialisation de produits agricoles. Il est agronome de formation et a enseigné à l’université de Pasto.

Le soir, nous échangeons sur l’histoire et la situation économique de la Colombie. Un pays aux nombreuses richesses et potentialités mais qui sont mal exploitées et surtout mal réparties. Un gouvernement conservateur qui soutient en priorité les intérêts des riches. Les propriétaires, ils sont à peine 4% de la population et ils détiennent à eux seuls 95% des terres.

Des terres, mal exploitées avec des étendues parfois de 25.000 hectares, improductives. Certaines terres sont consacrées à la production de canne à sucre dont le bénéfice rejoint leurs propriétaires vivant en Europe ou en Amérique du Nord. La Colombie regorge d’eau potable de par ses montagnes mais le système est mal géré, et le robinet ne laisse parfois s’écouler qu’un petit filet d’eau. Cette situation crée dès lors beaucoup de frustrations, qui engendrent vols, délinquance, violence et groupes révolutionnaires.

Alvaro est partisan d’un système coopérativiste et d’un dialogue avec les « activistes », ceux qui veulent que cela change, ce qui n’est pas l’option du gouvernement qui met en œuvre une répression parfois violente. Des leaders paysans disparaissent ou sont assassinés. Tout cela entraine, comme au Chili, des mouvements de protestation dans la rue. Heureusement en Colombie, on n’en est pas à la situation catastrophique du Venezuela voisin.

Le mercredi, c’est avec Théo, le frère d’Alvaro que je vais prendre le repas de midi. Il m’emmène au petit marché non loin de chez lui. Les étals regorgent de fruits et légumes. Le repas (soupe à l’arôme délicieux, poulet, riz, maïs) coûte à peine deux euros, en fait un prix abordable pour ceux qui gagnent en moyenne l’équivalent de 10 euros par jour, 300 par mois. Autre part en ville, apparaissent des « fast foods » légèrement plus chers mais qui ont oublié les senteurs et la convivialité locales.

Après la visite de Pasto laquelle, comme à Popayan, regorge d’églises de styles très différents, certaines d’un style « dit colonial », je prends la route vers Ipiales et la frontière avec l’Equateur.

Je compte arriver à Quito vers le 29 février. Je devrai redoubler d’attention : j’ai constaté une fuite d’huile dans le cable du frein Magura avant. Je devrai me contenter d’un seul frein en espérant que d’ici la fin du voyage, le frein arrière ne me lâchera pas. Ma fille Sueli avait eu le même désagrément en Asie en 2017, lors de son tour du monde et avait du finalement monter des freins traditionnels.

Quelques photos, avec leur commentaires

Devinez quelle ancienne voiture française construite à des millions d’exemplaires, se cache sous le magasin ambulant ?

Sans commentaire

Non ce n’est pas la coupole du Vatican mais celle d’une église de Popayan

Une photo de plus de Popayan, la « ville blanche »

Pasto fresque murale, rappelant la longue liste de leaders paysans assassinés. Il est écrit : « Nous – les paysans – fermons les yeux et nous nous souvenons ; vous – les responsables de ces meurtres – vous fermez les yeux et oubliez»

Rentrée à l’écurie, Buenas noches !

samedi 15 février 2020

Transandine 2020 : de Armenia à Popayan

Les Andes en fleurs

Voici la suite de l’approche des difficultés : Popayan, ville coloniale avec son altitude (1.760 mètres) et Pasto (située à la frontière avec l’Equateur à 2.527 mètres) annoncent un voyage de plus en plus difficile dans les Andes colombiennes.

Dépannage et rencontres diverses

En croisant un cycliste roulant en sens inverse, celui-ci m’a demandé de le dépanner. Il lui manquait une rustine et de la colle pour réparer un pneu défaillant, apparemment ayant déjà beaucoup vécu ! Ce qui fut vite réparé.

Cet homme de Cali roulait depuis 3 jours et il lui fallait encore 5 jours pour atteindre Bogota avec un vélo ne paraissant pas en très bon état. Il allait effectuer quelques travaux de peinture dans la capitale colombienne, en dormant « en la calle », c’est-à-dire au bord de la route, comme les réfugiés vénézuéliens que je continue de croiser.


De temps en temps, j’en vois certains qui voyagent à l’arrière ou au sommet d’un camion. Mais peu de chauffeurs les acceptent, cela devant être interdit par la police, que je vois de temps en temps en train de contrôler. Un jour deux jeunes à moto venant en sens inverse m’ont interpellé pour voir s’il y avait quelconque contrôle de police, ils ne devaient sans doute pas être en règle !

Un autre jour, j’ai vu de très nombreux jeunes soldats effectuer ce qui devait être des exercices d’entrainement. Certains avaient un fusil, d’autres une pelle, avouez, c’est moins dangereux !

Sur la route de Popayan, je dépasse Giorgio, Argentin, qui se déplace à pied uniquement, de pays en pays (il y a douze ans qu’il fait cela). Instruments de musique pour enchanter ses rêves, bracelets multicolores qu’il vend à 1,5 € pour financer son voyage. Un peu plus loin, une piscine à l’eau chaude et translucide, où je nage le temps de me rafraichir.

Giorgio, en route depuis 12 ans !

Accueils chez les WarmShowers et ailleurs

Vendredi 7 février 2020, j’arrive à Séville (en Colombie, pas en Espagne) ; j’ai l’adresse d’un contact WarmShowers : Raul « de Sevilla » se trouve dans son atelier en train de réparer une moto. De suite, il m’accueille et m’invite à prendre une douche. Après son travail, il m’emmène dans un restaurant manger des pâtes (c’est énergisant pour les cyclistes).

Ensuite à moto, il m’emmène pour un tour de la ville. Tout le monde le connaît. Il a été champion de Colombie de mountain bike. Une piste dédiée à ce sport porte son nom. Il fait aussi du monocycle et du vélo acrobatique. Antoine et Séverine, deux jeunes médecins rencontrés en Patagonie en 2019 et interviewés dans le film réalisé cette année-là sont passés par l’atelier de Raul. 

« Raul de Sevilla » un gars vraiment sympa ! Agé de 60 ans, il a un rêve : que sa fille termine ses études d’architecture pour qu’il puisse arrêter son atelier et partir à vélo vers Guayaquil en Equateur chez son fils. Il a deux petits-enfants qu’il n’a pas encore vus !

En compagnie de Raul de Sevilla, champion de mountain bike

Samedi 8 février, après avoir essuyé plusieurs refus dans les fermes avant d’arriver à Buga, j’avais repéré une maison abandonnée. Tant que le soleil ne s’était pas couché, je cherchais une maison d’accueil.

Juste au dernier essai, Edwin semblait hésiter à me laisser dresser ma tente dans la prairie jouxtant sa maison. Quand sa femme arriva, leurs regards s’étant croisés, la réponse positive est venue : je pouvais rester. Merci madame pour votre « intercession » !

Un peu plus tard, je fus même invité à souper. Le lendemain matin, Edwin se leva à 6h pour me donner un litre de jus de citron congelé, si bienvenu sur la route particulièrement chaude ce jour-là en direction de Cali.

A Cali, deux nuits passées dans un appartement de standing chez Mauricio, situé dans la « sierra de Normandie », un quartier au flanc d’une colline de cette ville de 3 millions d’habitants. La journée a été facile : depuis Buga, ville où affluent les pèlerins à la Basilique « des miracles », ce ne fut qu’une longue descente, de 99 kilomètres.

Pour trouver l’endroit d’accueil, quelques contacts avec les taximen et surtout un jeune qui avec son smartphone m’a indiqué l’itinéraire final. Lors de la dernière montée à 15%, j’ai senti un jeune pousser ma (lourde) monture.

Je dors deux nuits dans un bon lit, cela change de la nuit passée chez le ferrailleur de Tatacoa, j’en garde encore les piqûres souvenirs visibles et « chatouillants » sur mes bras et mes jambes, hérités d’un matelas plutôt douteux. Comme quoi les jours ne se ressemblent pas, même si l’accueil est le même, et bienvenu venant de personnes aux situations sociales bien différentes.

Appartements de la « sierra de Normandia »

Visite de Cali

Lundi 10 février, jour de repos (pour le vélo). En taxi, pour éviter les quartiers sensibles (au vol), je visite cette grande ville en me limitant aux quelques rares quartiers anciens qui ont été sauvés de la rénovation urbaine « modernisante » des décennies passées. Un circuit me fait découvrir divers édifices (églises, palais de justice, maisons anciennes, places, etc.) témoins d’un riche passé colonial.

Ensuite deux marchés, l’un artisanal, l’autre spécialisé en fruits, légumes et fleurs (dont de très belles orchidées). L’après-midi, un taxi un peu poussif m’emmène au sommet d’une colline où en 1953, a été construite une statue colossale. Le Christ-Roi de Cali rappelle le Christ-Rédempteur du Corcovado à Rio de Janeiro au Brésil. Et comme à Rio, le panorama est splendide (l’océan, les plages et les pains de sucre en moins).

De même qu’à Rio, le taximan me déconseille de redescendre à pied et me propose de m’attendre. Et je retrouve l’appartement de Mauricio, grâce à mon sens de l’orientation. Enfourchant mon vélo (sans ses bagages) je repars pour le circuit du matin, éclairé différemment l’après-midi par un soleil rougissant.

Le Christ-Roi de Cali fait penser au Christ-Rédempteur de Rio de Janeiro

La salsa, danse acrobatique époustouflante

A Cali, sur une place jouxtant l’église de l’ermite, une troupe de jeunes répète leur prochain spectacle : époustouflant. La salsa, danse typiquement d’Amérique du sud, pas seulement en Argentine mais aussi en Colombie. Un spectacle à voir absolument un jour dans sa vie !

La Salsa au rythme époustouflant

Les femmes pour la paix

Plusieurs murs de Cali sont couverts de fresques aux sujets les plus variés. Je retiens l’une d’entre elle évoquant la problématique des accords de paix liés au trafic de la drogue et à la guérilla. Pendant des décennies, les FARC (les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) ont marqué l’histoire du pays avec des milliers de morts. L’on se souviendra encore de la longue séquestration (2002-2008) d’Ingrid Betancourt, une députée Franco-Colombienne.

En 2016, un processus de négociations entre gouvernement et mouvements révolutionnaires s’est soldé par des accords de paix, ce qui malheureusement ne fut pas avalisé par le référendum du 2 octobre 2016 à une petite différence de voix près.

Sur la fresque reproduite sur la photo ci-dessous, les femmes réclament qu’enfin la paix soit effective, comme les mères des disparus réclament depuis des années au Chili et en Argentine que justice soit rendue en ce qui concerne les disparus des années sombres des dictatures (Pinochet et Videla). « Exigimos l’implementacion des acuerdos de paz », ce qui signifie : « nous exigeons l’application des accords de paix ».

Malheureusement, la paix est fragile : récemment, en août 2019, une partie des belligérants a rompu ces accords de paix.

La fresque des femmes pour la paix

Contrastes entre appartements de standing et les autres habitations

A quelques centaines de mètres de l’ensemble d’appartements de standing, où j’ai passé deux nuits grâce à Mauricio du réseau WarmShowers, je découvre un autre type d’habitation, celui qui caractérise la grande majorité des quartiers des grandes villes des pays du Sud. Deux mondes juxtaposés, aux différences incroyablement grandes, source de conflits, de tentatives de vols, et d’injustice(s) !

Suite de l’accueil après Cali

Accueil chez Blanca à Santander de Quilichao

Bel accueil aussi ce mardi 11 février chez Blanca qui tient un restaurant végétarien dans cette ville. Le soir après une séance de Yoga, elle réunit quelques amis dont un jeune argentin très sympa qui entre autre, peint des fresques murales. Celui-ci voyage à vélo avec une remorque et un chien ! Le soir, quelques jeunes sont venus partager un repas végétarien. « Nous cuisinons avec amour, pour que nous mangions avec conscience », cela nous devrait nous aider à réfléchir, quand nous choisissons nos menus !

 


Entre Santander de Quilichao et Popayan, de nombreuses côtes dont la plupart montées en poussant le vélo. Après 40 km, en haut de la dernière côte, je décide de demander un endroit pour passer la nuit, le temps pour la dame de comprendre que je ne cherchais pas une tente mais que j’en avais une, j’ai pu organiser mon campement pour la nuit.

Les cinq chiens quant à eux s’en sont donnés à cœur joie pour aboyer à chaque mouvement de ma part. Le matin, lever à 5h30, ils semblaient plus fatigués !

Visite de Popayan, ville coloniale

Elle est surnommée « la ville blanche de Colombie ». Les meilleurs architectes et artisans de l'époque coloniale sont intervenus à Popayán, qui est, avec Carthagène des Indes, l'une des villes les plus importantes de Colombie pour son architecture. 

Depuis la période espagnole, de nombreuses communautés religieuses telles que les jésuites, les dominicains, les franciscains, les carmélites, les rédemptoristes et les Augustins ont fait bâtir à Popayán leurs églises devenus des édifices historiques. Pour qui veut visiter des églises, il y a du choix !

Popoyan mérite bien d’être appelée « la ville blanche »

Route incertaine vers l’Equateur

A peine arrivé à Popayan, je reçois un message d’Alexandra et Valentine qui arrivées à Pasto, ont été informées que du 14 au 17 février, une partie des mouvements révolutionnaires ayant rompu les accords de paix, envisagent de mener des actions de blocage dans certaines régions. Je resterai vigilant, interrogeant les militaires de faction aux bords des grands-routes. Si problème il y a... je leur demanderai de m’héberger quelque part en attendant que cela se calme !

Demain, 14 février, je prends la route du Sud vers Pasto, cela va monter. Voici encore quelques photos diverses dont certaines avec un commentaire parfois interrogateur...

Cet arbre de Santander de Quilichao est le taman le plus grand de Colombie

Camion tirant 4 remorques (parfois il y en 5) de récolte de canne à sucre

Dans le champ de caféiers, un homme au travail

Apprentissage attentif du smartphone, dès le plus jeune âge !

Alors que l'attente d'un moyen de transport est longue pour les parents,
l'enfant s'est endormi, rassuré par le sein maternel !

Petit lexique à l’attention de celles et ceux qui ne maitrisent pas l’anglais.

Un de mes amis lecteurs, Jean-Hubert, écrivain à ses heures (essentiellement chroniques familiales), me fait part qu’il ne maîtrise pas bien la signification de certains termes anglais qui s’immiscent de plus en plus dans notre belle langue française, et que j’utilise malgré tout :

WarmShowers : réseau d’accueil international réciproque par lequel les personnes inscrites s’engagent à offrir au moins une douche chaude à un.e cycliste longue distance après une longue étape ; en principe chaude mais aussi bienvenue s’il est froide quand la température est élevée (exemple en Colombie) ! Réseau présent dans des dizaines de pays des 5 continents, représentant environ 68.000 membres de par le monde selon le Net !

Couchsurfing : un autre terme anglais pour parler de la même chose que Warmshowers mais pour des gens n’ayant pas de vélo pour se déplacer.

Whatsapp : réseau de communication de plus en plus prisé car gratuit, en fait c’est nous qui le finançons via la publicité de tous ces objets (utiles et inutiles) que nous achetons via le net (Internet), en nous passant du travail de ceux et celles qui, par leur commerce « classique » ont de la peine à concurrencer ce nouveau mode de relations, la « relation humaine » en moins !

Backpackers : se dit de celles et ceux, jeunes souvent et moins jeunes parfois (ils l’étaient en 1968 !), voyageant longtemps (plusieurs semaines, mois, voire des années) d’une façon alternative (stop, bus, etc.), avec peu de moyens, et repérables car munis d’un « sac à dos » (et non d’une valise), pas toujours de premère fraîcheur (c’est normal, car le parcours a été long)!

Mountain bike : je suppose que vous comprenez qu’il s’agit de « vélo de montagne », en tout cas, Raul de Sevilla sait ce que cela veut dire !

samedi 8 février 2020

Transandine 2020 : de Medellin à Armenia


Dans le désert colombien de Tatacoa… ne pas oublier d'emporter de l'eau !

Dernière vue sur Medellin

Mercredi 29 janvier 2020, la visite du centre « historique » de Medellin m’a permis de découvrir quelques églises ainsi que des parcs toujours bienvenus par cette chaleur. La cathédrale a ceci de particulier qu’elle est entièrement construite en briques et vu son ampleur, a demandé la fabrication d’un nombre impressionnant de briques… et du travail ! Cela me rappelle je ne sais plus quel stupa bouddhique au Sri Lanka qui a lui aussi nécessité la cuisson de millions de briques.

Dans un des parcs, se dresse la statue équestre de Simon Bolivar qui compte à son actif l’indépendance du Venezuela, de l’Equateur, de La Bolivie (qui porte son nom) et de la Colombie. Celle-ci englobait l’actuel Panama mais les intérêts franco-anglais (et étatsuniens) pour la construction d’un canal reliant les océans Atlantique et Pacifique, mettant fin au trafic des Cap-horniers qui passaient non loin de Ushuaïa (vous voyez où cela se trouve depuis l’an passé !), entraina la scission des deux pays. De nouveau… intérêts transnationaux oblige !

Des milliers… millions (?) de briques pour la cathédrale de Medellin

Ensuite, j’ai pris un peu de hauteur grâce au métro aérien (téléférique) qui relie certaines stations de la vallée et les points culminants de Medellin. C’est le meilleur point de vue pour se rendre compte de l’ampleur des innombrables quartiers pauvres de cette très grande ville. Vues du ciel, ces habitations semblent se ressembler avec leur toit de tôles rouillées. Huit dixièmes de la ville semble être constitués de ce type d’habitations. Soit autant de personnes qui vivent vraisemblablement de petits boulots (économie informelle).

Son épaule porte tout son magasin (informel) de lunettes de soleil

Traversée épique de Medellin à vélo

Durant une vingtaine de km, j’ai bravé à vélo un trafic dingue via une voie rapide passant en plein milieu de Medellin, direction plein Sud. Mon écarteur (50 cm) arborant un drapeau jaune et un drapeau tricolore noir, jaune, rouge, a été très efficace, les conducteurs des innombrables bus, camions et voitures étant forcés de respecter ainsi ce véhicule peu commun mais bien visible. Seul un motocycliste en voulant éviter le dit écarteur, a donné un coup de guidon au dernier moment, désarçonnant le frigo-boxe qu’il transportait.

Un peu plus loin, il y avait un attroupement pour ramasser le contenu de celui-ci qui avait fini par valser à terre. Mais j’ai pris garde de m’arrêter, de crainte d’être tamponné ! Arrivé de l’autre côté de la ville et entré juste à temps dans un restaurant pour prendre un repas, j’ai de cette façon évité une pluie torrentielle. Il semblerait que les pluies de mars arrivent un mois en avance cette année. Bon, cela rafraîchit l’atmosphère !

Le soir, j’ai logé dans un petit hôtel en négociant le prix et en obtenant une réduction de 30%, simplement en disant à la réceptionniste que la veille j’avais payé beaucoup moins. Comme quoi dans les pays du Sud, tout se négocie !

Une journée marquée par une longue côte, une très longue descente et une belle rencontre.

Ce jeudi 30 janvier, la longue côte de 11km à du 11% pour sortir de la vallée de Medellin, m’a obligé souvent à mettre pied à terre et à pousser le vélo. Ce n’est qu’à 13h que je suis arrivé au sommet, me payant un bon poulet-frites dans un restaurant au personnel vraiment très gentil. La récompense après la dure montée : de l’autre côté, une descente de 40 km parcourue en partie avec un charmant couple de cyclotouristes,

Annina, étasunienne et Ernesto, mexicain, partis il y a un an à vélo de Californie en direction du Brésil en passant par Cuba et les pays d’Amérique Centrale. Dans la descente, nous avons parfois dépassé des camions à une vitesse de plus de 50 km/h. Pas de problème avec les freins hydrauliques Magura dont mon vélo est équipé et qui est mon fidèle coursier depuis plus de 43.000 km !

Et le revêtement routier est impeccable ! Pour financer cela, il y a un péage tous les 45 km et tous les véhicules doivent débourser… sauf les deux roues ! Je ne comprends pas qu’en Belgique, on décide depuis plus de 60 ans de ne pas décider de faire payer aux usagers (sauf pour les camions depuis peu) l’entretien des routes.

En compagnie d’Annina et d’Ernesto et de leur sourire

Ce vendredi déjà dernier jour de janvier, j’ai terminé une journée facile de 55 km par un hébergement dans une ferme de 900 têtes de bétail. Un accueil vraiment chaleureux avec un verre de jus frais dès l’arrivée, un petit tour à cheval (pour la photo) et un souper fromager. Ce soir, j’écris mes mémoires en écoutant de la (belle) musique colombienne, émise par les filles du fermier, juste au dessus de l’endroit où je dors. Le matin vers 7h, j’ai salué les 17 ouvriers partant entretenir cette très grande ferme.

A cheval

La ferme de l’accueil (le propriétaire, habitant Medellin est d’accord)

Hébergement à Chinchina chez Hernando…
comme Sueli en 2017 (remarque : il me faudrait un coiffeur-barbier !)

Il est des changements d’itinéraire qui vous font épargner pas mal de sueur. Au lieu de passer par la ville de Manizales, perchée à plus de 2.400 m d’altitude, je suis allé directement à Chinchina (1.800 m) grâce aux renseignements glanés auprès des policiers (toujours très aimables) et des routiers.

Dans cette ville, chef-lieu du célèbre café colombien, j’ai été hébergé, grâce au réseau d’accueil des Warmshowers réservé aux cyclistes et dont avait bénéficié ma fille Sueli en 2017 lors de son tour du monde « en bicy ». Hernando, même s’il était absent, m’a permis de passer la nuit dans son petit appartement. De nombreux cyclo-randonneurs intercontinentaux sont passés par là. Témoins les messages de sympathie laissés au mur et dont je vous reproduis un ci-dessous. Et encore « On ne vit qu’une fois, mais en voyageant (à vélo bien sûr), on vit deux fois !»

Ce dimanche 2 février 2020, parti dès 5h du matin en bus, j’ai visité la grande ville de Manizales. J’ai été fort impressionné par le nombre de quartiers entre les différentes collines et comme à Medellin, j’ai visionné cela depuis le téléphérique. En taxi, je me suis rendu au départ d’une randonnée menant au « cerro de oro ».

Ce dimanche matin, alors que certaines rues de la ville sont comme à Quito réservée aux vélos (« ciclovia »), des dizaines de vététistes (dont beaucoup de femmes) grimpent ce qui correspond en dénivelé au moins à dix fois la citadelle de Namur. Au retour, un gentil couple de retraités m’a offert une place dans leur petite voiture. Sympas !

Vététistes courageux.ses

Transport débordant

Les Andes fleuries

De la forêt à l’hôtel grâce aux Warmshowers

Les cyclistes qui parcourent le monde et qui s’engagent à offrir chez eux au moins une douche et un lieu de logement (cela peut être la pelouse du jardin pour qu’ils puissent dresser la tente) à ceux qui le demandent, peuvent bénéficier du même accueil, via le réseau international des Warmshowers, dont je vous ai déjà parlé.

Ce lundi 3 février, suite à trois refus d’accueil dans des fermes, je me résous à bivouaquer dans un bout de forêt jouxtant la route. A l’abri du regard, je m’endors d’abord dans mon hamac et ensuite dans mon sac de couchage. L’un des arbres auxquels j’avais accroché mon hamac s’était penché un peu trop, je me suis retrouvé à terre...

Mais en arrivant à Armenia, une très grande ville, en envoyant trois messages, j’ai reçu une réponse rapide de Juan Manuel qui possède un hôtel et qui pratiquant le vélo (longue distance) accueille gratuitement les membres de Warmshowers. C’est terrible le contraste entre la forêt (illuminée la nuit par des vers luisants) et la chambre d’hôtel avec une toilette sur laquelle il est marqué : désinfecté.


Une randonnée dans le désert de Tatacoa

Les « frites en selle », Alexandra et Valentine, les deux filles belges rencontrées en 2019 sur la Carretera Austral au Chili, ont remis le couvert à vélo… en Colombie également. Par Whatsapp, elles m’annoncent qu’elles ont traversé à vélo le désert de Tatacoa. C’est ce qui me décide à tenter également l’aventure. Mais je laisse vélo et bagages à l’hôtel à Arménia, puisque je reviendrai ici pour poursuivre ma route vers Cali et Quito. Deux jours en bus pour un total de plus de 500 km et 13 heures… assis !

 


Les cactus donnent parfois de très belles fleurs

A Villavieja, le village aux portes du désert de Tatacoa, j’ai loué un vélo pour me rendre au désert rouge. Le premier vélo, à l’essai n’a pas fait long feu ; après 10 mètres j’avais déjà perdu une pédale. Comme vous le verrez sur les photos, vous admirerez les belles couleurs de ces éléments géologiques particuliers surtout au coucher du soleil

La nuit, je l’ai passée à côté du local de la police, chez le loueur de vélos, un récupérateur qui a proposé gratuitement son atelier pour notre repos. En compagnie d’un couple de Français, backpackers en Amérique du sud depuis trois ans. Sympa, le gars : au petit matin, un œuf cuit dur avant de prendre la route !


Non loin de Villavieja, à Aipe, il y a un site préhistorique avec un rocher peint par des humains habitant la région il y a très longtemps, bien avant les conquistadors.

Entre les deux sites, la rivière Magdalena que je retrouve non loin de sa source, à plusieurs centaines de km de l’endroit où le plus long fleuve colombien se jette dans la mer des Antilles.

Je prends la route ce vendredi matin 7 février 2020 en direction de Cali. A la prochaine !

Et encore quelques photos

Génial comme fondations de la maison : des pneus récupérés

Dans la forêt… on n'est jamais seul !

Passagers débordants

 
Les caféiers de Chinchina
 
L'uniforme scolaire est de mise

Transandine 2020 : de Santa Marta à Medellin

Vous avez été nombreux à répondre à mon message vous contant mon voyage de Carthagène des Indes à Santa Marta. Concernant mes propos concernant la colonisation, notamment en Afrique, il est clair que l’émission évoquée n’en a pas rappelé les effets positifs. Par exemple, avant 1960, il est évident que hôpitaux, écoles et routes étaient dans un meilleur état alors que depuis l’indépendance. Je rappelle simplement que le propos de l’émission sur Arte était de retracer l’historique des « décolonisations » dans les continents du Sud et surtout des raisons qui ont poussé des hommes et des femmes à se libérer du joug des puissances coloniales. Avec des avancées positives certainement selon les pays mais aussi avec beaucoup de souffrances, d’injustices, de guerres souvent inutiles, de scandales et de corruption qui continuent à marquer ces pays… comme chez nous également. Pour en parler, il faudrait encore certainement beaucoup d’heures d’émission.

Revenons à mon voyage vers le Sud. La chaleur est toujours aussi élevée : tous les jours plus de 40 degrés, cela me rappelle les pics de chaleur en Belgique de juin, juillet, août 2019. La première nuit, je me suis installé dans un passage souterrain sous la route nationale… choisie par des centaines de camions, bus et voitures. Pas de tranquillité avec seulement une petite pause entre 3 et 5 heures du matin. Le matin, je me suis rafraîchi dans une petite rivière à l’eau limpide. Quel bonheur !

Aussi ce vendredi 17 janvier 2020, je me suis payé un petit hôtel avec douche et ventilateur. Les « hôtesses » d’accueil âgée de 10-12 ans ont communiqué avec moi en Français via un traducteur de Google pendant que le gérant ne décollait pas de son fauteuil (voir photo) pour répondre à mes questions. La jeunesse a sans doute plus d’avenir à mon avis !

De ferme en ferme

Depuis quelques jours, j’ai de la chance lorsque je demande l’hospitalité. Généralement, cela marche à la deuxième ou à la troisième demande. Pour plus de facilités, je me suis acheté un hamac, ce qui me permet de dormir à un endroit de la ferme où il est possible de l’accrocher. Car dans la tente, ce ne serait pas possible de dormir vu la chaleur qui se fait sentir jusque tard dans la nuit.

La première fois, le propriétaire m’a laissé seul car il ne dormait pas là. La seconde fois, le couple m’a offert des pomelos (sorte de pamplemousse) et du chocolat chaud avec des petits pains. Chaque jour, à midi, je mange du poulet accompagné de frites (dans un resto au bord de la route). Je n’ai pas encore trouvé de bonbonne de gaz (Primus ou Coleman) pour mon réchaud.

Levé à 5h, je démarre à 6h, juste au moment où le jour se lève, ce qui me permet de pédaler lors des heures « fraîches » de la journée. A partir de midi, cela devient très dur à cause de la chaleur.

Dans une ferme, un des fils revenu pour le weekend, travaille pour une société d’exportation. Il m’a expliqué que la Colombie a d’énormes réserves de charbon, convoitées par des sociétés essentiellement étatsuniennes et suisses. Le charbon est exporté vers des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche, et même en Chine. Une façon de suppléer à l’énergie des centrales atomiques en voie de disparition par des minerais venant d’Amérique du Sud… le système « colonial » continue.

En Allemagne, le charbon remplace le nucléaire ; en Belgique, normalement le nucléaire devrait petit à petit voir ses dernières années de vie, si un jour nous avons un gouvernement fédéral et si celui-ci parvient à fermer les centrales en 2025, 2030, … ? Quant aux Chinois, l’Afrique ne leur suffit pas pour chercher à satisfaire leurs énormes besoins énergétiques, il est vrai d’une population débordante.

Quant je suis passé sur un pont surplombant la ligne de chemin de fer allant approvisionner en charbon les wagons à destination du port de Santa Marta, ce sont des centaines de wagons qui ont défilé sous mes yeux. Comme les centaines de camions qui me dépassent ou me croisent chaque jour, transportant un tas de produits de plus en plus nécessaires à notre société (chez nous, en Chine ou ici aussi en Colombie) de plus en plus consumériste…des produits dont nous ne parvenons plus à nous passer. Tout comme nos yeux restant de plus en plus rivés sur ces petits écrans tant attractifs que sont les smartphones ! Même si ceux-ci peuvent être parfois utiles pour communiquer ou chercher quelque chose d’introuvable.

Mais revenons aux petits gestes qui me rafraîchissent la vie ici comme un jour lorsque deux policières à moto m’ont offert des morceaux de pastèques… hyper fraiches ! Par cette chaleur, cela ne se refuse pas ! Avec en plus pour le même prix le sourire, j’allais dire de la crémière… mais non des policières ! Un peu plus loin, ce sont des ouvriers chargés d’asphalter les routes (« quel métier par cette chaleur ») qui m’ont offert une limonade et une « aguaçita » hyper gelée qu’ils tiennent en réserve dans de grands frigoboxes.

Ce mercredi 22 janvier 2020, je profite d’un orage pour mettre à jour mes notes de voyages. La pluie d’orage abondante me retient dans un garage où je suis bien à l’abri. La nuit passée, j’ai été accueilli par un couple, Elisabeth et son mari dans leur petite maison située dans une plantation de palmiers à huile. Ils ont été très réticents à m’accueillir pour la nuit car ils craignaient que le propriétaire n’arrive. Celui-ci comme beaucoup de grands propriétaires « n’aiment pas les étrangers », ignorants sans doutes qu’ils sont eux-mêmes, dans un passé lointain peut-être, descendants d’étrangers venus conquérir le « nouveau monde ».

Quoiqu’il en soit, mes hôtes ont caché mon vélo et m’ont invité à dormir dans une chambre et non pas à vue dans un hamac sous l’auvent. Et puis, il y a aussi le risque de voleurs qui peuvent débarquer à toute heure de la nuit, à moto cagoulés et armés comme ceux qui sont venus voler la maman de celui qui m’accueillait ce soir-là. D’où ces précautions… !

Elisabeth et son mari m'ont accueilli au risque de déplaire au propriétaire de leur ferme

Ce jeudi 23 janvier 2020, par trois fois, j’ai croisé des réfugiés Vénézuéliens ; ils marchent en famille parfois avec des enfants le long de la grand-route, ne sachant pas exactement où aller, avec une valise, un couchage, un peu d’eau, un peu de vivres. Selon le mari d’Elisabeth, certains parviennent à se débrouiller et en quelque temps ouvrent une échoppe au bord de la route.

Certains voudraient bien prendre la place des Colombiens qui trouvent un emploi (de ce que l’on appelle l’économie informelle) en tentant au beau milieu de la route, surtout aux péages, de vendre quelques boissons ou un peu de nourriture aux camionneurs qui ne prennent guère de temps de s’arrêter, laissant cependant derrière eux quelques « noires » bouffées de pollution.

Cette famille a parcouru à pied la distance Venezuela - Pérou - Colombie
soit des milliers de km

Mais la cordillère arrive, la montagne est là et il fait plus frais.

A partir du 26 janvier, j’ai quitté la plaine où coule le fleuve majestueux qu’est la Magdalena et où j’ai parcouru plus de 700 km depuis Santa Marta. Et oui comme le mot l’indique, je suis venu retrouver les Andes. Medellin est en vue mais le rythme journalier diminue d’autant plus que lorsque la pente se relève, je suis obligé de descendre de vélo et de pousser, parfois sous un soleil tapant, celui qui porte mes bagages. Et comme j’en ai trop, surtout des vêtements en prévision du froid et de la pluie, ayant toujours en mémoire les conditions difficiles de Patagonie (2018, 2019) et des Andes péruviennes et boliviennes (2009) et chiliennes (2013).

Ce lundi 27 janvier, en quittant la petite ville de Cisneros où il y a encore le vestige d’une locomotive à vapeur d’une autre époque, un ouvrier des routes m’a donné un peu d’eau fraîche, me souhaitant bon courage pour les 8 km d’une montée que j’ai parcourue en deux heures !

Comme accueil le soir, il est toujours aussi bon avec certains soirs, un repas offert avec du riz et des petits poissons péchés dans l’étang voisin et fris. Parfois les parents cherchent à savoir le but de mon voyage et comment l’on vit en Belgique. Pour la plupart, ils ont peine à s’imaginer qu’il faut traverser un océan pour venir chez eux. Cela n’empêche pas leur amitié de transcender les frontières.

La famille d'accueil tout sourire !

Bien arrivé à Medellin

Ce mardi 28 janvier, la route était moins accidentée que les deux jours précédents. Plusieurs cyclistes m’ont dépassé. Francisco s’est arrêté, m’a donné un peu de ravitaillement ; nous avons échangé sur le cyclisme qui se développe pas mal en Colombie, même s’il estime que le gouvernement n’apporte pas assez d’appui.

Résultats probants : les prestations des coureurs colombiens en Europe dans les grands tours : Nairo Quintana (Italie, Espagne) et l’an passé sur le tour de France le tout jeune Egan Bernal. En arrivant dans la banlieue de Medellin, un jeune cycliste m’a renseigné un hôtel situé tout près du terminal du métro. Génial, en 15 minutes, j’ai voyagé en métro jusqu’au centre de Medellin.

Ce mardi après-midi et demain mercredi au matin, je visite le centre ville. Pas terrible, je ne vais pas m’attarder ici d’autant plus que le long parcours accidenté de la route transandine m’attend avec ses difficultés (encore 1.300 km après les 1.100 déjà parcourus en partie sur le plat).

Comme dans la plupart des grandes villes latinoaméricaines, les familles pauvres s'entassent dans des bidonvilles

Conférence du Conseil Episcopal Latino-américain (Medellin 1967)

Pour les initiés s’intéressant à la théologie de la libération, Medellin occupe une place très importante. Alors que dans la foulée du Concile Vatican (1962-1965), quelques évêques dont Mgr Himmer (de Tournai) et Helder Camara (archevêque d’Olinda et Recife au Brésil), s’étaient jurés, par le « pacte des catacombes » de pousser l’Eglise catholique vers les plus démunis, la plupart des évêques latino-américains s’engageaient résolument pour « l’option préférentielle pour les pauvres », ce qui allait devenir la base de la controversée théologie de la libération.

Paul VI en visite en Colombie en 1967 appuya cette théologie qui en était à ses premiers essais avec le théologien péruvien Gutierrez, les frères brésiliens Boff et d’autres encore. Ses successeurs Jean-Paul II et Benoit XVI donnèrent chacun un fameux coup de frein à cette théologie libératrice et il fallu attendre François (le premier pape latino-américain) pour réhabiliter Gutierrez et compagnie et redonner un peu d’espoir à celles et ceux qui dans ce vaste continent, luttent à côté et avec les pauvres.

Après ce petit rappel historique qui fera certainement plaisir à mon ami jambois Jacques Briard, je joins quelques photos et commentaires de ce voyage en terre Andine qui n’est pas de tout repos mais qui me refait découvrir de très beaux paysages de montagne très verts. Je crois me retrouver en mai 2009 dans les Andes équatoriennes.

Dans un bon mois, je serai de retour à Quito.

Non pas du Far-West, je suis colombien !


Au train où vont les réparations, je préfère mon vélo pour arriver au bout de la traversée des Andes !

Sous la pluie battante, cette tortue voulait traverser la route, je l'ai replacée dans l'herbe du champ voisin

Les réfugiés n'ont pas perdu leur sourire

Au marché de Medellin

Les beaux poissons du marché de Medellin

Une zone 30 intelligente : la limitation est d'application quand il y a des élèves

vendredi 17 janvier 2020

Transandine 2020 : Cartagena vers Santa Marta

Arrivée à Carthagène des Indes

Le voyage via Amsterdam et Bogota s’est bien passé malgré un départ quelque peu mouvementé. En cause, quelques effets à retirer d’un bagage pesant 24,60 kg au lieu de 23,00 kg permis. De même le vélo pesait 25 kg au lieu de 23 kg mais la dame à la réception (KLM) m’a fait une fleur pour le vélo, car sinon je devais payer deux fois 100 euros de surtaxe. Comme elle ne m’en offrait pas deux, du bagage pesant 24,6 kg, j’ai retiré quelques effets emmenés en cabine. Car c’eut été un peu cher pour du chocolat. même si c’est du belge ! Mais pour cela il a fallu enlever tous les nœuds et reconditionner le bagage. soit une demi-heure de travail et d’énervement. A l’avenir, je saurai que je n’ai aucune marge, même pas un kg, surtout chez nos voisins du Nord !

A Schiphol, aéroport d’Amsterdam, entre deux avions, je reçois des courriels de mon cousin Hubert et d’amis Français qui me disent avoir trouvé des points d’accueil le long de la cordillère des Andes me conduisant à Quito en Equateur et notamment à Medellin. Bref après quelques gouttes de sueur provoquées par le surpoids des bagages, le voyage semble bien commencer.

La veille du départ, après avoir regardé les émissions sur ARTE ayant comme thème « les décolonisations », je me suis remis en mémoire tous les problèmes causés en Afrique et en Asie, dont une bonne partie sont imputables aux puissances colonisatrices européennes : Angleterre, France, Allemagne. et Belgique en commençant – pour ce pays qui nous concerne - par le temps où le Congo était propriété du Roi Léopold II.

Les colonisateurs prétendaient amener dans les nouveaux continents les bienfaits de la « civilisation » européenne. Une façon d’occulter les intérêts réels recherchés en Afrique, Asie et Amériques : or, argent, minerais stratégiques : l’uranium congolais pour la fabrication, il y a 75 ans des bombes d’Hiroshima et Nagasaki, etc. Maintenant le coltan et autres ingrédients (comme le lithium du Salar d’Uyuni en Bolivie qui vaut bien la destitution du premier président indien) nécessaires aux batteries des voitures électriques, sensées alléger dans le futur le poids de la pollution et réduire le réchauffement climatique). Ouie... dans quel genre de questions embêtantes, je vous emmène encore diraient certains?

En arrivant en Colombie, j’appréhendais le fait de me retrouver dans le continent où un nombre impressionnant de « migrants non volontaires » ont fait l’objet durant des siècles du trafic le plus éhonté de l’histoire humaine : l’esclavage. Dès le premier jour, dès 7 heures du matin, j’ai croisé les descendants de ces esclaves, puisqu’ils (elles plutôt) se sont levé.e.s tôt pour préparer les fruits qu’ils vendront aux touristes venus visiter un des ports par lesquels ces « migrants » découvrirent le nouveau monde... Mais ce n’était nullement un voyage d’agrément.

Personne ne peut les louper avec leurs grandes robes multicolores (voir photo). Cela fait bien dans le décor de ces très belles maisons coloniales. Il est vrai que Carthagène des Indes est magnifique ! 

Un devoir de mémoire

Dans cet ordre d’idées, voici pour notre réflexion la traduction (en Français) du texte très intéressant affiché à l’espace mémoriel de la ville de Carthagène, sur un mur des énormes murailles du fort, construit par les Espagnols (encore eux) comme dans les autres pays où ils ont perpétré un tas de méfaits (Cuba, Pérou, etc.)

« La carte que vous voyez montre comment historiquement se déplaça la population « nègre » vers Carthagène des Indes. Mettre ses pas dans ceux que ces êtres humains ont parcourus pour entendre leur mémoire douloureuse de résistance et de soif de liberté. C’est une manière de sensibiliser ceux qui visitent cette ville avec un regard historique en vue de restituer la vérité. C’est aussi une façon de reconnaître l’importance des valeurs culturelles actuelles des peuples afro-descendants dans la construction de l’identité du territoire de ce pays. C’est un compromis éthique dans cette lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les formes connexes d’intolérance. »

Ce texte est proposé aux milliers de touristes qui visitent Carthagène des Indes que l’on pourrait rebaptiser  « Carthagène des Afriques », puisque la plupart des noirs réduits à l’esclavage venaient de plusieurs régions d’Afrique noire. Un texte à proposer à la méditation de celles et ceux qui ne sont pas convaincus de l’importance de travailler la question du racisme. Au vu où les choses évoluent dans plusieurs pays d’Europe (dont le nôtre) et d’ailleurs, il y a encore beaucoup de travail !

La belle ville coloniale de Carthagène des Indes

En route vers l’Est vers Santa Marta

Après avoir visité Carthagène des Indes, je me suis mis en route vers Santa Marta, située eu Nord-est de mon point de débarquement. Après une première nuit à la belle étoile à l’abri d’un passage souterrain réservé pour les vaches sous la voie rapide, j’ai pris le temps de me baigner dans l’eau chaude de la mer des Antilles (« Non, Théo, animateur à RCF ; ce n’est pas le Pacifique, ni la mer des Caraïbes »).

Le soir du deuxième jour, j’ai eu la chance de bénéficier de l’hospitalité d’un jeune couple, Miguel et Kelly qui gardent le troupeau de 100 vaches d’un propriétaire du coin. Une chambre pour moi, les enfants étant momentanément chez les grands-parents car la petite maison ne dispose pas pour l’instant d’électricité.

Un bon café colombien, du riz avec des haricots et au petit matin, des pâtes avec des œufs (ils ont aussi des poules). La proximité de la mer m’a permis d’y aller plonger au crépuscule et au petit matin, une belle balade avec mes hôtes sur une magnifique plage déserte « accueillant » malheureusement d’innombrables déchets plastiques et autres rejetés par les bateaux. 

Miguel et Kelly m'ont accueilli dans leur maison sans électricité.

Dimanche 12 janvier, la longue route vers Barranquilla fut étouffante surtout en fin d’après-midi. N’ayant pas trouvé le centre, je me suis retrouvé sur la route de Santa Marta. Au restaurant où je me régalais d’un bon poulet-frites agrémenté de ketchup, j’ai fait la connaissance d’une jeune fille chargée du nettoyage. Nathalia est toute jeune et fait partie de ces milliers de migrants venant du Venezuela voisin, en proie avec une crise sans précédent, au bord de la banqueroute, alors qu’il y a 50 ans, c’était un des pays les plus riches et développés de l’Amérique « Latine », grâce notamment au pétrole. Des innombrables migrants ayant quitté le Venezuela vers d’autres pays, un million sont arrivés en Colombie !

Nathalia, migrante vénézuélienne. comme des millions d'autres en Amérique

Alors que la nuit était déjà tombée, j’ai franchi l’immense pont menant vers l’Est, très élevé pour permettre le passage des immenses bateaux du Rio Magdalena (rappelez-vous le récent reportage d’une chaine française « au bout du fleuve, il y a la mer »). De l’autre côté, j’ai cherché à m’éloigner des innombrables échoppes marchandes, vendant un tas de gadgets, le tout accompagné d’une musique plus qu’assourdissante.. portant à des km (ouie ouie... si Julos entendais ça !).

Sept km après la sortie de la ville, après avoir demandé pour pouvoir planter ma tente dans le jardin, la troisième fois fut la bonne. Je fus invité à dormir à même le sol, dans une chambre inoccupée d’une maison attenante à celle d’une famille nombreuse. Pour la toilette, le tonneau d’eau et un récipient en plastique très efficace et surtout bien venu par cette chaleur. Et oui, ce n’est plus la Patagonie, plus de froid, plus de pluie (dans la région, ils ont connu 5 années de suite sans pluie)... et plus de vent violent.

Mais une chaleur terrible surtout l’après-midi à un point tel que je me suis déjà demandé plusieurs fois « pourquoi suis-je venu dans cette galère ?». Mais je me ressaisis et je regarde la carte. Medellin et Quito sont encore loin. Pour l’instant au bord de la mer, l’altitude n’est guère élevée. A partir de Medellin et surtout de Cali jusque Quito en Equateur, ce sera autre chose.

Le pont au-dessus du fleuve Magdalena

Encore une belle nuit d’accueil... sans rien demander !

Ce lundi 13 janvier, vers 16h30, 15 km avant d’arriver à Santa Marta, je me fais dépasser par un cycliste sexagénaire. En haut d’une montée, il m’attend... et m’invite à passer la nuit chez lui, au 9ème étage d’un bâtiment construit au bord d’une des plus belles plages de Colombie. Je ne m’attendais pas à cela, moi qui me demandais dans quel camping ou chez quelles personnes j’allais passer la nuit.

Et pourtant cette fois-ci, je n’ai rien demandé. Climaco, c’est son prénom (il a travaillé notamment en Equateur, au Venezuela et en Colombie dans « le pétrole ») me dit « A une bonne personne, il ne peut arriver rien d’autre que du bon ».

Climaco m’explique qu’il loue un appartement au 9ème étage d’un bâtiment qui en compte 14. Les ascenseurs ont disparu, ainsi que les fenêtres, les câblages électriques, les conduites d’eau et la robinetterie. Construit il y a 20 ans, il appartenait à la mafia des narcotrafiquants et fut récemment vendu à l’Etat. Chaque jour une pompe pousse l’eau pour les besoins élémentaires des locataires. Donc pas de douche mais un bon repas préparé par mon hôte ; lequel attend sa pension pour migrer vers Zurich !

Visite du parc National Naturel de Tayrona

Avec Climaco, juchés sur sa moto, nous slalomons entre bus, camions et voitures qui se rendent à Santa Clara. Nous montons encore plus au Nord vers l’entrée d’un des parcs nationaux les plus importants de Colombie : celui de Tayrona du nom de la rivière qui le traverse.. Arrivés très tôt, nous évitons la longue file des visiteurs... limités à 1.800 par jour, comme au Machu Pichu au Pérou. Nous commençons par une boucle via un mirador nous permettant de prendre de la hauteur pour admirer les paysages (voir photo)

Ce sera ensuite les plages, les plus belles les unes que les autres et comme le disent tous les responsables touristiques de tous les pays : « ce sont les plus belles plages du monde ! ». Il est vrai qu’il n’y a aucun building comme au bord de tant de plages bétonnées, voir privatisées dans de nombreux pays. De plus les restaurants et autres boutiques se cachent sous des toits de paille.

Les normes fixées pour ce parc national sont très stricts. A midi, nous dégustons un délicieux poisson et des pâtres aux crevettes pêchées dans la mer des Antilles. Une journée de repos sur la plage quoique, aves les trois heures de marche totalisant un bon dénivelé, demain, les jambes auront mal pour faire faire tourner les pédales du vélo !

Un tout grand merci à Climaco qui m’a ouvert son appartement ; selon lui, c’est ainsi que les Colombiens accueillent les visiteurs étrangers. C’est bon à savoir et j’ai bien fait de venir !

Le prochain message vous parviendra de la route de la Transandina 2020 vers le Sud-ouest, vraisemblablement à Medellin ; ce sera entre 10 et 15 jours, le temps de parcourir les 800 km qui séparent cette ville de Santa Clara où je démarre ce jeudi 16 janvier 2029 au matin.

Amitiés, Léon Tillieux

Ce cycliste voyage avec son chien. mais "on" leur a volé la tente.

 

sourire et inquiétude

Le filet tant de fois relancé pour une prise dérisoire

jeudi 2 janvier 2020

Transandine 2020 : le dernier chainon manquant de l’Amérique du Sud

Chers amis et amies,

Vous vous rappelez que de 2009 à 2019, en quatre voyages, j’ai traversé les Andes depuis l’équateur (Quito) jusqu’au bout de la Terre de Feu (Ushuaïa en Argentine). Il me reste quelque 2.000 km à parcourir pour compléter la traversée de l’Amérique du Sud du Nord au Sud : en partant de Cartagena en Colombie sur la côte des Caraïbes pour rejoindre Quito, le point de départ de 2009. Plus de 16.000 kms auront été parcourus avec ce vélo.


Photos prises en 2009 et en 2019

Je m’embarque le 9 janvier 2020 à destination de Cartagena et reviendrai le 11 mars depuis Quito en Equateur. Je serai à nouveau accompagné de mon fidèle destrier à qui l’on a monté deux nouvelles roues ; je garde dans mon appartement les deux premières roues qui m’ont supporté durant 42.000 kms sans broncher, sans casse avec tout au plus une dizaine de crevaisons.

Durant ces deux mois, je vous enverrai des messages comme je l’ai fait par le passé, messages qui seront repris sur ce site. J’espère de cette façon rester en contact avec vous, vous faisant part de la réalisation progressive d’un rêve qui date de 2008.

Contacts avec les Colombiens et les Equatoriens, découvertes des belles couleurs et paysages Andins en Colombie et au bout du voyage retourner en Amazonie équatorienne, retrouver ma petite cousine franco-équatorienne, Amélie Leman, laquelle disait avec sa belle voix chantante, dans le film réalisé en 2009 : « Léon, tu reviens, quand tu veux » ! Si je veux, je crois que je pourrai… avec l’aide de mes jambes (elles ont dix ans de plus), de ma volonté et de mon courage bien sûr mais aussi pourquoi pas grâce à vos encouragements lointains.

Ce 19 décembre, je viens de recevoir un gentil courriel d'Amélie me disant que sa famille m'attend début mars 2020.

Les films de mes voyages à vélo sur Youtube

Mon ami Luc (du GRACQ) a commencé à mettre tous les films de mes voyages à vélo, réalisés avec la collaboration de Michel et Philippe de Ville, grâce au lien suivant :

Vous pourrez ainsi revivre mes voyages en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique !

Partenariat avec « Entraide et Fraternité »

Si vous souhaitez soutenir et parrainer l’ONG « Entraide et Fraternité » via l’opération « Solidarity Bike » qui soutient plus précisément le projet de l’organisation LAFCCOD aux Philippines, voici quelques renseignements.

La mission de LAFCCOD est d’appuyer les petites communautés de pêcheurs des provinces de Zamboanga del Sur et de Lanao del Norte dans la gestion des écosystèmes marins et côtiers, leur émancipation y inclus celle des femmes musulmanes, chrétiennes et indigènes, ainsi que de promouvoir le respect mutuel des trois peuples et une paix durable. Pour en savoir plus, voici le lien : https://www.entraide.be/LAFCCOD

Votre don est bienvenu au compte BE68 0000 0000 3434 avec la mention « LAFCCOD Philippines Solidarity Bike Léon Tillieux » ; merci de me faire savoir si vous parrainez ce projet.

Que Noël qui approche à grands pas ainsi que les premiers jours de 2020, vous apportent une source d’espérance pour un monde meilleur, plus juste et plus respectueux de notre « Terre-mère ».

Léon Tillieux


Une des nombreuses (belles) images de la traversée des Andes, ici au Pérou en 2009