Odyssées vers le Sud

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Transandine › Transandine 2009

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lundi 23 août 2010

Projections du film sur la Transandine

Projection du film   " La transandine : l'impossible exploit "

réalisé par Philippe et Michel de Ville - durée 42 minutes

La vidéo ci-dessous n'est qu'une version abrégée du film, mais elle peut servir de "bande annonce" pour une conférence.

Projections

  • à Gesves, le 7 avril 2010 : 32 personnes
  • à Mozet, le 14 avril 2010 : 17 personnes
  • à Namur, le 15 avril 2010 : 65 personnes
  • à Faulx-les-Tombes, le 16 avril 2010 : 16 personnes
  • à Namur, le 18 avril 2010 : 50 personnes
  • à Sart-Messire-Guillaume, le 7 mai 2010 : 37 personnes
  • à Haltinne, le 10 mai 2010 : 13 personnes
  • à Namur, le 11 mai 2010 : 39 personnes
  • lors du Salon Valériane (Nature et Progrès), le 4 septembre 2010 : 20 personnes
  • à Liège en Outremeuse, le 1er octobre 2010 : 32 personnes
  • à Namur (Facultés ND de la Paix), le 7 octobre 2010 avec la FUCID: 45 étudiants
  • à Gesves, à l'école St-Joseph (classes de Mr Marc Tillieux) : 45 enfants
  • à Ciney, le 25 février 2011 avec l'UTAN : 54 personnes
  • à Liège, festival "Rouletabosse", le 4 septembre 2011 : 55 personnes
  • à Louvain-la-Neuve, kot à projet, le 30 novembre 2011 : 30 étudiants
  • au Collège de Bellevue à Dinant, le 27 avril 2013 : 30 "anciens" étudiants

Total : plus de 700 personnes ont vu le film

* * * * * *

Sur demande :  projection (gratuite) dans les écoles, collectivités, mouvements de jeunesse ou groupements 3 x 20 ans ainsi que pour tout groupe intéressé par la problématique du développement, par les rencontres interculturelles et des voyages "hors des sentiers battus" ...

            Contact :  leontillieux@hotmail.com         portable :   +32 478 618581

* * * * * *

Livre-photos en vente

Une des 200 photos de la Transandine publiées dans ce livre :

40 Euros à verser au compte Triodos Bruxelles : BE77 5230 4546 0642 de Léon Tillieux - code BIC TRIOBEBB avec vos coordonnées postales

jeudi 24 décembre 2009

Joyeux Noël - Feliz Navidad - Feliz Natal - Buon natale - Happy Christmas

Chères amies, chers amis

En cette année qui se termine, je vous envoie un petit message ... certain(e)s se plaignent de ne plus recevoir le message hebdomadaire de la route de la Transandine ! Mais bon ... toute bonne chose a une fin !

Altiplano ... ne manquez-pas ce film !

Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de voir le film "Altiplano", film superbe, remarquablement réalisé dans les Andes péruviennes. Ce fut pour moi l'occasion de revivre - avec un peu de nostalgie - mon passage dans les Andes, dans des régions où les mines d'or posent les mêmes problèmes et entrainent les mêmes conflits entre les exploitants et ceux qui payent, parfois de leur vue ou de leur vie, le fait de vivre à proximité des sites d'exploitation et de leurs bassins de décantation.

En regardant ces images superbes de montagnes et celles très émouvantes des souffrances séquelles des traitements au cyanure ou au mercure, je me suis rappelé les interviews que j'ai réalisées auprès d'un ingénieur travaillant pour une compagnie minière péruvienne, affirmant "maitriser la situation" alors que les paysans vivant à proximité ne pouvaient que déplorer la pollution des nappes phréatiques et les conséquences fâcheuses pour leurs troupeaux, pour eux-mêmes et leurs récoltes.

Sueli ... sur des traces connues !

De bonnes nouvelles de Sueli, en voyage ... au Pérou et en Bolivie (pas en vélo) !  Ma fille a suivi des cours d'Espagnol et est en train de visiter ces pays de la transandine.  Partie seule pour le trekking des sites Incas du Choquequirao et du Machu Pichu, elle vient de nous informer qu'elle a réussi ce trekking en l'espace de 5 jours !

Des petits pas malgré tout ... de préférence sur deux roues !

Pour l'année 2010, je voudrais tout simplement que nous continuions à croire en l'urgence de sauver la planète. Même si, en cette fin d'année, les décisions des grands de ce monde ont été plutôt frileuses à Copenhague, continuons à croire que chaque petit pas (de préférence à vélo en laissant par exemple notre voiture au garage pour nos petits déplacements) que nous ferons pour préserver mieux l'environnement ne pourra qu'être bénéfique pour la terre... pour nous-mêmes, nos enfants et les générations à venir. Croyez bien que la terre elle... notre mère à tous... ne manquera pas de nous remercier.  

Esperanza !

Heureuse fête de Noël à tous - Feliz Navidad - Feliz Natal - Merry Christmas - Frölische Weinachten
Sarbatorit Fericit (rappelons-nous, il y a 20 ans ... nous nous apprêtions à prendre la chemin de la Roumanie !)

Léon Tillieux

mercredi 16 décembre 2009

De retour à Namur

Léon est arrivé comme prévu à 14h à la place de la gare à Namur ! 

De nombreux amis et connaissances l'attendaient... ainsi que l'échevin namurois Maxime Prévost, qui lui a rendu hommage (Léon namurois de l'année ?). Un beau retour aux sources.

Le groupe local du GRACQ de Namur a organisé une petite fête en son honneur dans les locaux de la Maison des cyclistes. 

Léon en a profité pour commenter une partie des 372 photos prises au cours de son périple... et un dernier petit verre (de cidre) fut offert pour la route !

Luc Goffinet

mercredi 2 décembre 2009

Transandine n°28: Retour en Belgique

Dernier message avant le retour en Belgique

Boucle en vélo Salta - Cafayate - Salta

Le vélo ce n'est pas tout à fait fini (à vrai dire, je ne puis m'en passer !) puisque j'ai effectué une boucle d'une semaine de 535 km dans une région merveilleuse du sud de Salta dans les vallées Calchaquies

Parti par la belle route asphaltée jusque la région vinicole de Cafayate, j'ai traversé des paysages montagneux superbement colorés.

Dur dur la route numéro 40, mais quel décor !

Une demi journée pour grimper (à pied) à la découverte de cascades non loin de la ville de Cafayate entourée de vignes et c'est le retour via Cachi. Changement de décor! 

Tout d'abord la route devient poussiéreuse. C'est la fameuse route qui conduit en Patagonie mais je la prends dans l'autre sens, vers le Nord. 

Peu de cyclistes se hasardent à prendre cette route étant donné que le revêtement est constitué de rochers friables décomposés en graviers et de sable dans lequel les roues tout simplement refusent (parfois, pas tout le temps heureusement) d'avancer ! 

En plus la chaleur ! Un moment j'ai failli faire demi-tour. Les occupants d'une camionnette m'ont proposé d'alléger les difficultés, mais j'ai continué, fidèle à ma "conviction transandienne". 

Au sommet d'un col, j'avais croisé un Suisse qui avait déjà roulé sa bosse un peu partout dans le monde. 

Un autre jour, c'est Julian, un jeune Irlandais que je rencontre, en route vers la Patagonie. De là il espère remonter au Venezuela : un voyage de deux ans ! 

Quant à Julien, le Français rencontre à Humahuaca et revu par hasard devant la gare de Salta, nous nous sommes loupés d'une demi-heure à Cafayate

Lui aussi continue vers la Patagonie, folie, inconscience, ou tout simplement choix d'un voyage riche en découvertes et rencontres humaines.

Dix belges au sommet d'un col

Au sommet d'un col, aveuglé par le soleil couchant, à un rien près j'entre dans un groupe de 4 touristes (4 dames distraites ou inconscientes) en train de prendre des photos en plein milieu de la route. 

"Where are you coming from ?" - "Van Leuven in Belgie !" - " Ik kom van Namen". 

Quelques instants plus tard, un mini car décharge des francophones de Court-St-Etienne, Ciney, etc... Parmi eux, une dame a lu l'article sur la Transandine dans "Vers l'Avenir" du 1er mai ! Finalement l'on se rend compte que le monde est petit !

Changement de décor et de température

Dimanche 15 novembre, le temps change. Dans l'après-midi, après avoir traversé la parc des Cardones (une sorte de cactus que l'on utilisait autrefois pour les châssis et les portes des églises de la région), le vent se lève et souffle, de face ! 

"Vous en avez pour 60 km !" m'annonce un motocycliste ! A certains moments, je n'avance guère.

J'arrive frigorifié dans le brouillard au col de "la piedra del molino" à 3.348 m d'altitude. Puis une très longue descente très sinueuse de 25 km ("la Cuesta del Obispo") dans le vent et le froid. 

Une pluie d'orage s'annonce. Pas de chute malgré les graviers ! Au moment où l'orage éclate, je me réfugie juste à temps sous l'auvent d'une maison inhabitée. Quelle chance, c'est là que j'installe mon couchage pour la nuit.

Le lendemain, les rivières se sont gonflées d'une eau brune et tumultueuse; les rochers ont dévalé sur la route. 

Puis c'est le retour à Salta ou j'expédie vélo et bagages par bus vers Buenos Aires. J'ai 20 jours pour les retirer à destination. 

D'ici là, j'ai le temps de faire un tour jusqu'aux chutes d'Iguazu à la frontière avec le Brésil, de visiter Resistencia, Santa Fe, Rosario et Buenos Aires

Heureux de vous revoir !!!!

Retour en Belgique le jeudi 10 décembre 2009

L'arrivée à Zaventem est prévue le jeudi 10 décembre à 18h25 par le vol Iberia IB 3214 en provenance de Madrid.

Retour à Namur le samedi 12 décembre 2009

Si vous le souhaitez vous pouvez m'accompagner pour le dernier tronçon en Belgique, en vélo, bien sur !

Départ de Court-St-Etienne à 10h devant la gare

Arrêt possible dans un restoroute / friterie entre Court-St-Etienne et Namur - autre possibilité : prenez votre pique-nique et boissons.

Vous pouvez nous rejoindre en cours de route :

  • à Gembloux, carrefour N4 / route Gembloux - Jodoigne -Tienen : à 12h
  • au carrefour Didi à 13h ---> ancienne route de Gembloux passant par St-Servais

Arrivée Place de la Station à Namur à 14h, rendez-vous à la Maison du vélo, située à côté du parking du magasin C&A.

Je serai heureux de retrouver parents et amis dans le bureau du GRACQ, situé 2b, Place de la Station, au-dessus du GB Express.

Si vous voulez me contacter mon adresse est leontillieux AT hotmail.com

En préparation un film DVD, et un livre photos

Des mon retour en Belgique, je vais me consacrer à la réalisation d'un film sur la Transandine avec l'aide de mes amis Michel et Philippe de Ville.

Il est prévu également d'éditer un livre photos qui reprendra les plus belles photos du voyage et des extraits des messages courriels. Des à présent, vous pouvez réserver ce livre photos en m'envoyant un petit message.

vendredi 6 novembre 2009

Transandine n°27: mai - novembre 2009, mission accomplie !

Du lundi 2 novembre au jeudi 5 novembre 2009

Chers amies et amis de la Transandine, voici mon dernier message puisque je suis arrivé à destination à Salta dans le Nord de l'Argentine.

Le Tropique du Capricorne

Parti de l'Equateur (en Equateur) le 10 mai, me voici arrivé au Tropique du Capricorne, ce lundi 2 novembre après 6.033 kms parcourus en six mois.

La quebrada d'Humahuaca

Apres avoir visité la charmante petite ville d'Humahuaca, j'ai pris la route de Salta. Quelle merveille que cette "quebrada" classée au patrimoine de l'humanité. 

Cette vallée vaut vraiment le détour dans cette partie Nord de l'Argentine. Un régal pour les photographes, dont je fais partie.

Aussi en annexe à ce message, je joins les plus belles photos prises le long de cette route et plus particulièrement près du village de Pumamarca.

El pueblo y el rio de Leon

Quelques kilomètres avant Jujuy, je traverse le village de Léon qui fut célèbre au début du 19eme siècle par les batailles entre Espagnols et indépendantistes Argentins. 

Finalement ce sont ces derniers qui l'ont emporté le 27 avril 1821. La bataille de Léon fut décisive.

Rencontre incroyable entre Belges sur une petite route d'Argentine !

Sur la belle route qui mène à Salta, ce jeudi 5 novembre, une voiture immatriculée en Argentine faire demi-tour et s'arrête.

En sortent deux amis d'Emines, près de Namur en Belgique: Baudouin Ledecq et Genevieve Glineur (de la maison du Conte de Namur) accompagnant un couple de la région de Charleroi. 

Quelle coïncidence, se croiser ainsi à l'autre bout du monde ! 

Ce fut une des rencontres les plus inattendues et un des plus beaux moments de la Transandine !

Salta : 5 novembre 2009 18h - Transandine - mission accomplie

Le rêve de traverser les Andes en joignant l'Equateur au Tropique du Capricorne vient de se terminer ce jeudi 5 novembre 2009 sous le coup de 18 heures.

Bilan

  • 6.250 km parcourus en 100 jours de route exactement, pour un total de 587 heures de pédale.
  • Moyenne journalière : 62,5 km
  • Moyenne horaire : 10,6 km/h et ce malgré la montée de 13 cols de plus de 4.000 mètres d'altitude, dont celui d'Apacheta, le plus élevé à 4.746 m au dessus du niveau de la mer!
  • Nombre de crevaisons : 4, seulement !
  • Aucun problème technique pour le vélo ni de santé pour son pilote !

Merci, muchas gracias

A l'issue de ce long voyage de six mois, un grand merci:

  • à ceux et celles qui m'ont accueilli le soir chez eux, qui m'ont encouragé par un signe de la main, un petit coup de klaxon, une parole d'encouragement;
  • aux personnes qui ont pris le temps de répondre à mes messages;
  • aux sponsors de la Transandine;
  • à ceux qui ont soutenu l'une des ONGs proposées au parrainage;
  • à Luc Goffinet du GRACQ de Namur pour la mise à jour hebdomadaire de ce site

Muchas gracias à todos los amigos que me acogeram durante este viaje y que me saludaram en este camino de Quito en Ecuador hasta Salta en Argentina.

Retour en Belgique le jeudi 10 décembre 2009

Il me reste à rejoindre Buenos Aires, la capitale de l'Argentine après avoir visité différents coins intéressants de la région de Salta. Une boucle vraisemblablement (avec des bagages allégés) jusque la région vinicole de Cafayate au Sud de Salta.

L'arrivée à Zaventem est prévue le jeudi 10 decembre à 18h25 par le vol Iberia IB 3214 en provenance de Madrid.

Retour à Namur le samedi 12 décembre 2009 (précisions dans un prochain message).

En préparation un film DVD, et un livre photos

Des mon retour en Belgique, je vais me consacrer à la réalisation d'un film sur la Transandine avec l'aide de mes amis Michel et Philippe de Ville.

Il est prévu également d'éditer un livre photos qui reprendra les plus belles photos du voyage et des extraits des messages courriels. Des à présent, vous pouvez réserver ce livre photos en m'envoyant un petit message.

A bientôt

Leon

lundi 2 novembre 2009

Transandine n°26: Premiers jours en Argentine

Du lundi 26 octobre au dimanche 1er novembre 2009

Adios Bolivia, bienvenido en Argentina

La ville frontière de Villazon m'est apparue plus rapidement que prévu, grâce à une erreur de kilométrage figurant sur la carte, soit 24 km en moins que ce que j'avais prévu. Un moment avec la chaleur, je croyais voir un mirage, mais non c'était bien la réalité ! 

L'entrée en Argentine s'est passée sans problèmes, le mardi 27 octobre. Au poste de douane, j'étais le seul "véhicule" à être contrôlé.

Le douanier m'a demandé d'ouvrir deux sacs... puis s'est ravisé, "you may go" m'a-t-il dit, "Muchas gracias", si tous les passages aux frontières pouvaient être ainsi, y compris pour nos amis qui viennent du Sud !!!

L'Argentine est un pays très très long, 5.121 km jusque la ville de Ushuaia (un nom d'origine Roumaine), mon ami Damian, rencontré au Pérou est en route vers cette ville, située très très au Sud. 

Le premier jour de mon séjour en Argentine, j'ai visité un petit village du nom de Yavi, une charmante petite église toute blanche, voir la photo. 

Détour pour admirer la lagune de Pozuelos et ses flamants roses

Deux jours et demi de vélo loin de tout : presque pas de maisons, le désert comme dans le sud Bolivien, pas de magasins, rien à se mettre sous la dent. 

Heureusement j'ai toujours un petit "garde-manger" avec quelques réserves. Deux nuits à la belle étoile dont une non loin de la lagune. Le froid m'a surpris, le matin, ma réserve d'eau et la lessive de la veille étaient gelées!

En revanche je suis arrivé à Abra Pampa sous un soleil aveuglant et très très chaud. Contrastes de ce pays. Heureux de retrouver l'asphalte. Ces 125 km furent très éprouvants à cause de la "tôle ondulée" !

Tôle ondulée, connaissez-vous ? 

Si vous avez déjà voyagé en Afrique, vous connaissez certainement cette expression qui évoque les routes sans revêtement en dur avec un "plissement" régulier, comparable à une tôle ondulée. En voiture, bus ou camion, ce n'est pas très grave, à vélo, c'est davantage insupportable, vous bondissez de 10-15 centimètres tous les 40 centimètres ! 

Au début cela va, après six heures, cela commence à bien faire! Il y a bien le côté de la route où il n'y a pas ce plissement mais une bonne couche de sable ou de gravillons qui rend la pratique du "deux roues" relativement dangereuse.

La moto aussi, dans ce désert, j'ai rencontré un Allemand qui s'est arrêté; nous avons échangé nos expériences; il m'a ravitaillé en eau... et en chocolat ! "Danke vielmaal !" 

Il était venu voir les flamants (rectification, par rapport à un message précédent, c'est bien avec un "t" et non un "d" que cela s'écrit, le "d" réservons-le à nos voisins de Belgique-Nord). 

Toutefois les flamants du lac de Pozuelos sont craintifs et s'envolent à la moindre approche, il ne voient que très rarement des touristes, pas comme ceux des lagunes d'Uyuni, ou il y à des centaines de "drôles de bipèdes" qui débarquent des 4x4 chaque jour ! 

Le courage d'une institutrice

Le passage par le "désert" de Pozuelos m'a donné l'occasion de rencontrer une institutrice qui chaque semaine quitte sa famille et sa ville pour aller enseigner dans un village perdu du lundi au vendredi. 

A Pozuelos, il y a ainsi 18 enfants scolarisés : ils viennent des montagnes aux alentours. Dans ce village loin de tout, c'est encore un peu de vie grâce à eux, et à leur institutrice. 

En Equateur, au Pérou, en Bolivie, en Argentine et certainement ailleurs dans les continents du Sud, chaque semaine des institutrices partent pour la semaine rejoindre des villages perdus à des heures et des heures des villes et des routes, Chapeau !

Arrivé à Humahuaca ce 1er novembre 2009

Heureusement après les souffrances occasionnées par la "tôle ondulée", j'ai retrouvé l'asphalte sur la belle route menant à Salta

A Humahuaca, dans la rue, j'ai été interpellé par un jeune français, Julien, en route depuis un an et demi, de Mexico vers Ushuaia, la ville la plus au Sud de l'Argentine.

Figurez-vous qu'il roule avec un vélo "Da Silva", acheté également à la "Maison du vélo à Bruxelles", cela fera certainement plaisir au couple de ce magasin de Bruxelles et à Mr Da Silva, le fabriquant en Allemagne, qui sont repris dans mes listes d'adresses.

La fête de la Toussaint et la fête des morts

Comme dans tous les pays du monde, cette fête donne l'occasion aux vivants de se souvenir de ceux qui nous ont précédé. Ici en Argentine, des fleurs multicolores sont vendues à cette occasion. Beaucoup de mouvements sur les routes ce 1er et ce 2 novembre, chacun voulant se recueillir dans les cimetières.

Prochain message, depuis Salta !

Encore 200 km, et ce sera déjà (!) la fin de la Transandine

A la semaine prochaine.

Léon

lundi 26 octobre 2009

Transandine n°25: de Potosi à Tupiza sur la route vers l'Argentine

Du lundi 19 octobre au dimanche 25 octobre 2009 

Les truites et les canaux d'irrigation du projet El Molino à Potosi

Lundi 19 octobre, avec deux jeunes d'Anvers, Julie et Jonas, nous visitons un élevage de truites dans le village d'Urmiri. Ce village à été partiellement détruit il y à quelques années par un glissement de terrain. 

Vraisemblablement, ce projet va être arrêté étant donné que les coûts (surtout les coûts de transport) sont trop élevés. Il est vrai que pour atteindre ce village, la route serpente sur de nombreux km, de quoi donner des frissons aux occupants du véhicule!

Au retour, nous nous arrêtons un instant pour admirer un canal d'irrigation permettant aux paysans d'amener de l'eau pour leurs cultures.

A El Molino, Padre Carlos Parent et Mia Mermans ont mené à terme de nombreux projets depuis 5 décennies. 

Dans un atelier d'artisanat, nous pouvons voir des métiers à tisser venant de Hollande, ils n'étaient plus utilisés ! 

Les articles sont vendus à Potosi dans un magasin assurant un prix décent pour le travail des femmes.

Padre Carlos et Mia ont préparé leur succession. Gageons que, après eux, El Molino continuera à tourner longtemps pour le bien des Boliviens !

De Potosi à Tupiza, de la poussière, du sable, un ciel rempli d'étoiles et des paysages magnifiques ! 

Au pied de la montagne de Potosi mon altimètre marque 4.200 mètres. 

Un peu plus loin, en route vers le Sud, j'achève à pied le dernier col de plus de 4.000 de la Transandine : 4.300 mètres! Ensuite, c'est la joie d'une très longue descente vers Cuchi Inginiero où je passe une nuit reposante dans un "alojamiento" simple et rustique.

Encore 12 km d'asphalte puis c'est le changement de pneus. Je rechausse les "Marathon XR" en vue de la dernière étape, la plus dure de la traversée de la Bolivie. 

Des touristes Argentins (en voiture et à moto) se sont arrêtés pour m'avertir que la route était très très dure: sable, pierrailles, etc. A chaque passage de véhicule, le soleil, le ciel bleu et la route disparaissent pour quelques minutes. 

Je n'ai jamais avalé autant de poussière, même dans le désert ! Mais la route entre Potosi et Tupiza est en passe d'être asphaltée, ce sera pour 2010, avis à ceux qui veulent traverser cette magnifique région sans trop de difficultés.

Vu l'état des routes, j'ai du réviser à la baisse mon plan "de vol": neuf jours seront nécessaires pour rejoindre la frontière avec l'Argentine au lieu de six. 

Ce dimanche 25 octobre, me voici arrive à Tupiza, heureux de pouvoir trouver de quoi m'alimenter de façon correcte. Il est vrai que c'est un véritable désert que j'ai traversé : des villages fantômes, des maisons apparemment vides, peu d'occasions de se ravitailler.

Beaucoup d'hommes sont partis travailler en Argentine, essentiellement comme maçons. Les femmes restées seules avec les enfants essayent de survivre comme elles peuvent avec quelques chèvres.

Ce 21 septembre, c'est le printemps. Dans cette partie de l'hémisphère sud, les paysans ont déjà semé maïs, pommes de terre, etc, ils attendent les pluies de Novembre. 

Actuellement la température est élevée et même la nuit, il fait bon bivouaquer et admirer les étoiles, quel régal ! 

C'est la meilleure période pour voyager à vélo ici car en janvier, février, les pluies feront déborder les rivières et les routes (de terre) seront impraticables. 

Quant aux mois de juin et juillet, il fait glacial dans cette contrée.

Accueil et rencontres

Dans le village de Vitichi, je suis accueilli à la cure. 

Le soir, après avoir partagé un repas simple, j'échange avec Omar, Colombien, missionnaire Xaverien en Bolivie. Il a connu aussi d'autres missions dont l'Amazonie au Brésil. 

Le lendemain matin, son collègue Ausberto est là aussi au moment du départ. Muni d'une double bénédiction, c'est avec confiance que je prends la route. "Le soleil va taper !", me disent-ils ! En effet !

Dix kms après le départ, Padre Ausberto me propose de me charger dans sa camionnette, poliment je refuse, fidèle à ma devise : la Transandine c'est à deux roues que je l'accomplirai jusqu'au bout (Salta)!

Apres avoir traversé la rivière Cotaigalta, j'entends un klaxon derrière moi, c'est un jeune autrichien qui accomplit un tour du monde à moto en solitaire. D'autant plus difficile qu'il est sourd-muet. 

Avec de grands gestes et un grand sourire laissant deviner une très grande joie d'accomplir un tel voyage, il me fait comprendre par ou il est passé: toute l'Afrique jusqu'à Cape Town

Après les Amériques du Sud et du Nord, ce sera l'Asie. Pour le suivre voici son blog. En consultant ma carte, il s'est rendu compte qu'il s'était trompé de route, aucune rencontre, même la plus brève soit elle, n'est inutile !

Une famille française à vélo, en route vers Villazon. Même destination que moi, mais ils sont trois: un couple et un enfant. Tout heureux de parler - en français - avec un cycliste longue distance! Ils sont partis de Cusco au Pérou vers l'Argentine. Bon vent à ces courageux !

Tupiza - Villazon, dernière étape en Bolivie

Selon les témoignages des cyclistes et motocyclistes croisés sur la route, ce dernier tronçon de la Transandine Bolivienne risque de me coûter encore quelques gouttes de sueur. La route n'est pas asphaltée et le plus dur ce sont les parties constituées de sable, la tout s'arrête et il faut pousser le vélo! Bref, ce sera l'objet du prochain message. Quand je vous l'enverrai, je serai sans doute déjà en Argentine

Bonne semaine.

Léon

lundi 19 octobre 2009

Transandine n°24: de Oruro à Potosi en passant par El Molino

Du dimanche 11 octobre au dimanche 18 octobre 2009

Santa Cruz de la Sierra

Cette ville a connu un développement très rapide en 20 ans pour devenir la ville la plus importante de Bolivie au point de vue économique. Construite autour de sept anneaux concentriques, cette ville n'a rien de vraiment intéressant. 

En fait j'y suis passé principalement pour y rencontrer Aude Rossignol et Alain Carpiaux récemment arrivés dans cette ville. Dimanche 11 octobre, j'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs coopérants de l'ONG Volens que certains d'entre vous ont connu dès les années 60-70, les "Volontaires de l'enseignement". 

Dans la région de Santa Cruz, cette ONG s'occupe des enfants de la rue et de la formation des femmes dans le Chaco, région proche du Paraguay. D'autres projets également, pour les personnes intéressées consulter leur site

Avant de partir, Aude a réalisé une courte interview sur le projet de la Transandine sur son blog.

De Oruro à Potosi

Trois jours sur "l'altiplano", trois nuits peu "ensommeillées" 

Lundi 12 octobre, après un long voyage en bus de Santa Cruz à Oruro avec une courte halte à Cochabamba, j'ai passé une première nuit dans le bus qui m'a amené à Oruro à 4 heures du matin, le chauffeur nous ayant dit que nous pouvions continuer de dormir arrivés à destination jusqu'à 6 heures. 

Important changement de température : étouffant dans la montée vers Cochabamba, à une température proche de zéro arrivés à Oruro

Ce que l'on ignore souvent c'est que la majeure partie de la Bolivie n'est pas Andine mais a un climat chaud et humide semblable à celui de l'Amazonie. Santa Cruz fait partie de cette région.

Quelques heures après avoir quitté le bus, le mardi 13 octobre, j'étais tellement heureux de retrouver mon vélo que je redémarrais à 13h vers Potosi après avoir pris congé des religieuses et des filles de l'orphelinat où le vélo passa près de deux semaines à l'infirmerie. 

Le soir même, je dormais dans un "hospedage" reçu par une fillette de 11 ans en l'absence de ses parents. Logement rudimentaire, mais cela n'est rien, la seule chose c'est que le lit était 30 centimètres trop petit pour moi!

Le lendemain soir, mercredi 14 octobre, arrivé dans un village sans hôtel, une dame m'a conseillé d'aller dormir dans une construction récente de l'office du tourisme. Lui demandant où se trouvait la clef, elle m'a dit "mais c'est ouvert!". En effet, la porte avait été forcée. J'ai dormi dans ce nouveau bâtiment après avoir poussé une grosse pierre contre la porte.

La troisième nuit, après avoir escaladé deux cols dont le dernier alors que le soleil se couchait, pas moyen de trouver un village, j'ai fini par "planter" mon couchage au bord de la route, ne sachant pas qu'il y aurait de très nombreux camions et bus nocturnes comme lors de la seconde nuit !

El Molino, y el Padre Carlos Parent

Au collège de Bellevue à Dinant, au début de mes humanités dans les années 1960, Jacques Maistriaux de Beauraing et Charles Parent de Rienne (Gedinne) venaient témoigner de leur travail en Bolivie. 

Ces deux prêtres "Fidei Donum" partis en 1959 en Bolivie, m'avaient donné le goût du travail en Amérique latine. C'est finalement au Brésil que j'ai travaillé comme coopérant entre 1974 et 1977, et le rêve de la Transandine ne se réalise que près de 50 ans après!

Accueilli par le Père Carlos (averti de mon arrivée grâce à un courriel), nous avons de suite constaté que nous avions plusieurs points communs. 

Nous avons étudié à Bellevue (Dinant) en humanités (nous avons eu le même professeur de géographie, Maurice Questiaux, le célèbre géographe, certainement le plus grand vulgarisateur de la "voûte céleste" avec ses petits fascicules, mais également éleveur de serpents, souris et autres cochons d'Inde, cuys en Castellano). 

Nous avons par la suite effectué nos candidatures aux Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix à Namur. Par après, nous avons "koté" au Collège pour l'Amérique Latine à Leuven. 

Par ailleurs, nous avons plusieurs amis, amies ou connaissances communes : Pol Charles et Philippe Dewez (fondateurs d'OXFAM dans la region de Namur), Etienne Croonenberghs (architecte de Namur ayant travaille comme coopérant à El Molino, tout comme Philippe Dewez, ingénieur civil), Christine Bomboir (que je connais via le CAL de Namur), Julienne Delwiche (de Leuven avec qui j'ai effectué un voyage à vélo au Bangladesh en 2003 avec la Fondation Damien), André Vanderheyleweghen (prêtre-médecin en Bolivie), Jean Imberechts (qui a passé de nombreuses années au Pérou), André Diez (qui a travaillé en Antarctique avec Alain Hubert), etc... Plusieurs d'entre eux reçoivent mes courriels.

Le séjour a El Molino a été un des plus beaux accueils au cours de la Transandine. Grâce à Padre Carlos, dès le premier soir visite de Potosi, une des villes de Bolivie à voir absolument! Rencontre également de Mia Meermans, régente originaire du Limbourg, volontaire à El Molino depuis 51 ans.

Potosi, la ville minière

La mine la plus vieille et la haute du monde

Ce samedi matin, visite del "Cerro de Potosi" avec deux jeunes étudiants en médecine de Francfort. Il faut être sportif pour se contorsionner dans des galeries qui parfois ont à peine 50 cm de haut. 

Pour la première fois de ma vie descente dans une mine, moi qui suis fils, petit fils et arrière-petit-fils de mineur de derle de la région d'Andenne. Potosi, dont le sommet se trouve à 5.000 mètres a connu un passé unique. 

Des centaines de km de galeries d'où l'on a extrait l'or, l'argent, le zinc, le plomb depuis plus de 4 siècles. 

Etonnant qu'il y ait encore des filons contenant des minerais après les milliers de tonnes emportées principalement par les Espagnols. 

Ce qui est le plus terrible ce sont les 8 millions de morts (six millions d'Indiens et 2 millions d'Africains amenés ici en esclavage), quelle honte! Et, à moins que je ne me trompe, aucun gouvernement Espagnol, jusqu'à présent, n'a demandé pardon pour ce génocide!

Le guide Quechua nous accompagnant répond à nos questions et termine la visite par l'offrande au "Tio", ce diable "protecteur" à qui les mineurs apportent des offrandes (dont des feuilles de coca, de l'alcool, etc) pour l'amadouer, pour qu'il n'y ait pas d'accident et que les veines de minerais ne se terminent pas en peau de chagrin. 

C'est aussi au fond de la galerie où il se trouve que se fête le carnaval, quelques jours pour que les mineurs puissent oublier un peu la dureté du travail, leurs misères et leurs souffrances!

Le couvent de Santa Teresa

Trois heures pour découvrir ce couvent de Carmélites cloîtrées et prendre connaissance de l'histoire de ce bâtiment aux murs d'un mètre d'épaisseur. Un couvent réservé aux filles de l'aristocratie coloniale. 

Pas plus de 21 religieuses... Dès qu'une décédait et était enterrée au sein même du couvent, une jeune était prête à entrer. Il s'agissait toujours de la seconde fille d'une famille riche qui y entrait, pour toujours, à l'âge de 15 ans, apportant une dot importante bien sur ! 

Plus jamais de contact avec sa famille si ce n'est qu'une fois par mois derrière un rideau opaque laissant passer seulement le son. La "discipline" n'ayant été qu'un peu allégée lors du Concile Vatican II. 

Bref heureux d'avoir pris connaissance de ce passé, mais avec une overdose de peintures dont certaines les plus doloristes les unes que les autres! Toutefois, côté positif du travail des Carmélites, c'est le travail très fin de la dentelle, comme "a Brugas" me dit la guide en Castellano!

Une autre information qui montre bien que les missionnaires de l'époque se sont trompés d'Evangile : à Oruro, comme en d'autres lieux de l'époque coloniale, il y avait deux catégories d'églises, les unes pour les colonisateurs et les autres pour les indigènes!

La casa de la moneda

La première "casa de la moneda" fut construite dans la ville impériale de Potosi en 1575. La casa actuelle fut construite à partir de 1750. On peut y admirer une très belle collection de monnaies de différentes époques, les machines de frappe et les salles de fonte des métaux, qui ne venaient pas de très loin! 

Egalement de très belles collections de peintures dont la célèbre "Vierge de la montagne de Potosi", une forme de syncrétisme car la Pachamama y est aussi représentée outre le Pape, un Evêque, et l'Empereur Charles-Quint. 

Tout cela c'est du passé, car actuellement, les monnaies et billets sont produits en dehors de Bolivie ! 

Visite de la région del Molino

Demain lundi 19 octobre, visite d'un élevage de truites, un des nombreux projets que compte El Molino, repartis sur une très grande région (5.000 km2 approximativement) avec de très nombreux villages (53 communautés), Quechuas pour la plupart. L'objectif principal de ce travail communautaire est la formation (capacitacion en castellano) dans le domaine de la santé, de l'artisanat, de l'agriculture, etc.

Vers Villazon et l'Argentine

Mardi 20 octobre, j'enfourche le vélo très tôt, il me reste une montée de 20 km pour arriver à Potosi à l'altitude de 4.000 mètres. Encore quelques dizaines de km d'asphalte avant de retrouver une route empierrée (comme au Pérou) jusqu'à Villazon, la frontière avec l'Argentine.

A dans huit jours...

Léon

lundi 12 octobre 2009

Transandine n°23: Du Salar d'Uyuni à Sucre

Du dimanche 4 octobre au samedi 10 octobre 2009

Suite de la découverte de la Bolivie

Un voyage de 4 jours sur et autour du salar d'Uyuni, une merveille !

Partis mardi 29 septembre avec José comme chauffeur du 4X4, mes deux amis Polonais, Asia et Wojtek et deux Japonaises, nous commençons par visiter une exploitation industrielle de sel à l'entrée du "salar". 

Ensuite visite de l'île du pêcheur sur laquelle poussent des cactus d'une forme spéciale et pouvant atteindre 12 mètres de haut.

En VTT sur le Salar

Quel plaisir de pédaler sur cette étendue plane, ce qui donne de splendides photos au coucher du soleil, à voir sur ce site.

Le soir, logement dans un hôtel construit en blocs de sels, y compris les tables et les supports des lits !

Une escalade jusqu'à 5.080 m, une première, sur les flancs du volcan Thunupa

Avant de prendre la direction du volcan, nous entrons dans une caverne et y découvrons des momies pre-Inca : rencontre insolite avec un très lointain passé !

Six au départ, trois à l'arrivée au sommet après une escalade de cinq heures. Les deux japonaises, fraîchement débarquées de Tokyo (situé à une altitude nettement inférieure) ont du renoncer ainsi que Asia, la Polonaise, malade. 

La barre des 5.000 mètres est franchie par notre guide, Wojtek et moi-même, lentement mais sans trop de problèmes de respiration. En revanche glissade en descendant sur les pierrailles au flanc de ce volcan éteint. 

Au sommet vue splendide sur l'entièreté du salar d'Uyuni et du salar voisin, celui de Coipasa. S'il n'y avait le soleil, l'on se croirait sur la Lune ou plutôt sur Mars avec des couleurs bleue, rouge, blanche...

Note : adolescent, j'appréciais particulièrement les livres de Frison-Roche sur la montagne ("Premier de cordée", etc) et sur le désert ("le rendez-vous d'Essendilene"). 

Voici que 45 ans plus tard, je réalise ce rêve de grimper très haut, toujours plus haut ! Découverte de la terre avec un autre regard, vue imprenable si l'on reste au niveau des "basses eaux" de notre vie! 

"Quittez vos basses eaux, les steppes de vos bagnes... venez sur la montagne !", les paroles d'un chant que d'aucuns de mes amis et amies de Chartres connaissent bien !

Découvertes des lacs et de leurs habitants, des flamands en majorité !

Ici pas question de nos "voisins du Nord" mais des oiseaux "rose et blanc", cela me fait penser à la célèbre chanson de Jacques Brel, Impossible de les compter! Un beau décor sur un fond d'une eau bleue pour les premières "lagunas" et rouge pour la "laguna colorada". Celle-ci doit sa couleur vermeille aux micro-organismes composants de son eau.

En revanche pas d'oiseaux sur la "laguna verde" car l'eau de celle-ci est composée de cuivre et d'arsenic! Un vert bien marqué sur un fond de ciel bleu et les montagnes marquant la frontière avec le Chili.

Dans cette région frontalière, l'on se croirait en plein désert à certains moments. Seuls des lamas, alpagas et des "vigognes" (camélidés, cousins "non domestiques" des lamas et des alpagas) y survivent grâce aux quelques touffes d'herbes dures qu'ils y trouvent.

De l'eau chaude sortant de terre

Quel régal de pouvoir se baigner dans de l'eau chaude à 35 degrés en pleine nature alors qu'il fait à peine 5 degrés en ce matin du 2 octobre 2009. A proximité, l'eau stagnante est encore gelée à 7 heures du matin. Non loin de là, des geysers lancent leur jets de vapeur dans un ciel bleu, jouant avec les rayons du soleil levant.

Visite de Sucre, la coloniale

Samedi 3 octobre au soir me voici arrive à Sucre à une altitude de 2.790 mètres, température nettement plus clémente que sur l'altiplano (variant entre 3.800 et 4.200 mètres). Végétation tropicale, fleurs aux couleurs mauve, rouge, jaune etc.

C'est dans cette cité "blanche" fondée en 1539 par Pedro de Anzunes, que naquit la première université d'Amérique latine en 1624. C'est ici également que fut lancé le premier "cri pour l'indépendance" le 25 mai 1809. 

Cette année 2009, la Bolivie célèbre en grande pompe le bicentenaire de l'indépendance par rapport à la Couronne d'Espagne. Sucre doit son nom au Maréchal José de Sucre, grand combattant pour la liberté aux cotes de Simon Bolivar.

Sucre fait partie du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Nombreuses églises et couvents dont le fameux couvent Franciscain de la Recoleta que je viens de visiter. 

Non loin de là, le couvent de Santa Clara. Pour communiquer avec les religieuses cloîtrées de ce couvent, il y a le même "tourniquet" que celui qu'il y avait au couvent d'Assesse, certains de mes proches et amis qui y ont soigné les dernières religieuses cloîtrées ou qui y travaillent actuellement le connaissent bien !

Dans "l'Oriente", proche du Brésil et du Paraguay

Le site archéologique de Samaipata

Mardi 6 octobre, 6 heures du matin, me voilà arrivé à Samaipata (à 120 km de Santa Cruz de la Sierra à la rencontre des Andes et du vaste bassin Amazonien) après 15 heures de bus ! 

Heureusement pas de film vidéo pendant la nuit ! Une longue montée à pied de 9.7 km (un panneau très précis !) pour arriver à 9h, juste pour l'ouverture de ce site, le plus important site archéologique de "l'Oriente" Bolivien. 

Ce lieu veut dire "repos dans les hauteurs". Un énorme rocher de 220 mètres de long sur 60 de large, dans lequel les ancêtres de cette région (les Mojocoyas et les Chanes del gran Grigota - de 800 à 1300 après JC) ont taillé des formes animales (jaguars, serpents, etc) et des niches qui vraisemblablement abritaient des idoles. 

Un haut lieu historique et religieux pré-colombien où les Incas ont également laissé des traces (des murs).

Les missions jésuites (San Javier, Concepcion, San Ignacio)

Un bus local pour rejoindre Santa Cruz par une route très cahotante, une voiture jusque San Javier, sur la "ruta misonera", et un micro-bus pour rejoindre San Ignacio (5 heures pour accomplir 171 km avec un bruit infernal de vitres tremblotantes du début à la fin).

C'est dans cette région que les Jésuites ont ouvert des missions au 17e et au 18e siècle comme au Brésil et au Paraguay relativement proches. 

Splendides constructions réalisées par ces missionnaires qui ont réussi à mettre en valeur les capacités artistiques des populations indigènes (Chiquitanos, etc) de l'époque et de gérer avec eux ces "réductions" ou communautés d'une façon démocratique. 

Mais les pouvoirs politiques Portugais et Espagnols y ont mis fin, rappelez-vous le très beau film "Mission" avec Roberto de Niro.

Visite de Santa Cruz, de la Sierra

Invité par Aude et Alain à visiter cette ville importante de l'Est de la Bolivie. Aude Rossignol y travaille pour Entraide et Fraternité. C'est à Namur que je l'ai connue dès 2003. Elle est actuellement responsable du département communications pour la Bolivie et le Pérou pour l'ONG Volens. 

Dans le prochain message, compte-rendu de cette rencontre dans une ville où la température est la même que celle que j'ai connu en Amazonie : chaud et humide ! Très diffèrent des Andes...

Programme de la semaine prochaine

A partir du 14 octobre, je retrouve le vélo à Oruro et je prends la route vers Potosi et Villazon, la frontière avec l'Argentine.

Camille a grandi !

Ci-contre, une belle photo de ma petite-fille Camille, qui a déjà deux mois !

Léon

dimanche 4 octobre 2009

Transandine: les photos du Salar d'Uyuni


Cliquez sur les photos pour les voir en plus grand !

Les autres photos sont dans la Galerie Transandine

samedi 3 octobre 2009

Transandine n°22: Premiers jours en Bolivie

Du mardi 22 septembre au 3 octobre 2009

Depuis l'entrée au Pérou, le 14 juin jusqu'à l'entrée en Bolivie, se sont écoulés 100 jours ! Le Pérou, un pays que je ne suis pas prêt d'oublier avec ses cols Andins et ses rencontres. Pour les semaines qui viennent, voici un autre pays Andin à découvrir ensemble: la Bolivie !

Message reçu en espagnol

A la suite du message spécial envoyé du sommet de l'île d'Amantani située dans le lac Titicaca, j'ai reçu un très beau message d'Elena de Buenos Aires. Je vous le livre ici en version originale. Cela fera plaisir à mes amies et amis hispanophones qui figurent dans mes listes d'adresses.

Leo, sin palabras, abierto à esa belleza impenetrable donde el ser humano se queda sin palabras sólo nos dejamos penetrar por ese inmenso misterio del día que se acaba,como morir un poco cada día para volver à renacer al día siguiente!!! Gracias por compartir esta sagrada vivencia donde el alma se abre à un silencio infinito, Besos, Elena

Traduction : 

Léon, sans paroles, ouvert à cette beauté impénétrable ou l'être humain reste sans paroles; nous nous laissons seulement pénétrer par cet immense mystère du jour qui finit, comme pour mourir un peu chaque jour et renaître le jour suivant !!! Merci de partager ce vécu sacré ou l'âme s'ouvre à un silence infini.

Entrée en Bolivie

L'entrée en Bolivie s'est passée sans problème; j'ai obtenu un visa de 90 jours, ce sera amplement suffisant pour rejoindre le Nord de l'Argentine et visiter les principaux sites intéressants de ce pays de l'Altiplano.

Altiplano, car constamment entre 3.800 et 4.200 mètres, et parfois plus. Cela veut dire que je ressens davantage l'altitude qu'au Pérou. Je compense en respirant plus, et je mâche des feuilles de coca comme la majorité des Boliviens!

L'ile du soleil sur le lac Titicaca

Temps splendidement ensoleillé sur le lac Titicaca en Bolivie. Une excursion en bateau à partir de Copacabana, à ne pas confondre avec la célèbre plage de Rio de Janeiro au Brésil (où les baigneurs sont plus nombreux), pour visiter "la Isla del Sol" où il y a un temple de l'époque pré-incaique.

Ciel serein également pour longer le lac Titicaca au bleu sans pareil. 

En traversant le détroit de Tiquina, le sponsor PAN (Port Autonome de Namur) a été repéré par un jeune de Mozet, Maxime Woitrin, le monde est petit !

La porte du soleil du site de Tiwanacu

Ce jeudi 24 septembre, visite du site Pré-Inca de Tiwanacu. Une heure pour visiter ce site... au pas de course (quelle idée de fermer ce site splendide à 17h alors que le soleil se couche à 18h30 !) 

J'ai surtout apprécié la porte de la lune, et la porte du soleil dont je vous avais parlé dans mon message précédent. Pour la filmer au moment du lever du soleil, Bernard Gillain avait usé d'un stratagème pour obtenir la clef du site pour pouvoir y entrer avant l'ouverture aux touristes !

Rencontres motorisées

Il y a sept mois, un couple Français est parti d'Alaska, objectif la Patagonie, comme Damian de Mar del Plata, mais pas avec un vélo ! Nous nous sommes déjà rencontrés deux fois au bord de la route vers le Sud. A quand une troisième rencontre?

Un autre jour, c'est un véhicule Vénézuélien qui ralentit en arrivant à ma hauteur. Le passager me filme en train de rouler. J'aurais du lui demander une "propina", une pièce de monnaie comme le font la plupart des Boliviens lorsque je les prends en photo !

Oruro, la ville minière de l'étain, et du carnaval

Deux jours seulement pour parcourir les 226 km de El Alto (La Paz) à Oruro. Bien arrivé dans cette ville minière le samedi 26 septembre, veille de la fête de la Communauté Française en Belgique ! 

A l'entrée de la ville, le pneu arrière défaille, mais il tiendra le coup jusqu'au centre ville, à l'autopsie un mini morceau de verre (récolté sur la bande des pneus crevés) est le coupable. Deux jours auparavant, le même pneu s'était déjà dégonflé. Total, trois crevaisons en 5.000 km !

Accueilli par les "Soeurs del Amor de Dios" qui s'occupent d'un orphelinat où il y a 90 filles. 

Comme il n'a que des dortoirs pour celles-ci, je ne pouvais loger là, mais les soeurs m'ont proposé de dormir à l'infirmerie, étant donné qu'il n'y avait pas de malade. Comme quoi, il y a toujours une solution, avec un peu de bonne volonté !

Le dimanche 27 septembre, les élèves des collèges sortent dans la rue pour une répétition générale en vue du carnaval, quelques mois à l'avance. 

Musiques, danses, couleurs, ambiance, dans cette ville célèbre par son carnaval, reconnu comme patrimoine mondial intangible par l'UNESCO. Voir les photos dans la galerie.

Le salar d'Ujuni, une des dix merveilles naturelles si pas du monde, du moins de Bolivie

Le train "Wara Wara" n'a que deux liaisons avec Uyuni par semaine au départ d'Oruro mais il part à l'heure juste, 19 heures! Contrôleurs et employés de services portent le masque anti-influenza. 

Confortable ce train roulant à environ 40 km/heure, souvent moins, mis à part que, au lieu de dormir, tous les passagers doivent supporter un film violent (deux boxeurs qui se battent pour la même fille pendant 90 minutes) avec au moins 90 scènes de violences (et oui, une par minute)! Je me suis plaint auprès du contrôleur, mais rien à faire "selon lui, les passagers veulent voir le film !". 

Avec une telle résignation devant "l'éducation à la violence". Pas étonnant que dans ce pays, comme au Pérou, les policiers trouvent normal de devoir tirer sur des hommes, femmes et enfants qui manifestent pour la défense de leurs droits !

Toutefois, j'ai pu me consoler en tournant le regard par la fenêtre pour admirer la lune éclairant un paysage semi-désertique, annonciateur des paysages du Salar, le lac de sel d'Uyuni. Splendide ce décor, même si je n'en avais que l'image !

Ceci dit à une heure du matin, nous avons eu enfin le droit de dormir. Arrivés à 4h30 à destination avec seulement deux heures de retard, nous avons dormi dans la salle d'attente en attendant le lever du jour. 

Nous avons commencé notre journée en visitant un cimetière de trains. Tant de ferraille à l'abandon sur des rails marqués du nom Allemand Krupp, datant de 1912 ! Je dis "nous", car j'ai fait la connaissance de Asia et Wojtek, deux jeunes Polonais partis pour un tour du monde d'un an, à la suite de leur récent mariage, une idée géniale pour commencer une vie commune!

Mardi 29 septembre, départ avec Wojtek et Asia pour un circuit de quatre jours dans le Salar d'Uyuni

Dans le prochain message, vous aurez le compte-rendu de ce voyage fabuleux dans cette région frontalière avec le Chili: ascension d'un volcan jusqu'à une altitude de 5.075 m avec une vue imprenable sur l'entièreté du salar d'Uyuni, découverte de l'île du pêcheur, des lacs aux couleurs rouge, verte, bleue, des centaines de flamands roses vivent sur ces lacs, bain d'eau chaude sortant de terre à 35 degrés, etc.

Ce matin samedi 3 octobre 2009, je prends le bus en direction de Potosi et Sucre.

Léon

mardi 22 septembre 2009

Transandine n°21: Nouvelles des rives du lac Titicaca (côté Péruvien)

Du samedi 12 septembre au 21 septembre 2009

Deux cols et le plateau andin péruvien annonciateur de la Bolivie

Samedi 12 septembre, je prends la route vers le Sud. Quatre jours pour arriver à Puno, ville péruvienne située au bord du lac Titicaca, immense lac commun au Pérou et à la Bolivie. 

La route est facile, en très bon état sauf sur une courte distance. Quel plaisir de pédaler "allègrement" sur ce plateau qui annonce le plateau Andin Bolivien. 

Deux cols quand même : le col de La Raya (4.338 m) et celui de Puno dépassant de peu les 4.000 mètres.

Lundi 14 septembre, je passe la nuit dans une petite ferme d'éleveurs de lamas. Claudio a gagné des prix avec ses lamas et est fier de poser pour la photo avec son meilleur lama. 

La soirée, il me montre un DVD réalisé lors du carnaval à Nicasio avec des chants et danses traditionnels Quechuas et Aymaras. L'histoire de ces peuples est bien présente dans sa tête. 

Il me rappelle que les Espagnols sont passés par ici, emportant beaucoup d'or avec eux. Dans la montagne, il y en a encore, me dit-il ! Et pourtant, la vie est dure pour ces paysans. Le climat change, l'eau manque pour l'agriculture, et aussi le soutien du gouvernement !

Rencontre de deux Australiens en route vers Quito

Lundi 14 septembre, quelques km après avoir quitté le pueblo de Santa Rosa, au loin je distingue deux cyclistes. 

Stuart et Anita de Sydney en Australie sont en route depuis Santiago de Chili, vers Quito : l'inverse de la Transandine ! Echange d'adresses, d'anecdotes, Les pneus sont les mêmes, des Marathon !

Leur blog pour découvrir leur voyage : www.bikeaboutsouthamerica.blogspot.com

Une chute sans gravité sous "le regard" de deux chiens

La descente du col de La Maya, 25 km, s'est faite dans le froid andin et dans le noir. En traversant les rails de la ligne de chemin de fer Puno-Cusco, j'ai été déséquilibré et j'ai chuté. Deux chiens sont accourus de la maison voisine, prêts à me mordre ou à lécher mes plaies, je ne sais pas. Mais plus de peur que de mal et pas de dommages au vélo !

Le lac Titicaca, nuit chez les habitants

Un rêve datant depuis des années se réalise ces 16 et 17 septembre 2009. Cela me rappelle les longs voyages en bateau sur les rivières de l'ile de Marajo au Brésil (1974-1977) et sur le lac Arari de cette île fluviale la plus grande du monde. 

Découverte des îles flottantes Uros sur le lac Titicaca, le lac navigable le plus élevé (3.809 mètres) du monde, avant de passer une après-midi et une nuit chez les habitants de l'île Amantani

Entre-temps, vous aurez reçu mon message spécial envoyé du haut de cette île sur laquelle il y a deux temples de la civilisation pre-Inca. La région est habitée depuis plus de 8.000 ans par des populations originaires de l'Amazonie. 

Ilias, Eusebia et leur fille Vanessa nous (une Espagnole et moi) ont accueillis chez eux. Repas végétariens : de la Quinoa et des "papas" (pommes de terre) ainsi qu'une autre variété de tubercules, des "ojas". Sur le plateau andin (Pérou-Bolivie), l'on dénombre pas moins de 4.000 varietes de "papas".

Avec ces protéines, beaucoup de force pour monter au sommet (plus de 4.000 m) de l'île (une première fois l'après-midi jusqu'au coucher du soleil et le lendemain matin à 5 heures pour admirer le lever du jour). Ensuite visite de l'île de Taquile, qui autrefois a appartenu à un Espagnol (plutôt un Catalan) qui donna son nom à cette île merveilleuse. Rencontre des gens qui s'adonnent à l'artisanat, et à l'accueil des touristes.

Simon-Pierre, en mission au bord du lac Titicaca

Envoyé en mission non pas au bord du lac de Tibériade mais sur les rives du lac Titicaca, Frère Simon-Pierre Arnold (un double prénom prédestiné pour un moine) est au Pérou depuis une trentaine d'années. 

Avec un autre moine bénédictin Belge, Frère Bernard de Briey, une moniale péruvienne et une Française, il vit la vie monastique selon la règle de St Benoît parmi les gens de ce petit village de paysans et de pêcheurs. 

Le petit monastère construit sur les pentes du lac, accueille des gens pour une retraite. Trois Péruviens et une Argentine sont ici pour quatre mois. Egalement deux Belges arrivent ce 19 septembre. Dimanche, Eucharistie en présence de quelques personnes du village avec de très beaux chants en Aymara.

Dimanche 20 septembre, veille de mon départ, j'ai témoigné de mon long voyage à travers les Andes. Ces trois jours passeés ici sont à la fois un temps de repos, de retraite et de réflexion avant d'entamer la dure traversée de la Bolivie. L'occasion de faire le point sur ce qui a été parcouru et de me préparer mentalement et physiquement pour la traversée du haut plateau Andin avant d'arriver en Argentine, je l'espère fin novembre.

Préservation de l'environnement au Pérou

Sur la route vers Puno, il y a plusieurs panneaux invitant la population à préserver l'environnement, notamment en prenant soin de chaque goutte d'eau, voir les photos jointes. 

Etonnant ce panneau appelant les gens à éviter que la terre se réchauffe en utilisant mieux l'énergie, et en dessous, un dépôt de pneus usagers !

Violences dans la région minière de Hualgayoc et de Bambamarca

Cette région minière, je l'ai traversée fin du mois de juin. J'ai reçu deux messages, l'un de Christine Dubois de Floreffe et l'autre de Lino Galvez du village de El Ejadeiro (rappelez vous la récolte de miel dans la montagne), faisant état de violences et de morts par balles, dont un bébé, à cause d'un conflit entre les partisans des concessions minières et les opposants voulant à tout prix défendre leurs droits (respect des droits humains et environnementaux). 

La société minière en cause est la société Consolidada de Hualgayoc SA (qui en réalité est subsidiée par la Compagnie des Mines Buenaventura et la société Sudafricaine Gold Fields).

Violences qui s'ajoutent à celles du conflit en Amazonie Péruvienne dont vous recevez certainement des informations dans vos pays respectifs.

Rencontres de cyclistes "longue distance"

Pierre Schillewaert de Stavelot est un cycliste comptant à son actif plusieurs dizaines de milliers de km. Il y a trente ans, il a commencé des voyages en vélo proposant le système de parrainages. Il fut le premier cycliste à traverser le Bouthan. Avec Christian Merveille et Bernard Guillain, il a parcouru l'Amérique du Sud. 

Avec Bernard Guillain et son fils, ils ont traversé la Bolivie et le Pérou en réalisant un film présenté plusieurs fois à la RTBF, un périple se terminant avec le lever du soleil dans la Porte du soleil sur le site Pré-Inca de Tinawacu en Bolivie.

Bernard Guillain, les "jeunes" comme moi se souviennent de l'émission "Marie Clappe Sabots" le samedi après-midi sur la RTBF dans les années 1980 ! Malheureusement, Pierre a été renversé par un bus en 2005, c'est vraiment une chance qu'ils soit encore en vie. 

Après une lourde opération à la colonne et une dépression, il est venu prendre quelque temps de repos dans le petit monastère de Chucuito. Dimanche après-midi, nous avons fait un petit tour sur le lac avec un éleveur de truites. Celui-ci passe la nuit sur le lac dans une embarcation près de son élevage, afin de le surveiller et d'éviter que les truites "ne s'envolent pendant la nuit".

Ce lundi, rencontre de quatre cyclistes "longue distance" :

  • un couple de Suisses (Margrit, 60 ans et Pius, 62 ans), de Zurich, en route autour du monde (Asie et Amerique du Sud) depuis deux ans et demi; ils vont relier Mexico à Ushuaia en Argentine;
  • Tom, un jeune Neo-Zelandais en route vers Cusco;
  • Ando, un jeune Japonais, parti de Salta en Argentine (terme de la Transandine pour moi ! c'est incroyable que nous nous sommes croisés) vers le Pérou à travers le Chili et la Bolivie; il a même traversé le fameux "salar de Uyuni" !; son vélo porte des sacs "Ortlieb" comme moi et la plupart des cyclistes "longue distance".

Selon les messages reçus, vous avez apprécié les photos prises au crépuscule et au lever du jour sur le lac Titicaca dans l'île d'Amantani ainsi que le message joint à ces photos.

Le message suivant, vous le recevrez depuis la Bolivie.

Léon

vendredi 18 septembre 2009

Transandine: Message spécial 16 septembre 2009

Chers amies et amis qui suivez la Transandine,

Ce mercredi 16 septembre 2009, 18 heures, le soleil vient de se coucher. Les dernières lumières du jour se reflètent sur l'immensité des eaux du lac Titicaca, côté péruvien. La nuit déjà s'annonce avec sa froideur andine.

Les touristes sont partis, emportant leurs rires et commentaires inutiles; les marchandes "du temple" ont plié bagage.

Je suis seul au sommet de l'île d'Amantani en plein milieu du lac Titicaca, le lac sacré pour les Incas et les autres civilisations qui les ont précédés depuis la nuit des temps.

Je suis seul face à cette immensité, heureux d'être arrivé à cet endroit après 4 mois et demi de voyage à travers les Andes, des jours et des jours de sueur mais aussi de joies et de rencontres inoubliables.

Ce moment unique pour sentir la terre, la Pachamama, notre "terre mère" à tous, qui s'endort...

Demain, de l'autre côté de la montagne, le jour se lèvera une fois de plus.

Je voulais tout simplement vous envoyer ce message spécial, vous invitant à communier avec moi en cet instant exceptionnel.

Léon

dimanche 13 septembre 2009

Transandine n°20: Visite du Machu Pichu au Pérou - en route vers le lac Titicaca

Du lundi 7 septembre au samedi 12 septembre 2009

Ce message est déjà le vingtième, cela veut dire qu'il y a déjà plusieurs mois que j'ai quitté la Belgique!

Merci pour vos réponses, auxquelles je ne puis pas toujours répondre individuellement. Sachez que chacun de vos messages me donne du courage pour continuer.

Le Machu Pichu, tant visité, mais c'est une merveille !

Incontournable, le site Inca du Machu Pichu attire des milliers de visiteurs chaque jour (soit 1.400 entrés ce 10 septembre 2009), et s'enfonce de quelques millimètres chaque mois sous leur poids.

Néanmoins, je me suis décidé de le visiter avec un groupe de 9 personnes. Les quatre jours passés furent une très bonne expérience du point de vue relations humaines. 

Cinq nationalités: un couple de jeunes Français, un couple d'Argentins, deux jeunes amis Anglais dont un d'origine indienne (Asie), deux Brésiliens (père et fils), accompagnés de Silvio, notre sympathique guide Péruvien.

Quatre jours en utilisant divers moyens de déplacement: le VTT mais uniquement en descente (c'est moins fatiguant que la Transandine !), le trek, le meilleur moyen d'avoir le temps pour admirer les paysages, le bus et enfin le train pour le retour.

Des paysages fantastiques passant de plus de 4.000 mètres d'altitude à moins de 1.400 m, du froid andin a la chaleur tropicale. Des sources d'eau chaude. Un sentier des Incas très abrupte et à couper le souffle, surtout à ceux qui souffrent du vertige !

Une découverte très intéressante de l'Histoire et de la Culture Inca. Apprendre qu'un message partant de Cusco ne mettait que sept jours pour parvenir à Quito, relayé par des centaines de coursiers sur ces sentiers au dénivelé incroyable. Quand je pense que j'ai mis 4 mois pour arriver ici à Cusco !

Le site du Machu Pichu lui même - mieux vaut se lever tôt - pour pouvoir faire partie des 400 privilégiés qui ont le droit de monter au sommet du Waynapicchu d'où la vue est fantastique. 

C'est la raison pour laquelle nous nous sommes levés à 3h30 du matin et après une ascension très difficile du sentier menant à l'entrée du site, nous étions dans la file d'attente à 5h30. Le jour s'est levé vers 5h50 nous gratifiant d'une vision exceptionnelle des montagnes entourant le site - voir les photos dans la galerie

Le soir, retour par le célèbre train du Machu Pichu jusqu'à la cité Inca d'Ollantaytambo et ensuite retour en bus jusque Cusco.

Rencontre avec Damien Lopez d'Argentine et Marco Fania de Montreal (Canada)

Vendredi 11 au soir, retrouvailles à Cusco avec Damien, le voyageur à vélo parti d'Alaska et Marco Fania, réalisateur du film "Le dernier continent". 

En 2006, Damien et Marco ont fait partie d'une expédition en Antarctique a bord d'un bateau; ils ont réalisé un film sur les conditions de vie à bord de ce bateau prisonnier des glaces pendant 7 mois. Treize personnes à bord dont Martin Leclercq, le fils du célèbre chanteur a l'accent québécois, Felix Leclercq.

Damien et Marco se mettront en route en vélo depuis Cusco, quatre jours après moi en direction de La Paz également. Nous nous sommes promis de nous revoir, si pas en Bolivie, de toute façon à Salta en Argentine, terme de la Transandine.

Le petit chien sur la photo appartient à l'Argentin prenant la photo, parti d'Alaska lui aussi, mais à moto !

Prolongation de la Transandine

Sachez déjà que la Transandine est prolongée de deux mois. C'est tellement enrichissant comme découvertes, et puis, il faut plus de temps que prévu au départ sans connaître la réalité du voyage, surtout les conditions des dénivelés andins ! Au lieu du 15 octobre, le retour à Zaventem est prévu désormais pour le 10 décembre, 2009 bien sûr !

Léon

mardi 8 septembre 2009

Transandine n°19: Visite de Cusco et de La Paz (Bolivie)

Du lundi 31 août au dimanche 6 septembre 2009

Tout d'abord, merci à ceux et celles qui m'ont souhaité un bon anniversaire !

Accueil dans une famille péruvienne à Limatambo

Sur la route montante du col de Huillque, en ce lundi 31 août, je m'arrête à la recherche d'un coin tranquille pour bivouaquer. De retour près du vélo, je vois un couple en voiture qui s'arrête. Ils ont repéré l'origine du vélo grâce au "B". 

Manuel et son épouse ont visité plusieurs fois la Belgique (particulièrement Bruxelles et "Brugas") étant donné qu'ils ont une fille médecin à Paris. Ils m'invitent à camper sur leur pelouse, et comme je n'ai pas de tente, c'est dans leur salon que je passerai la nuit après un bon petit souper, suivi d'un pousse-café français ! Muchas gracias amigos de Limatambo !

Sur la route de Cusco

Ce mardi 1er septembre en route vers Cusco, un klaxon derrière moi, que je reconnais. C'est Damien d'Argentine, je le croyais devant moi et bien non, il avait pris un peu de repos à Limatambo ! Nous avons roulé ensemble quelques km, en nous promettant de nous revoir au Pérou ou en Bolivie. Quelques heures après notre rencontre, sa maman d'Argentine m'a envoyé un message, la magie et la rapidité d'Internet !

Un saut vers La Paz en Bolivie, et une mauvaise rencontre !

Mon visa touristique de trois mois au Pérou venant déjà à expiration, j'ai fait un saut en bus (de nuit) jusque La Paz, capitale de la Bolivie. 

De cette façon, je puis rentrer au Pérou sans problème et continuer ma visite de la région de Cusco avant de découvrir le lac Titicaca, situé à la frontière entre les deux pays. 

Ainsi, j'aurai visité La Paz sans mon vélo (qui est resté bien gardé dans le petit hôtel ici à Cusco). 

Comme les frères Alexis de Mozet l'ont fait, je contournerai La Paz à vélo en poursuivant ma route vers Oruro et le Nord de l'Argentine. Regardez sur une carte, il y a encore du chemin (entre 2.300 et 2.500 km) !

Une bête morsure de chien errant m'a mené au centre anti-rabique de La Paz. L'infirmier de service était étonné qu'un Lion (Leon en espagnol) se soit fait mordre par un chien ! Le traitement durera plusieurs jours, à la recherche des vaccins anti-rabiques dans les hôpitaux que je trouverai sur ma route. 

Des ennuis, mais qui ne m'empêcheront pas d'avancer. Ne vous tracassez pas, les blessures sont superficielles !

Avant de reprendre le bus (de jour cette fois vers le Pérou), j'ai participe à une soirée musicale à La Paz à l'occasion de la journée internationale de la femme indigène. 

La Bolivie à l'heure indienne d'Evo Morales

Le hasard m'a amené à assister à l'inhumation d'un bébé de quelques jours dans le cimetière de La Paz. La zone réservée aux enfants comporte de nombreuses rangées de caveaux. 

A La Paz, pour gagner de la place, les caveaux sont empilés à raison de 8 à 10 en hauteur. 

Sur la photo ci-contre on voit dans le fond les vivants entassés dans des bidonvilles (en hauteur) comme ils le seront encore dans le cimetière à la fin de leur vie !

Je ne puis m'empêcher de rapprocher cette cérémonie (il doit y en avoir plusieurs par jour, dans un pays ou la mortalité infantile est encore importante) d'un passage d'un livre retraçant la biographie d'Evo Morales. 

Le premier Président indigène Bolivien est né dans une famille de paysans Aymara dans la région d'Oruro. 

Des sept enfants nés dans sa famille, quatre sont morts avant l'âge de deux ans ! Enfant, Evo gardait les lamas. Il eut ensuite un engagement syndical important avant de se lancer dans la politique. 

Le voilà embarqué dans cette longue lutte au service de la défense des droits et de la dignité des peuples indigènes de son pays (Quechua, Aymara, Guarani, Chiquitanos, etc) et au service de l'ensemble des Boliviens avec pas mal de problèmes internes (redistribution des terres aux paysans, nationalisation des ressources minières, etc ...) et externes (relations tendues avec les USA, récupération de l'accès à la mer, perdu depuis la guerre avec le Chili fin du 19eme siècle, etc).

Cusco, quelle merveille !

Capitale archéologique des Amériques, Cusco est la plus ancienne ville habitée du continent. Son passé Inca saute aux yeux quand on arpente ses belles petites rues, les constructions actuelles reposant sur les murs Incas de l'époque pré-colombienne.

Ce dimanche 6 septembre, défilé de bon matin comme chaque dimanche, non seulement pour les militaires (hommes et femmes) mais aussi pour les enfants, qu'il faut éduquer très tôt à l'idéal patriotique !

Ensuite grimpette (jusque environ 3.800 m) vers 4 sites historiques Inca. Le plus important est le Saqsayhuaman

Un site grandiose pour admirer les prouesses techniques des constructions Inca.

La visite du Machu Pichu malgré tout, mais par une route différente

Le chemin de l'Inca étant trop utilisé par les touristes (et hors de prix en trekking comme en train d'ailleurs), je visiterai malgré tout le Machu Pichu

Ce lundi 7 septembre, avec 5 autres personnes que je ne connais pas encore, nous partons pour un voyage en bus, ensuite une descente vertigineuse en VTT, une remontée à pied, un plongeon dans de l'eau sulfureuse chaude avant de monter au Machu Pichu. 

Jeudi lever à 3h30 du matin pour admirer le lever du soleil sur le site le plus prestigieux de l'Histoire et de la Culture Inca.

Le récit de cette nouvelle aventure et vraisemblablement des photos dans le prochain message...

Coordonnées des cyclistes longue distance rencontrés sur la route de la Transandine

Claire Vanderplank (Raid Mexique - Argentine) : www.cyclingforcohesion.com

Fabio Mazardo (Amerique du Sud vers Bolivie et Bresil) : fabio.mazzardo AT gmail.com

Mana (Cécile) et Manu de France : ceciletmanu.unblog.fr

Damian Lopez d'Argentine (Raid Alaska - Argentine) : www.jamerboi.com.ar

lundi 31 août 2009

Transandine n°18: Trekking vers le site Inca du Choquequirao

Du lundi 24 août au dimanche 30 août 2009

Une semaine complète consacrée a la visite exceptionnelle du site Inca du Choquequirao

Historique

Occulté par le site du Machu Pichu, le site Inca du Choquequirao ne fut vraiment mis en valeur que depuis une quinzaine d'années. 

Ce site exceptionnel, certainement aussi grandiose que le Machu Pichu, fut construit vraisemblablement sous le règne de l'Inca Pachacutec au 15ème siècle. 

Ce complexe était un centre important sur le plan religieux, politique, culturel et commercial. Apparemment les conquistadors espagnols n'y mirent pas les pieds.

Ce site ne peut être atteint que par le trekking

Pas de train comme au Machu Pichu, ce n'est que par un sentier très exigeant que ce site peut être atteint. Au minimum deux jours de trekking au départ du village de Cachora avec deux fois 1.500 mètres de dénivelé, en descendant et en montant, idem pour le retour ! Traversée du rio Apurimac coincé au fond d'un canyon d'une très grande beauté.

Avec Amilcar guide et muletier

C'est donc accompagné d'un guide-muletier (très aimable et très attentionné) et d'une mule (très brave et courageuse mais qui s'enfuyait de temps en temps, avec les bagages !) que je suis parti à la découverte de ce site. 

Sur une journée, je n'ai compté que 20 visiteurs... alors qu'au Machu Pichu, le nombre doit être limité à 2.000 par jour !

Une après-midi entière pour visiter la partie basse, et une journée entière du lever au coucher du soleil pour découvrir la partie haute du site.

Les photos jointes vous donneront une idée de la grandeur du site, dont seulement 30% jusqu'à présent ont été mis en valeur.

Le site des Lamas

Du côté Ouest, j'ai particulièrement apprécié les terrasses dans les murs desquelles, les Incas ont incrusté des effigies de Lamas.

Deux anniversaires

Le 26 août, c'est avec mon guide que nous avons fêté mes 61 printemps autour de quelques biscuits et d'une Cristal, bière péruvienne primée à Bruxelles il y a une dizaine d'années ! 

Ensuite le 29 août, ce fut au tour d'Amilcar qui fêtait ses 26 ans. Pour moi, le gâteau au chocolat confectionné à cette occasion par ma soeur aînée, cette année, je devrai attendre Noël pour le déguster !

En route vers Cusco

Ce dimanche 30 août, je réenfourche le vélo vers Cusco. De la ville d'Abancay, je commencerai par une longue montée de 35 km pour atteindre un col de 3.900 mètres. 

Vous direz que j'ai l'entraînement! Et oui c'est vrai, lors du trekking vers le Choquequirao, je n'ai ressenti aucune douleur aux jambes. Par contre, quelques piqûres de moustiques !

Ce dimanche 30 août, à peine quelques kilomètres de parcourus que j'entends un klaxon derrière moi, serait-ce un marchand de glace à vélo? Et non, c'est Damien, d'Argentine, parti pour un périple de trois ans, d'Alaska jusqu'au Sud de l'Argentine. 

Il fait partie des "cinq" personnes qui selon le "Lonely Planet" tentent de relier à vélo les deux bouts des Amériques. "Des fous" diraient certains ou certaines de mes correspondants! Pas autant qu'on peut le croire ! 

Militant pour la Paix, Damien soutient les Villages d'enfants SOS. Il y en a un peu partout dans le monde. Personnellement, j'ai un ami, Gilbert Tapati, qui y travaille au Togo. Echange d'adresses, interview en vue du film de la Transandine. 

Damien est parti vers Cuzco, les jambes rôdées par plusieurs dizaines de milliers de km, et un peu plus jeunes que les miennes ! Un moment d'échange et de bonheur de plus sur cette route de la Transandine.

Bonne rentrée scolaire à ceux et celles qui ont cette chance d'étudier !

Léon

mardi 25 août 2009

Transandine n°17: D'Ayacucho à Abancay

Du dimanche 16 août au dimanche 23 août 2009

Bien arrivé à Abancay ce dimanche 23 août à 18 heures après une longue descente (60 km de 3.835 m d'altitude à 1.905 m) et une "petite remontée" de 10 km. Ce midi, je voyais la ville de Abancay au loin et estimais me trouver à 20 km de cette ville. Je ne croyais pas un villageois qui me disait qu'il y avait encore 50 km pour y arriver, et bien il avait raison !

Quatre cols Andins de "première catégorie"

Définition: un col Andin de première catégorie est un col dépassant les 4.000 mètres, c'est un peu plus haut que les cols des tours de France et d'Italie !

D'Ayacucho à Abancay, le parcours est très "Andin". Jugez-en.

Dimanche 16 août, le col de Tocctoccsa culmine à 4.200m. Parti à 6h25 du matin à 2.800 mètres d'altitude, alors que Ayacucho se réveillait à peine, je suis arrivé au sommet alors que le soleil se couchait (vers 19 heures). Au sommet, outre une bonne poignée de mains, j'ai reçu les conseils des policiers de service: "faites très attention la nuit !". La nuit, pas d'autre choix que de dormir à la belle étoile, sous les étoiles avec tout le loisir de les admirer dès 19 heures, d'autant plus que la lune était absente. Au matin, tout est givré, évidemment à 4.200 m! Mais une bonne nuit quand même à l'abri du regard, derrière un énorme tas de rochers assemblés la lors de l'installation d'un gazoduc. Au matin, salut amical des ouvriers commençant leur journée de travail. 

Lundi 17 août. Second col (4.400 m) le col d'Huamina. Pas de difficulté majeure pour ce col suivi d'un très long faux plat dans la Pampa déserte si ce n'est quelques éleveurs de moutons. Ensuite une très longue et vertigineuse descente de plus de 20 km pour arriver à Ocros avant la nuit.

Mardi 18 août. La première partie de la journée commence par une très longue descente jusqu'au Rio Pampas. Pendant 10 km, je longe cette rivière, bénéficiant d'un paysage merveilleux. La fin de l'après-midi sera plus dure. Montée vers le pueblo de Chincheros.

A 15 heures, les gens me promettent une heure de grimpette, je suis arrivé dans le noir à 20 heures, heureux de trouver un bon accueil dans un "hospedage" qui accueille également des cyclos venant d'Italie, etc. 

C'est vrai que la route de Cuzco est plus fréquentée que celle que j'ai prise au début de ma traversée du Pérou via Cutervo et Cajamarca!

Mercredi 19 et jeudi 20 août. La montée du col de Soracchocha est agréable sous le soleil. Vers 16h, sentant venir la fin du jour et la froideur du col, je décide d'arrêter et de chercher un refuge. 

Un éleveur de mouton me renseigne une cabane où je puis passer la nuit. Apres m'être cuit de très bonnes pâtes, je m'endors dans cette belle petite cabane bien fermée. 

Une nuit bien reposante. Le lendemain matin, il me faudra près de cinq heures supplémentaires pour atteindre le sommet du col à 4.150m, m'offrant un panorama extraordinaire sur les Andes.

Rencontres diverses

De l'eau quand il fait soif !

Alors que j'étais en train de filmer les beaux paysages le long de la rivière Pampa, 4 Jeep 4x4 s'arrêtent. Les occupants viennent d'Ambato en Equateur et se rendent au Machu Pichu. Séance de photos, interviews et ravitaillement en boissons. Muchas gracias... par cette chaleur !

Echange avec Andres (76 ans) ou "prendre le temps de contempler les Andes." 

Un court mais riche échange avec ce monsieur prenant le temps d'admirer les montagnes des Andes. Les photos jointes vous montrent quel merveilleux spectacle est offert chaque jour à ceux qui prennent le temps de s'y arrêter. Andres m'a dit que le secret du bonheur, c'était de vivre "tranquille". 

Il me fait penser à ce monsieur du village de Rochehaut, situe près de Bouillon (en Belgique) et qui chaque jour se rend à un endroit d'où il peut admirer le paysage du site du "Tombeau du géant" sur la Semois. Tous ces sites merveilleux nous sont offerts, gratuitement !

Montez dans mon véhicule !

Dimanche dans la montée du col, trois personnes m'ont proposé de me charger (avec le vélo) jusqu'au somment du col. Je me suis juré d'accomplir l'entièreté du parcours de la Transandine à deux roues (et non à 4 ou à six roues). Aussi ai-je décliné leur offre. Par ailleurs, un camionneur tombe en panne (pneu crevé) m'a lui aussi proposé de m'emmener assez loin dans la direction de Cuzco! Ce jeudi, sur le plateau de la Pampa, nous nous sommes à nouveau croisés. Il m'a reconnu et nous avons échangé quelques mots, 

Rencontres brèves, simples, mais tout simplement chargées d'humanité!

Quelques km en compagnie d'Emmanuel et de Mana, de France

Emmanuel et Mana voyagent dans les Antilles et en Amérique du Sud depuis de très nombreux mois. Depuis trois mois, ils ont décidé d'opter pour le vélo au lieu du bus qui ne permet pas une découverte aisée des paysages. De plus, les rencontres humaines sont bien plus faciles à vélo!

Dans la montée du col d'Huayllacasa (le quatrième pour moi en cette semaine), j'ai roulé quelques kms en leur compagnie. Nous avons bivouaqué près d'un village, partagé une soupe (un peu rallongée d'eau pour la circonstance et de "papas" d'une famille du village). 

Autour d'un feu, dans la nuit Andine, nous avons parlé de nos découvertes et rencontres passées et de nos projets. Le lendemain matin, plus légers (en bagages) et plus jeunes que moi, Emmanuel et Mana sont partis en avant, pendant que je débloquais mes gardes-boues obstrués par de la boue. 

En chemin, je voyais les traces de leurs vélos et certaines personnes me disaient quand ils étaient passés à cet endroit. 

Emmanuel et Mana, je vous souhaite bonne route vers la Bolivie !

Listes d'adresses et Hotmail

Nombreux êtes-vous à recevoir ce courriel hebdomadaire. Etant donné qu'une liste est limitée à 50 personnes, il y a donc 8 listes. Par ailleurs le serveur Hotmail limite le nombre d'envoi de messages par 24 heures. Quand j'ai envoyé 5 listes, Hotmail me dit que c'est suffisant pour la journée et que j'ai atteint le nombre maximum autorisé, sans me dire quel est ce nombre! 

Dès lors certains d'entre vous doivent attendre un jour de plus pour recevoir le message. Fort bien, merci Hotmail, mais si le lendemain, je suis dans la montagne sans cyber-cafe, et ce, pendant quelques jours, mes correspondants peuvent attendre, vous n'y aviez pas pensé !

Léon 

mardi 18 août 2009

Transandine n°16: D'Ayacucho à Vilcashuaman

Du mercredi 12 août au samedi 15 août 2009

Visite d'Ayacucho

Fondée par les Espagnols en 1539, Ayacucho fut marquée dans les années 1980 par l'épisode sanglant et violent du mouvement de guérilla du "Sendero Luminoso", aujourd'hui démantelé.

Doté de nombreuses églises (une pour chaque année de vie du Christ parait-il) et de demeures coloniales, Ayacucho a beaucoup de charme. 

Un peu de repos avant de prendre la route de Cuzco.

Musée de la mémoire

Très intéressant le musée de la mémoire, mis sur pied par l'ANFASEP, l'Association Nationale des Familles des Séquestrés, Détenus et Disparus du Pérou. 

Pour que ne soit pas oublié la sinistre époque ou guérilleros et militaires pratiquaient séquestrations, tortures, viols, assassinats, violences indignes et inadmissibles. Pour que cela ne soit pas effacé de la mémoire des générations futures. 

J'y ai ressenti une atmosphère semblable à celle des lieux visités lors de mes voyages précédents : les camps de Buchenwald, Auschwitz, le musée de la libération à Riga en Lettonie. 

Ci-dessus la photo du monument devant le musée représentant un fusil brisé, symbole de la non-violence.

A la découverte de très grandes fleurs

Ayant appris qu'il n'y avait pas de route "sûre et pratiquable" entre Vilcashuaman et Cuzco, j'ai décidé de modifier mon plan et de visiter la région au moyen des transports en commun, le vélo et les bagages restant dans la cave de l'hôtel ou j'avais dormi deux nuits à Ayacucho.

Levé à 3 heures du matin pour ne pas rater le départ du véhicule à destination de Vischongo, parti effectivement à 5h30, une fois que tous les sièges (y compris les strapontins) eurent été occupes. 

Traversée d'une région splendide que je redécouvrirai en partie, plus lentement et un peu moins cahotiquement la semaine prochaine, à vélo.

Jeudi 13 août : une journée entièrement consacrée à une ascension dans la montagne à la découverte de la Puya raimondii

Cette broméliacée géante est considérée comme l'une des plus anciennes espèces végétales du monde. Elle est une sorte de rosace immense, hérissée de pointes et dotées de longues feuilles dures et cireuses. 

Très rare, il lui faut 100 ans pour atteindre la hauteur de deux mètres. J'en ai photographié une très grande (voir la photo ci-contre sur laquelle je parais "petit" à côté d'elle). Il est très rare d'en voir une en fleurs (documentation : guide "Lonely Planet").

Redescendu dans la vallée, dans le village de Vischongo, les fanfares étaient déjà en route (depuis le matin) pour la fête du 15 août. 

Mais la musique nocturne ne m'a pas empêché de bien dormir dans un gîte tenu par une dame très sympa en contact avec des Belges travaillant à Ayacucho dans un foyer pour enfants.

Visite de Vilcashuaman, "Faucon sacré" en langage des Incas

Considéré comme le centre géographique de l'empire Inca, Vilcashuaman a perdu ses vestiges précolombiens, les envahisseurs se servant des bases des temples Incas pour asseoir leur églises, non contents d'imposer leurs culture et religion importées. 

Arrive tôt ce 14 août dans cette ville où les rues portent encore des noms Incas, j'ai eu l'occasion de parler avec un professeur donnant un cours "in sitio" a ses élèves dans le périmètre de la pyramide à cinq niveaux, au sommet de laquelle trône le double siège de l'Inca. Le professeur m'a demandé s'il y avait de telles constructions en Belgique. Je ne crois pas de la même époque, à moins que les citadelles ?

Très sympas les gens ici. Santiago, un monsieur d'un âge respectable m'a donné des explications sur le site Inca du Temple du soleil, jadis superbe parait-il, devenu le sous-basement de l'église paroissiale.

Retour à Ayacucho ce 15 août

Apres avoir assisté aux feux d'artifices de la veille de l'Assomption dans le village de Vischongo et à la procession de la Vierge, j'ai repris la route d'Ayacucho dans un mini-bus Toyota. De nouveau, nous avons découvert des panoramas splendides, et frôlé des ravins de plusieurs centaines de mètres, merci aux talents du chauffeur !

Demain dimanche 16 août (anniversaire de mon petit-fils Aubin), je repars d'Ayacucho, le vélo chaussé des pneus "Marathon XR" en prévision de la route empierrée qui nous emmènera à Cuzco. Il me faudra grimper de nouveau à 4.100 mètres, je ne sais pas le temps que je mettrai. 

Il n'y a pas d'hébergement ni de magasins sur un long tronçon, il faudra demander l'hospitalité dans les rares villages et prendre des provisions. Si vous n'avez pas de nouvelles de la Transandine momentanément, sachez qu'il n'y a pas partout des cybers-cafés. Ne vous inquiétez-pas, même silencieux, je ne suis pas "disparu" !

Léon

Transandine n°15: De l'Atlantique à Ayacucho - retour dans les Andes

Du mardi 4 août au mardi 11 août 2009

Grazias por la vida de Camila

Veille du départ vers La Paz, ma petite-fille Camille était présente dans nos pensées dans la petite chapelle des soeurs qui m'ont accueilli à Lima pendant une semaine. 

Une action de grâce en remerciement pour la vie de Camille, déjà "re-baptisée" ici au Pérou, Camila.

Vous pouvez également voir Camille grâce à la photo reçue de Belgique. Elle ressemble très fort à sa maman Maryse lorsque celle-ci avait le même âge.

Départ sécurisé de Lima

Mardi 4 août, grâce à la voiture de Graziela, une maman d'élève du collège où travaillent mes hôtes Elba et Karen, j'ai pu éviter les dangers de la circulation du centre ville de Lima.

Le départ effectif en vélo vers le Sud a été donné à 20 km de Lima sur la Panaméricaine. Pas de problèmes pour les deux premières journées sans difficultés majeures: 120 km le premier et 100 km le second jour.

Enfin du soleil sur le Pacifique !

En descendant vers Pisco, le soleil est enfin arrivé ce mercredi 5 août et je joins une photo prise en haut des dunes dominant l'océan Pacifique, pas toujours pacifique d'ailleurs ! 

Ce jeudi 6 août, j'ai quitté avec soulagement la Panaméricaine que j'ai suivi pendant 450 km. Je retrouve les montagnes des Andes, les rivières, le soleil, et bien sur les côtes (celles qui montent, pas celles qui longent la mer!, Ah le français c'est compliqué !). 

Ce matin, j'ai visité le palais Inca de Tambo Colorado, un vestige de l'époque précolombienne très bien conservé.

Nos routes se sont croisées

Un soir sur la place de la petite ville de Huaytara, la route de Fabio a croisé la mienne. Jeune Brésilien de Curitiba, Fabio est parti il y a neuf mois du Guatemala pour un long périple à vélo à travers l'Amérique Centrale, la Colombie, le Venezuela, l'Equateur et le Pérou. 

Alors que je montais vers Ayacucho, lui cherchait un peu de repos en descendant vers Pisco et l'océan Pacifique. Nos routes se croiseront-elles à nouveau en Bolivie ? "Ninguem sabe - muito obrigado amigo Fabio !"

La longue route vers Ayacucho 

Vraiment heureux de quitter l'océan Pacifique (et sa grisaille) pour retrouver "mes" Andes. C'est vrai que je m'y sens si bien. Quatre jours de bonheur en montant vers cette belle ville d'Ayacucho

Ce lundi 10 août, j'ai pris vraiment le temps d'admirer les paysages de ces montagnes tout en me hissant jusqu'au somment du col d'Apacheta

Ce col (4.756 mètres au dessus du niveau de la mer, précise un panneau) est vraisemblablement le plus élevé de la route de la Transandine, du moins au Pérou, car nous verrons en Bolivie ce qu'il en sera !

L'accueil sur la route andine

En ce qui concerne l'hébergement, j'ai eu vraiment de la chance. Par deux fois, en m'adressant aux gens réunis sur la place du village, ceux-ci m'ont suggéré de m'adresser à la mairie. A Huatara et à Licapa, j'ai passé la nuit dans un local appartenant à la municipalité. 

Le premier village est en lien avec l'Union Européenne concernant un projet de recyclage des déchets. Dans le hall de la mairie, il est écrit "La porte te sera toujours ouverte" (voir photo), et la revue culturelle de la commune a pour titre "El Solidario", pas besoin de plus de commentaires. 

Cela me rappelle le voyage des frères Alexis de Mozet qui trouvaient de quoi loger chez les pompiers aux USA, de même que Fabio, le brésilien.

Photographe professionnel ? Non, mais !

Dans la ville de Cajamarca, j'avais sympathisé avec un médecin d'origine péruvienne habitant les USA. Je l'avais inséré dans mes listes d'adresses. Je viens de recevoir un message de sa part, me remerciant pour les photos attachées à mes messages. 

Il me demande si je suis un photographe professionnel, non mais je manie appareils photos et caméras depuis 1966, depuis que j'ai reçu un appareil photo Yashica de mes parents le jour où j'ai terminé mes humanités, une occasion pour redire "merci" à mes parents qui, très tôt, m'ont appris le sens du courage, de la détermination et de la solidarité, bien présents sur cette route transandine !

Un texte pour votre réflexion

Ci-après, je joins un texte reçu par courriel de Soeur Elba de Lima, texte que je livre à votre réflexion ou méditation, ceci tout en respectant votre conviction personnelle.

"Seguir la ruta, lograr el objetivo deseado, guiarse por la intuición y fiarse del otro y en ese caminar sentir la presencia de un Dios amoroso, cercano que se manifiesta en la vida en lo pequeño, sencillo en el próximo eso es vivir y creo que eso es lo que tú haces"

Pour les non hispanophones, en voici "ma" traduction :

"Suivre la route, atteindre l'objectif voulu, se guider par l'intuition et se fier à l'autre sur ce chemin en sentant la présence d'un Dieu amoureux, proche qui se manifeste dans la vie et dans le petit, celui qui est le prochain, c'est cela vivre et je crois que c'est ce que tu fais."

mardi 4 août 2009

Transandine n°14: Visites de Lima et d'Arequipa

Du samedi 25 juillet au lundi 3 août 2009

Camille est née en Belgique le 1er août 2009

Une bonne nouvelle : la naissance de ma petite fille (nieta, grand-daughter) Camille

Ce samedi 1er août nous est née Camille, fille de ma fille Maryse et de Guillaume. Je suis ainsi grand-père (ou Babou) pour la quatrième fois. Je suis heureux de vous faire part de cette bonne nouvelle.

Visite de Lima, capitale du Perou

Ville tentaculaire, Lima compte près de neuf millions d'habitants. La ville est constituée de nombreuses collines envahies depuis longtemps par des bidonvilles, véritable ceinture de pauvreté de la capitale.

Arrivé à vélo du Nord par la zone portuaire et de l'aéroport, je me suis faufilé dans un trafic incroyable de véhicules de toutes sortes. Pour la sortie vers le sud, le mardi 4 août, j'aurai recours à une camionnette, moyen plus sûr.

Malgré un temps maussade et froid, normal en cette saison d'hiver austral, j'ai visité les quartiers historiques de la ville (avec Soeur Elba et Karren qui m'ont accueilli dans leur maison) ainsi que les quartiers modernes que sont Miraflores et Barranco (avec Clara Benavides, une amie de Bernadette Charle qui travailla à Gembloux).

Accueilli par Soeurs Elba et Karren

Ces deux religieuses ont consacré du temps de leur vacances pour m'accueillir durant mon séjour à Lima. Un accueil très attentionné qui m'a permis de reprendre des forces en vue de la seconde étape vers La Paz en Bolivie, sachant que plusieurs cols de plus de 4.000 mètres m'attendent sur la route d'Ayacucho, du Machu Pichu et du lac Titicaca.

Rencontre vraiment très riche avec une directrice d'école et une jeune religieuse en formation universitaire. Ouverture d'esprit, engagement social au coeur d'un quartier populaire, dynamisme, sourire, me prouvent qu'à la base, l'Eglise peut encore compter sur des forces vives au moment ou un "autre vent" souffle en haut lieu de cette Institution.

Le bidonville de "la Tablada"

Dimanche 26 juillet, je me suis rendu dans ce très grand quartier où mes amis de Floreffe, Etienne et Christine Dubois ont consacré plusieurs années de leur jeunesse, il y a une bonne vingtaine d'années.

Alors que les collines sans eau ni électricité se couvraient rapidement de maisons en tôles et autres matériaux de récupération, le jeune couple (médecin-infirmière) ouvrit le premier poste de santé dans ce bidonville. 

Vingt ans après, j'ai retrouvé plusieurs familles qui n'ont pas oublié leur engagement au service de la population. Il y a quelques jours, une montagne proche non encore occupée fut envahie par des familles sans terrain et sans maison. La police les en a fait déguerpir aux moyens de gaz lacrymogènes. 

Chaque jour, des centaines de personnes arrivent à Lima en quête de travail, et d'un coin de terre pour ériger en hâte un toit.

Visite d'Arequipa

Un aller retour en bus de nuit m'a permis de découvrir cette ville "blanche" située dans le Sud du pays et qui n'est pas prévue au programme de la Transandinne. Ayant du temps jusqu'a l'arrivée de Mael, une coopérante de Volens débarquant à l'aéroport de Lima ce 3 août avec des pièces de rechange et d'entretien pour le vélo, introuvables ici.

Visite du monastère de Santa Catalina, véritable labyrinthe de 20.000 mètres carrés ou j'ai pu exercer mon hobby de photographe profitant d'un soleil jouant avec les tons bleu et rouge des murs de ce couvent récemment très bien restauré. Je joins des photos de ce paradis pour photographes. 

Ce couvent fut construit en 1579. Sa fondatrice, Maria de Guzman, n'acceptait que les religieuses issues des plus grandes familles d'Espagne, pouvant amener des dotes et donc de l'argent. 

Les religieuses pouvaient disposer de servantes ou esclaves (généralement noires) jusqu'au jour où le Pape envoya une dominicaine très sévère pour mettre fin a ces agissements, très éloignés de l'Esprit de l'Evangile!

Trekking dans le canyon de Colca

Deux jours de trekking dans ce qui est considéré comme un des canyons les plus profonds du monde. Avec deux guides Pablo et Walter, j'ai eu le plaisir d'accompagner 7 personnes de 5 nationalités différentes: Mariana et Claudio (Perou), Andres et son amie (Argentine), Christa (Autriche), Megan jeune médecin (USA) et Ori (Israel). 

En deux jours, deux fois mille mètres de dénivelé, en descendant le premier jour et en remontant le second. Levés avant 5 heures du matin, ce samedi 1er août, car le monde appartient à ceux qui se lèvent "temperano" pour admirer le lever du soleil sur les montagnes entourant ce merveilleux canyon. 

Si je n'ai pas fait baisser la moyenne d'âge du groupe, je n'ai pas retardé celui-ci dans sa progression ! Notez que pour ceux qui ne sont pas habitués a ce genre d'exercice, il est possible d'avoir recours aux services d'une mule.

Le vol du Condor

Nous avons pu admirer le vol majestueux de ce très grand oiseau des Andes et emblème de l'Equateur. Du Canyon del Colca, je ramène de très belles images prises dans le ciel des Andes. 

Vivement le vélo !

Mardi 4 août, je réenfourche mon vélo, heureux de retrouver ce moyen formidable pour rencontrer les gens et découvrir les richesses des paysages, car en bus, on ne voit pas un dixième de ce que l'on découvre à vélo. 

Un exemple : en revenant en bus vers Arequipa, au moment de s'arrêter au "mirador de los volcanes" à 4.700 mètres d'altitude, le guide nous a dit : "vous avez deux minutes pour admirer le paysage, !" 

Plus jamais, sauf nécessité, vous ne m'aurez pour un voyage en bus, d'autant plus que vous sortez de ce monstre ankylosé de toutes parts ! 

Heureusement un peu plus loin, le chauffeur s'est arrêté pour que nous puissions admirer des vignoges : animal andin dont vous avez une photo ci-contre. Apparenté aux lamas et alpagas, il est actuellement interdit de le tondre.

A la semaine prochaine avec des nouvelles de la route (qui monte) vers Ayacucho et Cuzco.

Léon

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